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Topic Qu'est-ce qu'une nation ? Ernest Renan

Sujet : Qu'est-ce qu'une nation ? Ernest Renan

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Saroumane36
Saroumane36
MP
11 mai 2013 à 01:11:48

RESUME de la conférence d'Ernest Renan, "Qu'est-ce qu'une nation ?", prononcée à la Sorbonne en 1882

Ernest Renan
Qu’est-ce qu’une nation ?

:d) I/ Présentation 1823-1892

Ernest Renan est à la fois écrivain, philologue, philosophe et historien français. Grand amateur des questions relevant de la théorie darwinienne sur l’évolution des espèces et spécialiste de la religion chrétienne, il est notamment l’auteur des très controversé Histoire des Origines du Christianisme et surtout de La vie de Jésus, dans lequel il milite pour que la vie de Christ soit comprise comme celle d’un homme normal et que la Bible soit soumise à un examen critique comme celle de n’importe quel document (on voit ici l’influence sur lui du positivisme). Il faut surtout retenir que c’est un penseur qui aime aller à contre-courant.

Le 11 mars 1882, douze ans après la défaite de Sedan et onze après l’annexion de l’Alsace-Lorraine, Ernest Renan prononce à la Sorbonne une conférence ayant pour thème : « Qu’est-ce qu’une nation ? ». Trois principales étapes se démarquent dans cette conférence. La première étape consiste en une approche historique du concept de nation. La seconde étape à définir ce que n’est pas une nation et la troisième à affirmer dans quelle mesure ce concept de nation est avant tout une question de volonté.

:d) II/ La nation : approche historique

Ernest Renan commence par rappeler que le concept de nation est « quelque chose d’assez nouveau dans l’Histoire ». En effet, à Sparte ou à Athènes, si ce que l’on pourrait appeler un sentiment national était bien présent, l’étendue des deux cités, qui dépassait à eux deux à peine 10 000 km², empêche de les définir comme nation. De même, en Gaule, en Espagne, ou en Italie, avant la conquête romaine, les territoires étaient constitués de « peuplades » sans lien ni unité avec elles. Même avec l’Empire Romain et la « pax romana », le sentiment national était occulté par la trop grande étendue du territoire, ce qui a conduit à la scission de l’Empire en l’Empire d’Orient et l’Empire d’Occident.
Pour Renan, ce sont les grandes invasions germaniques du Ve siècle, jusqu’aux conquêtes normandes du Xe siècle, qui apportent le principe de base de la nation. Que l’on pense aux noms des envahisseurs : les Lombards ont donné la Lombardie, les Normands, la Normandie, et les Francs, la France. Ces invasions ont également permis d’installer des dynasties au rôle unificateur essentiel. En effet, une nation constitue une « fusion entre les populations », et non pas des peuplades vivant séparées comme avant la conquête romaine, ou comme dans l’Empire Ottoman de l’époque, où Turcs, Grecs, Arméniens, Arabes, Kurdes et Syriens cohabitent sans « fusionner ».

C’est le Traité de Verdun, en août 843, qui scelle la division des nations européennes. Les trois petits-fils de Charlemagne se partagent l’Europe entre Francie Occidentale (qui donnera la France), Francie Médiane (pour l’Italie) et Francie Orientale (qui donnera le Saint Empire Romain germanique et beaucoup plus tard l’Allemagne). Ce Traité, malgré des péripéties annoncées par Renan, instaure un équilibre des forces jamais démenti un millénaire après et encore aujourd’hui.
Cette naissance du sentiment national après les invasions germaniques a pu s’établir pour deux raisons. Première raison, parce que l’unité chrétienne présente avant l’invasion a été conservée. Seconde raison, parce que les conquérants ont oublié leur propre langue.

C’est que l’ « oubli » est une condition essentielle pour forger une nation. On oublie ainsi que les Francs et les Normands ont littéralement envahi le territoire « national ». On oublie aussi que l’unification française par les Rois de France a été tyrannique. Ainsi, aucun Français ne se rappelle si son ancêtre était alain, burgonde, wisigoth… De là résulte un certain danger à pousser l’investigation historique.

