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Test : Wreckfest, la tôle de maître
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31 juillet 2018 à 18:17:09
17/20

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Après bien des mésaventures, et une phase d’early-access des plus encourageantes, Wreckfest est enfin disponible sur nos PC chéris. Les créateurs de FlatOut reviennent avec un jeu de course déjanté, et à la réalisation impeccable. Un incontournable en cette période estivale, pour quiconque aime la vitesse et la course décomplexée.

Wreckfest, la bande-annonce

Chargement de la vidéo Wreckfest trailer

Début 2013, Bugbear Entertainment s’offrait un retour aux sources après plusieurs années d’errements. Le projet qu’il présentait alors au public n’avait pas de nom mais l’on pouvait immédiatement reconnaître la patte si particulière du studio. Vitesse, dérapage et tôle froissée, tout semblait indiquer une résurrection des premiers FlatOut. D’abord appelé Next Car Game avant d’être officiellement baptisé Wreckfest, le titre a traîné ses carcasses en early access pendant de longues années, attirant dans son sillon de nombreux joueurs déjà convaincus. Maintenant qu’il est sorti pour de bon, nous nous sommes penchés sur le dernier bébé de Bugbear et vous vous en doutez certainement si vous connaissez déjà le titre, on a eu du mal à en décrocher.

La tôle des opticiens

Wreckfest, la tôle de maître
Les textures sont fines et précises, sur la route comme sur le bas-côté.

Attention, fracture de la rétine : en lançant Wreckfest en 3840x2160, on s’attendait à pouvoir profiter d’un jeu joli, mais techniquement limité aux faibles moyens d’un studio indépendant. On s’était rarement autant trompé. Wreckfest est tout simplement magnifique, offre des textures fines et des effets de lumière et de particules extrêmement réussis. L’écran de jeu est d’autant plus chatoyant que la direction artistique du titre est au niveau de cette impressionnante débauche de maîtrise technique. Coloré à outrance, le jeu évoque de ce point de vue là le travail des Anglais de Playground Games, dans la mesure où il n’hésite pas à saturer certaines couleurs pour flatter les yeux du joueur. Tant pis pour le réalisme : chaque nouvelle course, chaque nouvelle épreuve est un régal et Wreckfest déçoit rarement, jusque dans la modélisation des nombreux véhicules affichés. C’est beau, c’est varié, et surtout c’est riche de nombreux détails qui font vivre l’écran, ajoutant ici et là des petites notes de couleurs ou de mouvements qui donnent l’impression de participer à une véritable course.

Wreckfest, la tôle de maîtreWreckfest, la tôle de maîtreWreckfest, la tôle de maître

Notez toutefois que cette apparente perfection est parfois gâchée par des chutes de framerate assez importantes, qui interviennent souvent dans les virages ou lors des collisions, quand l’écran de jeu affiche plus de quatre ou cinq bolides. On imagine qu’il ne s’agit que d’un petit souci d’optimisation, dans la mesure où notre machine est largement capable de gérer un jeu de course telle que Wreckfest, et ce même en UHD. La solution, pour le joueur, est assez simple : baisser la résolution ou rogner sur certains détails. On espère que Bugbear corrigera ceci rapidement, mais comme le jeu étant déjà disponible depuis le 14 juin dernier, notre petit doigt nous dit que cela pourrait prendre encore un peu de temps. Dommage pour les propriétaires de grosses configurations.

Volant d’or

Wreckfest, la tôle de maître
Quand on n'a pas été prévenu, ça surprend un peu.

