Jasper Byrne aime Silent Hill et ça se sent. Après Soundless Mountain, le remake (ou demake) en 2D de Silent Hill 2, le développeur de jeux indépendants nous expose une fois de plus un survival-horror à la sauce pixel art. On ne peut qu’admirer l’acharnement du monsieur à vouloir recréer une ambiance ô combien adulée aujourd’hui mais cela suffit-il à en faire un bon jeu ? Rien n’est moins sûr.

Lone Survivor nous met directement dans la peau d'un jeune homme dont on ne sait rien si ce n'est qu'il s'est réveillé dans son appartement, seul, dans une ville apparemment désertée et délabrée. Et puis, comme si cela ne suffisait pas, les rues sont infestées de créatures horribles. Point de Harry ou de James, ici le héros ne donne pas son nom, le joueur devra se contenter d'un "you" tout au long du jeu. De plus, le jeune homme a la fâcheuse tendance à faire des rêves étranges avec des personnages inquiétants : une femme sans visage, une personne avec un carton sur la tête, un homme au teint bien trop pâle, bref, notre ami peut difficilement se réjouir de ses congés anticipés d'autant plus que niveau nourriture, c'est plus vraiment ça. Le héros va donc devoir s'aventurer dans les couloirs sombres de son immeuble, muni d'une simple lampe torche dans un premier temps. Il est clair que Lone Survivor ne se veut pas un simple jeu d'aventure en 2D. Ici, il s'agit bien d'un vrai survival agrémenté d'action mais ne nous y trompons pas, il faudra très souvent se cacher plutôt que de foncer et se battre pour évoluer dans l'univers malsain du jeu. Petite bizarrerie à ce propos, notre héros porte un masque antibactérien. L'accessoire peut paraître déroutant au début car, de face, son masque pixélisé se transforme en un large sourire flippant. Intentionnel ou non, le résultat aura le mérite de nous mettre mal à l'aise. Cela amène à se poser une question fondamentale sur les graphismes : ces fameux pixels gros comme une vache nuisent-ils à l'ambiance horrifique du titre ?


- Graphismes18/20
On adhère ou non au style graphique mais il faut bien reconnaître que Byrne maîtrise ses pixels jusqu’au bout des ongles. Mention spéciale à l’effet de lumière des fusées de détresse, bluffant pour un jeu de ce gabarit.
- Jouabilité19/20
Un travail monstrueux a été fait pour rendre Lone Survivor cohérent en termes de gameplay. Le seul bémol pourrait venir de l’utilisation de la carte, parfois laborieuse. En même temps, qui n’a pas sorti sa carte à chaque coin de rue de Silent Hill ?
- Durée de vie16/20
Une première partie peut durer jusqu’à 5 heures. Il faut 2 heures pour finir le jeu quand on le connaît mais même après un second essai, on s’aperçoit qu’on est passé à côté de beaucoup de choses. De plus, un mode Expert est disponible.
- Bande son18/20
Jasper Byrne est un musicien talentueux. Les compositions se rapprochent de ce qu’on peut trouver chez Akira Yamaoka dans Silent Hill sans pour autant plagier. Les ambiances fonctionnent à merveille et prennent tout leur sens avec des bruitages effrayants et omniprésents.
- Scénario14/20
Lone Survivor laisse le joueur interpréter et imaginer la trame scénaristique. C’est un parti pris mais on aurait tout de même bien aimé avoir plus de réponses à nos questions au vu du nombre d’éléments conséquent intervenant au fil de l’aventure. La narration demeure cependant immersive.
Lone Survivor, c’est le genre de jeux porté à bout de bras par un seul homme pendant plusieurs années. Le genre qu’on a envie d’aimer mais point de pitié ici puisque la création de Jesper Byrne a définitivement des allures de grand avec sa richesse de gameplay et son ambiance unique. Downpour n’arrive pas à vous emmener là où les premiers Silent Hill vous ont laissés ? Silent Hill HD Collection vous a déçu par son contenu ? Eh bien Lone Survivor offre une très bonne alternative à 9 € pour tous les amoureux d’ambiances horrifiques et malsaines.