La Révolution Française a bien entendu été déterminante. La « gloire » de 1789 a été pour Renan l’affirmation de l’auto-existence de la nation : autrement dit, une nation existe par elle-même, c’est dire « le principe des nations est le nôtre ».
Ce qui prouve qu’une dynastie n’est en aucun cas nécessaire pour que l’unification soit faite. Les exemples de la Suisse et des États-Unis suffisent à réfuter cette hypothèse. De même, l’unité française continue et est même renforcée après la décapitation du roi. Il suffit d’entendre les clameurs « Vive la nation ! » dans les secondes suivant la mort de Louis XVI. La nation s’affirme par ses habitants avant tout, donc. Mais avant d’aller plus loin, il convient d’affirmer ce que n’est pas une nation.

Saroumane36
Saroumane36
MP
11 mai 2013 à 01:12:11

:d) III/ Qu’est-ce que n’est pas une nation ?

Cinq points : la race, la langue, la religion, la communauté des intérêts et la géographie ne suffisent pas, à eux seuls ou ensemble, pour légitimer le droit national. La question est bien de savoir d’où vient ce droit national, le droit d’affirmer que tel territoire appartient ou pas à une même nation qu’ailleurs.

1°) Le droit national ne vient pas de la race

Une « très grande erreur » pour Renan est d’affirmer que le principe national n’est rien de moins que le « principe ethnographique ». Il n’y a qu’à en revenir au Traité de Verdun, où le découpage de l’Europe occidentale s’est réalisé sans la moindre préoccupation des différentes minorités nationales. De toute manière, Renan lève toute ambiguïté : il n’y a pas de « race pure ». Les plus « nobles » pays (la France, l’Italie, le Royaume-Uni, l’Italie et l’Allemagne (qui est Slave à l’Est, Gauloise au Sud)) sont même ceux où « les sangs se sont mêlés ».
Cela, car les origines « zoologiques » sont de loin antérieures à la formation des différences de culture, technique, civilisation et langage.
L’appartenance supposée à une « race » n’a rien d’objective. L’exemple de l’île de Jersey suffit pour le démontrer. Cette île au large des côtes normandes n’avait pas été conquise, par pur jeu de circonstances, par Philippe-Auguste, en 1204, qui avait alors unifié la Normandie à la couronne de France. Or, au XIIe siècle, on n’aurait pu faire la différence entre un habitant de Jersey et de Caen. Or aujourd’hui, en 1882, les différences sont fondamentales. La race est changeante, elle se fait et se défait avec le temps. Pour Renan, le principe ethnographique ne doit donc avoir strictement « aucune application politique ». Qu’en est-il de la langue ?

2°) Le droit national ne vient pas de la langue

Si la langue « invite à réunir », elle ne doit pas le forcer, elle ne suffit pas à scinder ou unir une nation. Un exemple suffit à le montrer : l’exemple suisse, où cohabitent trois ou quatre langues sans que l’unité de la nation ne soit remise en question. De même, la Prusse parlait slave au Moyen-Âge, et l’Égypte parle aujourd’hui arabe.
Pour Renan, il n’y a pas de culture française, allemande ou italienne avant tout. Ce qui compte, c’est avant toute chose la « culture humaine ». Ce point est bien entendu très important pour la question de l’Alsace-Lorraine et la détermination du concept de nation (on y reviendra).

3°) Le droit national ne vient pas de la religion

Là encore, unir une nation par la religion consiste à unir par la coercition. Il ne peut pas y avoir de religion uniforme pour un État : la religion est une « chose individuelle » et doit le rester. On voit déjà ici les prémisses de la question de la volonté.

4°) Le droit national ne vient pas de la communauté d’intérêts

Une communauté d’intérêts, si elle est un « lien puissant entre les hommes », fait juste les traités de commerce. Elle remplit seulement le « corps » de la nation », alors qu’il y a aussi une âme, le « sentiment » national, en aucun matérialiste, donc. Le Zollverein (ou union douanière) de la confédération germanique d’avant l’unification ne peut pas suffire pour forger le sentiment national allemand.

5°) Le droit national ne vient pas de la géographie

Par géographie, Renan veut exprimer ce que l’on entend aujourd’hui par « frontières naturelles ». Ces dernières ne justifient pas non plus si un tel territoire appartient ou non à une telle nation.
Renan dissocie les montagnes, qui ont plus tendance à séparer, et les fleuves qui au contraire réunissent. Mais cela forme également le « corps » du droit national, qui peut certes avoir son importance, mais n’est assurément pas décisif, contrairement à l’ « âme ». Mais qu’est-ce ?

