Dans la grande famille des jeux "qui veulent faire comme mais qui n'y arrivent pas", Shadow Vault se pose là. Désignée comme une nouvelle référence de la stratégie selon sa jaquette, et empruntant le meilleur à Fallout et UFO, ce qui n'est pas rien, la création des studios Mayhem réutilise effectivement de nombreux rouages de ces deux séries mais à une sauce particulière. A en croire le scénario, l'action se passe après une catastrophe nucléaire provoquée par des humains du futur revenus dans un futur un peu moins lointain. Un point de départ alléchant, pas original pour un sou, mais laissant libre cours à des myriades de possibilités d'évolution. Pourtant, confondant la réalité et la fiction c'est plutôt le soft qui semble avoir été irradié.

Après un long hiver nucléaire, l'humanité n'est plus vraiment ce qu'elle était, confrontée de plus à une sorte d'esclavagisme massif mis en place par des visiteurs du futur peu enclins à la pitié. La guerre fait rage dans les moindres recoins de la Terre, réduisant chaque être en une cible potentielle. Une ambiance désespérée et aride, à l'image de ces landes rasées par le souffle des explosions atomiques. Plus rien ne vit en ces lieux désolés, mis à part quelques humains fort résistants et des créatures étranges, voire cauchemardesques. C'est donc dans cet univers stérile que vous allez évoluer, dirigeant un général buriné par ses nuits sans sommeil, à la tête d'escouades plus ou moins importantes de soldats. Vous êtes la dernière chance de nombreux villages en proie aux pillages et à la violence, formant une sorte de milice protectrice au service du faible et du non-mutant. Un parti pris intéressant, doté d'une ambiance accrocheuse qui aurait pu épicer quelque peu les maigres saveurs du scénario, mais qui sombre lentement dans une stagnation coupable. En effet, les environnements rencontrés manquent cruellement d'une "patte" graphique et se fondent dans une lassitude artistique dommageable. Rien n'attire l'oeil ou tout simplement notre émotion. L'ensemble des décors apocalyptiques se parcourt sans passion et fait regretter le temps d'un Fallout certes limité plastiquement parlant, mais détenteur d'une atmosphère bien à lui et éminemment originale. Rien de tout cela ici. Chaque lopin de terre contaminé ressemble à un autre et aucune structure ne se détache vraiment. Si la réalisation se révèle honorable, privilégiant les détails par le biais d'un rendu en 3D isométrique étrangement similaire à Fallout, l'inventivité reste bien sagement en arrière, n'osant visiblement faire une entrée remarquée. De fait, vous peinerez réellement à être attiré par ce monde macabre et à la rouille tenace. Un écueil sérieux, notamment lorsque l'on ne peut se reposer sur le gameplay.


- Graphismes12/20
Si le jeu est fort acceptable en 1280 par 1024, ce qui est le minimum pour de la 3D isométrique d'il y a dix ans, il reste assez limité dans les autres résolutions, même si le grain général rappelle agréablement le mythique Fallout. Les personnages sont quant à eux assez peu détaillés et manquent cruellement d'originalité. De plus, l'interface manque définitivement de charme.
- Jouabilité9/20
Si dans le principe le gameplay reste intéressant, puisant dans des inspirations classiques au-dessus de tout soupçon, la manière dont il est inséré dans le jeu, bourré de petits détails désagréables mis bout à bout, le rendent relativement fade et surtout pesant. Le fait de ne pas pouvoir avancer librement dans les phases de calme, d'être forcé de subir l'intelligence artificielle défaillante du moindre NPC, et de ne rien trouver d'excitant ni d'original laisse un goût amer.
- Durée de vie13/20
Visiblement assez long, au gré de ses 21 chapitres, Shadow Vault vous réservera de vastes heures de jeu si vous réussissez à passer outre les problèmes de gameplay et le manque total de rythme et d'intérêt sur le long terme. Même en aimant Fallout à la folie, vous n'aurez aucun mal à décrocher après la troisième mission seulement.
- Bande son10/20
Inquiétante et composée de grandes nappes lugubres et métalliques, la bande sonore du jeu colle parfaitement avec l'ambiance générale et appose un sceau désespéré. Malheureusement la pauvreté mélodique et les sonorités assez désagréables utilisées ne permettent pas vraiment de s'immerger pleinement dans l'aventure. Les effets sonores manquent quant à eux de puissance.
- Scénario/
-
Possédant un bon fond, Shadow Vault se voit contraint de rejoindre l'ombre à cause d'une mauvaise utilisation de son gameplay et d'un côté bien trop spartiate. En effet, l'absence de dialogues intéressants, de possibilités variables quant à la manière d'aborder une mission, ou d'une liberté même factice, rend le soft aride et assez lourd. Loin d'égaler les références auxquelles il fait appel, le titre de Mayhem souffre grandement de la comparaison et décevra les fans des deux séries citées en exemple. Trop de nucléaire tue le nucléaire.