Depuis que je fais ce métier, j'en ai vu passer des jeux idiots et de mauvais goût, mais jamais je ne pense avoir vu un titre aussi stupide que 7 Sins. A côté, même les derniers exploits en date du père Larry, pourtant bien placés dans mon top-crétin perso, passent pour un raffinement digne des plus belles réceptions de l'ambassadeur.

Concernant les sept péchés capitaux, on connaissait la version cinéma de David Fincher, on se souvenait aussi vaguement d'un jeu d'aventure avec Faust, et ça suffisait pour qu'on soit capable de les citer tous les sept sans en oublier aucun. L'avarice, la colère, l'envie, la gourmandise, l'orgueil, la paresse et la luxure, voilà la liste dressée par Saint Augustin et regroupant les péchés à la base de tous les autres. Une liste apparemment non respectée par Monte Cristo qui aura préféré se concentrer plus particulièrement sur l'un d'entre eux - la luxure, pour ne pas le citer - afin de réaliser un jeu hautement racoleur digne des plus mauvaises secondes parties de soirée de TF1. Je vous raconte le principe. Vous êtes un jeune homme sans foi, ni loi, ni moral, (ni charisme, ni rien du tout en fait) qui va tout faire pour qu'on s'intéresse à lui, quitte à utiliser les moyens les plus pervers pour séduire son entourage. Son ascension sociale débute dans un magasin, où il occupe ses journées en tant que vendeur. Parmi ses futures victimes, il aura le choix entre s'attaquer à son obsédé de patron, à sa collègue peu farouche, ou aux quelques clientes venues faire des emplettes. Suivant les personnes, les techniques d'approche ne sont pas les mêmes mais passent toutes par un brin de discussion. Le but est de trouver les sujets susceptibles d'interpeller vos interlocuteurs. Cela dit, nul besoin d'être fin psychologue, il suffit juste de tâtonner avant de trouver les bonnes phrases, et de continuer dans la même voie pour faire grimper la jauge de relation. Cette jauge est découpée en plusieurs niveaux, correspondant aux différents stades de votre relation. Logique. Ca commence par un premier contact, puis ça va au flirt, à l'amour, au sexe et à la passion. Chaque passage de palier vous permet d'accéder à une action spéciale et suivant la situation et le niveau de relation, vous pourrez au choix caresser la jambe de votre partenaire, l'embrasser ou la tripoter.


- Graphismes8/20
Aussi moche que la version PS2, le jeu sur PC noie son chagrin dans un flou pas franchement artistique. On sent clairement que ce brouillard n'est là que pour masquer l'apparente désuétude des images. Et finalement, ce n'est peut-être pas plus mal comme ça puisque lorsque rien n'est flouté, on se sent comme agressé visuellement par tant de laideur. Quant aux animations, elles sont ultra molles et même pas amusantes.
- Jouabilité6/20
Ca ne vole franchement pas haut aussi bien pour ce qui est des relations à nouer entre les personnages, que des mini-jeux à effectuer. Même en admettant que le trip vous attire, vous ne pourrez que reconnaître le manque de profondeur du jeu. On tourne en rond bien trop rapidement pour tenter d'équilibrer les différentes jauges. Bref, c'est l'ennui total.
- Durée de vie10/20
Malgré la diversité qui règne au sein des mini-jeux, l'ennui s'installe rapidement. Même en y mettant du coeur, difficile de tenir sur la durée pour découvrir les quelques chapitres de l'histoire.
- Bande son8/20
S'appuyant sur un langage imaginaire proche de celui des Sims, les personnages de 7 Sins s'expriment par onomatopées incompréhensibles. Cependant, à l'inverse du parler "simiesque", les expressions sont réellement incompréhensible et on se demande parfois ce que signifie telle ou telle intonation. Musiques et bruitages sont réellement barbants.
- Scénario7/20
J'ai longtemps hésité à mettre une note de scénario, me demandant s'il y avait une histoire à suivre. Finalement, oui, il y en a une. Elle n'est pas très intéressante, mais on suit bien l'évolution sociale d'un type sans scrupules, prêt à tout pour gravir un à un les échelons de la vie. Evidemment, il prendra soin de laisser sa morale au vestiaire.
On ne va pas revenir sur la stupidité du principe de 7 Sins. Il n'y a qu'à mettre en avant son gameplay ennuyeux et sa réalisation pathétique pour prouver qu'il s'agit d'un mauvais jeu. A croire que Monte Cristo ait succombé au péché de paresse pendant le développement de son titre.