:d) IV/ Ce qu’est une nation

« Rien de matériel » ne suffit pour forger une nation. Renan le dit : « Une nation est une âme, un principe spirituel ». Ce principe s’affirme dans le passé et dans le présent. Cette conception est tellement simple, comme on le verra, qu’elle ne tient que sur quatre pages.

1°) Dans le passé

Dans le passé, le principe national se forme, pour les citoyens du présent, par rapport au passé et la possession d’héritages en commun, de souvenirs, le partage de gloire et de grands hommes mais aussi et essentiellement de souffrances. Il faut « avoir fait de grandes choses ensemble », dit Renan, qui rappelle aussi que la « souffrance unit plus que la joie ». Plus il y a eu de sacrifices passés, plus le sentiment d’appartenance à une nation est fort (il y aura par exemple plus de devoirs à remplir envers la nation).
Mais cela pose aussi la question de l’oubli de périodes les plus noires et les plus douloureuses de l’histoire d’une nation.

2°) Dans le présent

Une nation pour Renan s’affirme dans la volonté sans cesse réaffirmée du désir de vivre ensemble. Il emploie l’expression d’un « plébiscite permanent ». « La nation est donc une grande solidarité ».
« Une nation, ce sont des habitants » résume le plus simplement Renan. La seule légitimité de l’attribution d’un territoire revient uniquement au « vœu de ses habitants » et à leur « conscience morale ». Tout est donc une question de volonté.

La preuve d’une volonté suffisante est quand l’individu accepte d’abdiquer, de se sacrifier en faveur de la communauté nationale, ce que l’on retrouvera dès 1914 par exemple avec le départ au front des soldats de l’État-Nation français, qu’ils soient bretons ou bourguignons.

Renan résume donc la conception de la nation « avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore ». Ce que l’on retrouve dans l’hymne spartiate « Nous sommes ce que vous fûtes, nous serons ce que vous êtes ».
C’est donc clairement une solution humaine et empirique car s’affirmant sur une contestation quotidienne que se fonde le principe du droit national.

:d) V/ Ouvertures

Le texte de Renan est d’une postérité prodigieuse. Il permet d’abord de saisir l’absurdité des conceptions racistes des nationalistes d’avant et d’après la Seconde Guerre mondiale, et bien entendu le non-sens du projet d’Hitler d’unifier une nation autour d’une prétendue race aryenne par la force.
Douze ans après la conquête de l’Alsace-Lorraine, par la force là encore, de l’Empire Allemand, Renan s’élève contre la conception allemande de la nation qui a mené à cette annexion. Cette conception est essentialiste, car fondé sur la race, la langue, la religion et la géographie avant tout. Elle s’arrête au « corps ».

Enfin, Renan déclare que, ainsi que le principe de race, les « nations ne sont pas quelque chose d’éternel ». On cite : « La confédération européenne, probablement, les [nations] remplacera » à une certaine époque. » Inutile donc de souligner l’actualité de cette affirmation.

Cabolodge
Cabolodge
MP
11 mai 2013 à 02:02:32

Je dirais même plus, entre les deux temporalités du passé (histoire et mémoire) et celle du présent (vécu), il faut ajouter celle de l'avenir (projection imaginaires, sa perception).

Car une nation ne peut s'édifier sans tenir compte des projets communs, de la grandeur promise ou espérée dans un avenir proche ou lointain. Entendons par grandeur tout ce qui peux convenir à l'unité nationale dans le futur : meilleure situation économique, meilleure intégration sociale, meilleurs relations avec l'étranger, meilleure construction européenne etc...

Le sens d'un projet d'avenir s'articule autour des trois temporalités déjà étudiées par Pierre Laborie dans l'opinion publique sous Vichy.

Le passé : la défaite, la douleur, l'humiliation.

Le présent : Pétain, la sécurité, la confiance.

Le futur : la lutte des Britanniques, l'espoir.

Ces notions sont manifestent du triptyque temporel présent dans les esprits de la collectivité nationale.

juanitocanardo
juanitocanardo
MP
11 mai 2013 à 10:40:01

"Le passé : la défaite, la douleur, l'humiliation.

Le présent : Pétain, la sécurité, la confiance.

