En ces temps de disette vidéoludique concernant la dernière née de Sony, certains jeux savent cependant se faire remarquer. Et quelle meilleure entrée en matière que celle d'être proposée comme application gratuite sur une console qui peine à trouver son public ? Quelques-uns s'y sont déjà essayés et la méthode a généralement porté ses fruits. Suivant leur exemple, nous avons donc la joie de voir débarquer Ecolibrium, jeu de gestion d'écosystèmes en temps réel qui insuffle un petit vent frais et écolo à notre PlayStation Vita. Vous avez l'âme d'un gestionnaire avisé et êtes accro aux bébêtes en tous genres ? Ecolibrium est fait pour vous !

L'écran titre disparaît, une planète se forme. Et cette planète, à présent, c'est la vôtre. Autant dire qu'il va vous falloir retrousser vos manches et y semer les premières graines qui seront la base de votre écosystème. En bon jeu de gestion, le titre de Storm Basic Games s'offre un copieux didacticiel destiné à vous apprendre les grandes lignes du "management" d'un écosystème tel que ceux qui vous attendent sur cette fameuse planète qu'il vous faudra coloniser. Au menu, entraînement à la plantation, prise de conscience des besoins de la flore et la faune... Bref, tout un programme qu'il vous faudra suivre à la lettre sous peine de causer des extinctions massives dès les cinq premières minutes de jeu.




Si toutefois vous avez du temps à revendre, vous pourrez apprécier au bout de quelques jours les fruits de vos efforts, à condition qu'une des catastrophes naturelles induites par vos écosystèmes n'ait pas réduit vos espoirs à néant. Vous l'aurez compris, fun de premier abord, Ecolibrium ne trouvera vraiment grâce qu'auprès des joueurs dotés de la patience et du sens de la gestion nécessaire pour faire fructifier leurs productions. Un peu à la manière d'un arbre dont on aurait planté la graine et qu'on observerait pousser un peu plus chaque jour : agréable pour certains, rasoir pour d'autres. Un compromis vidéoludique qui ne sera pas du goût de tout le monde mais qui, du moins pour un temps, satisfera l'ensemble des joueurs par sa réalisation et sa bonne volonté apparente.
- Graphismes14/20
Dès le premier coup d'œil, il est facile d'apprécier le charme distillé par Ecolibrium, mêlant couleurs chatoyantes et modélisations finement ciselées. Les décors comme les créatures s'avèrent agréablement réalisées et on peut réellement apprécier le sentiment de sérénité qui ce dégage de ce simulateur d'écosystèmes pas comme les autres.
- Jouabilité15/20
Bien qu'il n'y ait pas de "contrôles" à proprement parler, la gestion est d'autant plus agréable que tout se joue à l'écran tactile. On sélectionne une plante ou créature tout en faisant tourner notre console de sorte à visualiser l'endroit où l'on souhaite la placer, avant de toucher l'emplacement voulu. Simple et efficace : quasi naturel.
- Durée de vie/
Existe-t-il une fin aux jeux de simulation ? A défaut d'être le sujet du bac philo l'an prochain, cette question restera probablement sans réponse, la gestion de vos écosystèmes vous demandant probablement plus de temps que vous n'en souhaiterez. Les collectionneurs chercheront à obtenir toutes les espèces là où d'autres se contenteront de laisser le jeu continuer à évoluer en n'y apportant que quelques changements minimes : chacun son style.
- Bande son11/20
Dénué de thèmes ou de musique de quelconque sorte, les bruitages seront limités à ceux des animaux, convaincants pour certains, moins pour d'autres. Dommage, d'autant que les longues heures de gestion auraient bien mérité de quoi se détendre les oreilles.
- Scénario/
Présenté comme une application gratuite, Ecolibrium s'avère plaisant aux premiers instants mais devient rapidement frustrant et rébarbatif. Les plus fortunés s'offriront directement les animaux susceptibles de leur faire gagner des points, sabordant le principe même du jeu, là où la gestion poussive des écosystèmes dégoûtera les autres, préférant consacrer leur temps à autre chose. Enfin, ceux ayant accroché à l'ambiance et l'aspect simulation pousseront sans doute l'exploration plus loin, entre deux sessions d'autres jeux. Un jeu étiqueté écolo en équilibre précaire donc, un comble quant on s'appelle Ecolibrium.