Mais ce bel écrin ne serait rien sans de belles sensations de conduite, et dans un jeu tel que Wreckfest, on pouvait d’emblée se poser quelques questions. Après avoir été faire un tour du côté des options, pour supprimer toutes formes d’aide à la conduite, on s’est dirigé vers notre première course, qui… n’en était pas une. Solidement assis sur une tondeuse à quatre roues, nous avons dû faire une partie d’auto-tamponneuse avec une vingtaine de participants. Pas les conditions idéales pour tester la conduite du jeu, mais suffisant pour constater que le moteur physique de Wreckfest en a dans le bide : les virages, la perte de stabilité due à la petitesse du véhicule par rapport à la taille du pilote, les chocs, tout était grisant de crédibilité. Voire même, de réalisme. Si par la suite et avec nos premières courses, on a vite compris que Wreckfest ne cherchait pas le réalisme à tout prix, l’ensemble est extrêmement plaisant puisqu’il restitue avec énormément de justesse tout ce qui se déroule à l’écran. Les transferts de masse, notamment, ce qui est très important dans un jeu comme celui-ci, car il faut constamment rééquilibrer son bolide pour être certain de n’offrir aucune prise, aucun appui aux pilotes adverses qui n’hésiteront pas à s’en servir. Wreckfest est certes un jeu de course, mais des courses façon stock-cars, dans lesquelles il n’y a guère de règles. Les contacts sont donc monnaie courante et vous aurez rapidement le réflexe de chercher à aligner autant que possible votre voiture avec la route, pour éviter d’être poussé, retourné, et jeté en pâture au reste du peloton.

Wreckfest, la tôle de maître
Les amateurs de drift en auront pour leur argent.

Dans les virages, on sent les roues perdre petit à petit leur adhérence et commencer à drifter ; les plus doués pourront enchaîner les virages en faisant déraper leur voiture sur des dizaines de mètre, en esquivant les adversaires vicelards ou les carcasses des vaincus. Ajoutez à cela une impression de vitesse grisante et la sensation qu’à ma moindre seconde d’inattention, votre bolide terminera en mille-feuille, les courses de Wreckfest sont aussi jouissives qu’addictives. Difficile de lâcher un jeu aussi précis, aussi, et à la fin si bêtement bourrin. L’équilibre entre course et combats de portière est souvent délicat à trouver dans ce genre de jeu, mais Bugbear réussit les doigts dans le nez. On n’en attendait pas moins de la part des créateurs des deux premiers FlatOut.

Et puisque l’on parle de physique, comment ne pas mentionner l’excellent travail qui a été effectué sur les collisions et la gestion des dégâts. Localisés avec beaucoup de justesse, ils contribuent pleinement au plaisir de jeu : plus la course dure et plus l’on voit son bolide partir en morceaux. La sensation de marcher sur une corde, de prendre des risques est un élément essentiel à tout bon jeu de course. Dans un titre comme Wreckfest, il est un élément visuel extrêmement parlant. Lorsque l’on peut voir à travers son auto et que le siège passager est en feu, difficile de ne pas ressentir une petite pointe de stress, à l’approche d’un virage que l’on sait décisif.

Wreckfest, la tôle de maîtreWreckfest, la tôle de maîtreWreckfest, la tôle de maître

Le stock-car comme vous ne l'avez jamais vu

Wreckfest, la tôle de maître
Plus l'on grimpe les marches, et plus les épreuves se corsent.