Le futur : la lutte des Britanniques, l'espoir. "

:d) Vichy travaillait dur avec sa propagande contre l'Angleterre. Je pense que c'est surtout pour se rassurer que certains veulent croire que les français avaient en fait derrière la tête la résistance et l'alliance anglaise.
En réalité c'était loin d'être le cas de tout le monde. Et certainement pas de "l'opinion publique" .
Un peu comme ceux qui disent que tous les français ont été résistants.

Pour Renan, qui l'un des historiens officiels du régime, c'est évidemment pour une bonne partie du pipeau. C'est un professionnel du mensonge historique au nom du nationalisme. Il ne se gène d'ailleurs pas pour le dire lui-même dans cette même conférence : "L’oubli, et je dirai même l’erreur historique, sont un facteur essentiel de la création d’une nation"
Ou encore : " c’est ainsi que le progrès des études historiques est souvent pour la nationalité un danger"

Lui au moins l'assumait sans problème : non seulement la construction des identités nationales n'a rien à voir avec une quelconque vérité historique mais celle-ci est même un danger pour le nationalisme.
On comprend que Renan a fait un choix entre ses activités d'Historien et celle de professeur de nationalisme.

L’essentiel de la falsification historique voulue par Renan et ses successeurs porte sur la Révolution française. Tout leur travail consiste à masquer la « rupture épistémologique » que représente cette période et à la présenter comme un simple prolongement du cours antérieur de l’histoire. Ainsi en est-il de l’idée de Nation, qui apparue dès le début de la Révolution, va être vidée de son sens par nos historiens et politiciens "nationalistes" et déformée jusqu’à signifier le contraire de son sens premier.
En effet, quand le terme Nation fait irruption dans le débat politique en 1789, il désigne clairement la collectivité formée par tous les individus, égaux entre eux, et de ce fait, la seule instance politique légitime dans un pays. L’idée de Nation se construit en opposition totale au pouvoir d’un seul (ou d’une petite caste), en opposition donc à la tyrannie qu’ont précisément défendu les Jeanne d’Arc, les Charles Martel et autres "personnages du passé" que les nationalistes aiment citer avec tendresse, lors des siècles d’oppression féodale et monarchique.

Mais il n'y a pas que ca. Son idéologie mensongère et nationaliste (pléonasme selon Renan lui-même) a fait beaucoup d'émules depuis.

Par exemple quand on lit ca : "La preuve d’une volonté suffisante est quand l’individu accepte d’abdiquer, de se sacrifier en faveur de la communauté nationale, ce que l’on retrouvera dès 1914 par exemple avec le départ au front des soldats de l’État-Nation français, qu’ils soient bretons ou bourguignons. "

:d) Archi-faux. C'est l'oeuvre d'un Audoin-Rouzeau, qui cherche à faire croire que si les soldats ont tenu 4 ans dans des conditions aussi terribles, c'est grace au nationalisme.
En réalité c'est essentiellement grace à la contrainte et à la menace.

Bref... Et on ne dit rien des contradictions flagrantes qui existent dans ce texte qui affirme d'abord que les nations ne sont pas des communautés d'intérêts (ce qui est vrai), mais qui présente ensuite systématiquement la nation comme une telle communauté.

Donc oui : on peut dire que ce texte de Renan est d’une postérité prodigieuse. Ces mensonges sont repris à satiété par le tenants actuels (comme Audoin-Rouzeau, Becker, voire Gallo... bref, les chantres de l'histoire-mensonge au nom du nationalisme). Comme du temps de Renan, il faut lutter contre ces mensonges historiques au nom d'une idéologie délétère et mortifère.

Aliot
Aliot
MP
11 mai 2013 à 10:49:42

"en opposition donc à la tyrannie qu’ont précisément défendu les Jeanne d’Arc, les Charles Martel et autres "personnages du passé" que les nationalistes aiment citer avec tendresse, lors des siècles d’oppression féodale et monarchique."

:d) Les nationalistes s'identifient à l'Histoire de France et à la défense héroïque de la communauté (royaume) face à des envahisseurs.
Aujourd'hui encore, la France est menacée.

juanitocanardo
juanitocanardo
MP
11 mai 2013 à 10:54:27

Les nations ne sont pas et n'ont jamais été des communautés.

