Une musaraigne. Voilà bien un animal qui n'inspire pas à première vue la crainte. Sauf dans les cas de personnes entretenant une phobie pour cette petite boule de poils au nez frétillant, on ne peut pas dire que ses méfaits soient particulièrement sanglants. Personne n'a eu à se plaindre d'une attaque forcenée de ce rongeur bien commun. Pourtant, peu de gens savent que c'est peut-être cet animal si mignon qui a causé la disparition des dinosaures, et pas par sélection naturelle. Plutôt à grands coups d'explosifs et de tranchants de haches dans la tête. Un peu violent ? Certes, mais il faut ce qu'il faut. Tout le monde à le droit de s'ennuyer parfois. Le massacre de sauriens est une occupation comme une autre. Vous savez désormais à quoi vous attendre.

Partant de ce postulat, Creature Conflict nous narre les aventures de trois groupes animaliers se disputant des énigmatiques joyaux rouges, symboles d'une puissance sans égale, permettant à celui qui les détient de dominer le monde. En ce sens, ces valeureuses bêtes formées au combat depuis leur plus tendre enfance ne sont pas vraiment différentes d'humains encore plus belliqueux. Fort heureusement, tout cela se passe sur une lointaine planète, bien à l'abri dans son espace intersidéral. A vous donc de faire votre choix entre les Pack, dirigés par des canidés divers (loups, hyènes, coyotes), les Techniciens, prenant la forme de singes divers et variés, ou encore les Grignoteurs, regroupant des rongeurs emblématiques comme le castor et le cobaye. Un ensemble bien structurée de "peuples" animés chacun par des motivations diverses, et fondant des alliances à la sûreté vacillante. Bien entendu, chacune des tribus se voit affublée de compétences inhérentes à son statut, lui offrant une possibilité de retournement de situation en pleine bataille. De fait aucune des factions n'est plus à même qu'une autre de remporter un affrontement, ce qui conduit à un équilibre général maintenant une tension de tous les instants. Il vous faudra donc savoir diriger vos troupes plutôt que d'espérer vous reposer sur les caractéristiques endémiques à votre groupe. Une fois résolu à partir à la guerre le poil au vent, il ne vous restera plus qu'à choisir l'une des civilisations afin de débuter la trame scénaristique en rapport avec cette dernière. Malheureusement, et même si chaque histoire se veut indépendante des autres, on se retrouve dans chaque cas en face d'une pauvreté grandissante, ne parvenant pas à nous immerger dans le destin de ces créatures armées. Bien évidemment, l'humour second-degré éclaire le jeu par sa présence indiscutable, mais ne suffit pourtant pas à donner du crédit à des récits plats et auxquels on ne s'accroche pas le moins du monde.


- Graphismes14/20
Egalant aisément Worms 4 dans le même domaine, Creature Conflict : The Clan Wars dispose d'une atmosphère assez particulière, mêlant caricature animalière et ironie guerrière. Loin d'être originale, celle-ci passe plutôt bien et provoque une adhésion rapide au jeu. De plus, le design des divers personnages joue grandement en la faveur d'un intérêt purement graphique pour le soft. Dans le même temps, l'animation offre un hommage à ces boules de poils en rendant leurs démarches fort sympathiques.
- Jouabilité11/20
Malgré une prise en main rapide et des bonnes idées se décantant au gré de la progression, comme le système de domination par exemple, le titre de Cenega souffre d'un trop grand manque d'originalité sur la longueur. De plus, le parti pris de proposer un terrain rond amène une dimension tactique supplémentaire mais provoque surtout une difficulté de précision rapidement frustrante. A noter tout de même une utilisation aisée de la caméra, se plaçant selon le cas à la première personne, dans une vue globale et derrière le personnage.
- Durée de vie13/20
Bien que les 16 planètes se visitent fort rapidement, surtout en mode facile, la possibilité de construire ses propres terrains reste une donnée très importante dans le temps passé sur le jeu. De plus, la présence d'un mode escarmouche et de batailles en multi sur le net rehausse encore un petit peu plus la durée de vie globale. Reste à savoir ensuite si vous désirez débloquer le dernier clan, car le degré de "rejouabilité" n'est pas des plus élevés.
- Bande son9/20
Bien que les compositions musicales du soft soient honnêtes et varient suffisamment pour ne pas lasser, elles sont tout de même soumises à des sonorités un peu "années 80" qui ne passent parfois pas très bien. Mais elles collent à l'ambiance, ce qui est le principal. Le doublage est quant à lui très en retrait, autant d'ailleurs que la qualité des petites interventions disséminées dans les matches.
- Scénario/
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Si Creature Conflict n'est assurément pas le jeu idéal de cette fin d'année, il propose tout de même quelques bonnes idées et une réalisation graphique suffisamment avenante pour attirer les amateurs de Worms. Néanmoins, pourront-ils pardonner au titre ses errances de gameplay et son univers relativement vide, là est la question. Déséquilibré et lacunaire sous bien des aspects, le soft de Cenega parvient étonnamment à diffuser un certain plaisir de jeu à court terme. Visiblement, les animaux conservent encore leurs secrets.