La bonne nouvelle, c’est qu’en plus d’être beau et agréable à jouer, Wreckfest a le bon goût d’accompagner tout cela d’un mode Carrière accrocheur. Divisé en plusieurs championnats (Regional Juniors, National Amateurs, Challangers, Pro Internationals, World Masters), cette Carrière a ceci d’intérêt qu’elle ne vous impose pas d’être absolument premier partout, tout le temps. Wreckfest est aussi un jeu de crashs et tatanner les autres participants doit être récompensé ; mais cela n’est hélas pas toujours compatible avec des ambitions de podium. Alors parfois, le jeu laissera libre cours à votre folie destructrice, tandis que par moments, il vous demandera de finir premier. Les objectifs changent d’une course à l’autre. Certains sont même organisés sous la forme de mini-tournois à élimination directe : si vous n’êtes pas classés dans les quinze premiers, vous n’accédez pas à la demi-finale ; demi-finale qui vous imposera d’être dans les dix premiers pour accéder à la grande finale. Le tout, finalement, c’est de gagner suffisamment de points pendant ces courses pour débloquer d’autres épreuves, et surtout le championnat supérieur. La progression se fait globalement sans anicroche, car les épreuves sont toutes très variées, et vous demanderont régulièrement de changer de bolide. Lorsque anicroche il y a, c’est simplement parce que vous n’êtes pas suffisamment bon. Wreckfest est assez exigeant et l’IA n’a aucune once de pitié ; à noter que sa difficulté à la Mario Kart peut se montrer frustrante, par moments, puisque sorties de route et crashs empêchent rarement les pilotes supposés être en tête du classement de revenir. L’inverse n’est pas nécessairement vrai pour le joueur, pour qui une sortie de route un peu violente est souvent synonyme de course perdue. De notre côté, nous avons très régulièrement utilisé le bouton Start de notre manette, pour relancer la course à zéro.

Wreckfest, la tôle de maîtreWreckfest, la tôle de maîtreWreckfest, la tôle de maître
Wreckfest, la tôle de maître
Appuyez vous sur vos adversaires dans les virages. C'est permis, et conseillé !

À vrai dire, l’IA est sans doute le seul point faible de cette section du jeu ; n’hésitant pas à sortir de ses trajectoires pour venir vous refaire la portière, elle se condamne parfois elle-même à un triste sort, sans que cela ne lui soit vraiment profitable. Par chance, cela n’arrive pas à chaque course, mais lorsque cela se produit, c’est tout à fait rageant. Pour lutter contre ces terribles ennemis, on jettera régulièrement un œil à la boutique du jeu, qui permet d’acheter de nouveaux bolides, mais surtout de nouvelles pièces. Certains vont permettre de la rendre plus rapides, tandis que d’autres vont servir à la renforcer, par exemple en ajoutant sur les portières de grosses barres de métal qui leur donneront plus de résistance. On comprendra rapidement l’importance du garage qui, sur une course, peut tout changer. Les mécaniciens en herbe pourront également aller fignoler les réglages de leur auto, en ajustant suspensions, rapports de transmission, différentiel ou équilibrage des freins. C’est assez basique mais très efficace, au point de modifier très sensiblement le comportement d’une voiture que l’on pensait incapable de gagner jusque là.

Il faut également saluer le travail de game-design qui a été effectué sur les différentes épreuves de cette Carrière, et notamment le design des circuits : ils ne sont jamais choisis par hasard, notamment dans les épreuves de destruction. Mention spéciale à la course en bus, où l’on a pour consigne de détruire dix petites autos. La section de demi-tour prend ici tout son sens, pour le meilleur comme pour le pire. Et surtout pour le meilleur, à vrai dire.

Les notes
+Points positifs
  • Vraiment joli
  • Moteur physique au poil, pour le pilotage comme pour les collisions
  • La gestion des dégâts
  • Le mode Carrière, hyper variée
  • Fun du début à la fin
-Points négatifs
  • L'IA a parfois quelques oublis
  • Online un peu basique
  • On trouve encore quelques bugs
  • Quelques soucis d'optimisation pour pouvoir jouer en 3840x2160

Les jeux comme Wreckfest sont rares. Parvenant à marier avec brio jeu de course intelligent et simulation de destruction, le jeu de Bugbear est le digne descendant des « vrais » FlatOut, et l’un des meilleurs jeux de courses parus ces dernières années. Particulièrement joli et doté d’un moteur physique de qualité, Wreckfest frustrera peut-être les amoureux de trajectoires parfaites et de gros chronos, mais il amusera tous ceux et celles à la recherche d’un passe-temps furieusement divertissant.

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31 juillet 2018 à 18:17:09
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Mis à jour le 01/08/2018
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