Les nationalistes usent et abusent du mensonge historique pour présenter l'Histoire des Etats (royaume en l'occurrence pour le passé de la France) comme des histoire de famille. Renan l'assumait lorsqu'il expliquait que la vérité historique était un danger pour le sentiment d'appartenance nationale.
Aujourd'hui les nationalistes n'assument même plus.

Aliot
Aliot
MP
11 mai 2013 à 11:01:41

Ce sont des communautés d'individus liés par un passé et un présent, avec certaines caractéristiques comme une couleur de peu-religion-langue dominante (il peut y en avoir plusieurs si fédération), des frontières reconnues etc.
En gros, ni les français ni les allemands n'ont tout à fait raison, la Nation est un tout avec des caractéristiques facultatives.

D'autre part le pouvoir d'un seul n'empêche pas la Nation d'exister si les individus l'ont voulu.
Que ce soit Marine le Pen demain ou Clovis qui allait de village en village pour obtenir le soutien du peuple.

juanitocanardo
juanitocanardo
MP
11 mai 2013 à 11:09:01

non, ce ne sont pas des communautés. Les gens de part et d'autre de la frontière sont les mêmes. Eux ont un passé commun.

Parler de "présent commun" est un peu un non-sens puisque ce serait alors la réalité de la nation qui engendrerait... la réalité de la nation. Raisonnement circulaire.

Les nations ne sont pas des communautés de type familiale mais sont traversées par des intérêts tout à fait antagonistes.

"D'autre part le pouvoir d'un seul n'empêche pas la Nation d'exister si les individus l'ont voulu. "
:d) C'est le sens révisionniste qu'on donné les nationalistes à la nation. Ce n'est absolument pas le sens que le terme avait au moment où il est entré sur la scène politique en 89. Là encore, c'est bien sûr du mensonge historique.

"Que ce soit Marine le Pen demain ou Clovis qui allait de village en village pour obtenir le soutien du peuple."

:d) Marine le Pen est monarchiste ? :rire2:

Et non : clovis n'est jamais passé de maison en maison sur tout son territoire pour "obtenir le soutien du peuple" .

Saroumane36
Saroumane36
MP
11 mai 2013 à 11:21:56

juanitocanardo
Posté le 11 mai 2013 à 10:40:01

rchi-faux. C'est l'oeuvre d'un Audoin-Rouzeau, qui cherche à faire croire que si les soldats ont tenu 4 ans dans des conditions aussi terribles, c'est grace au nationalisme.
En réalité c'est essentiellement grace à la contrainte et à la menace.

:d) Tu évoques là le débat entre l'école de la contrainte et l'école du consentement. Mais la différence entre ces deux écoles n'est pas si immense.

A-Z parle non pas des "nationalismes" mais des "cultures de guerre", c'est-à-dire la formation, dans les mentalités, d'un système de représentation où le patriotisme a sa place, mais non le monopole. Le consentement est aussi une auto-contrainte, en ce que le poilu se sent aussi obligé de "tenir" par solidarité ou par honte éventuelle envers ses camarades de front. La force du sentiment national, qu'on peut contester, existait pourtant et sa force ne tenait pas seulement dans l'amour entre un homme et une nation, mais par le sentiment de quasi-fraternité envers chaque compatriote.

La contrainte a aussi sa place, mais pas exclusive. Jouent aussi des mécanismes de survie en environnement hostile, et tout simplement le fait d'être dépassé par les événements (Dorgelès dans les Croix de bois : "Où allions-nous ? On ne savait pas. Où allions-nous ? Relever qui ? On ne savait pas.")
.

juanitocanardo
juanitocanardo
MP
11 mai 2013 à 14:04:17

Oui : je suis assez d'accord : la contrainte non-plus n'est pas exclusive ni ne détient le monopole de la persuasion.

Je parlerais plutôt de "faisceau de facteurs" (cette expression n'étant pas de moi).

Mais pour en revenir à Renan, il vaut mieux ne pas prendre ce qu'il dit du nationalisme au sérieux, étant donné qu'il reconnait sans problème que le nationalisme ne peut s'embarrasser de la vérité historique.

Du coup, soit on fait de l'Histoire et on cherche à tendre vers cette exactitude, soit on laisse tomber l'Histoire et on se consacre aux fables nationales et nationalistes.

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