Test Fester Mudd : Curse of the Gold - Episode 1 : A Fistful of Pocket Lint- iPhone/iPod

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"Ce jeu est un hommage à l'âge d'or du jeu d'aventure." Avant même que ne commence Fester Mudd, nous voilà prévenus de l'intention première de ses développeurs. Mais on le sait, l'exercice de l'hommage est toujours délicat. Rendre un hommage, c'est se rapprocher du matériau de base en lui empruntant suffisamment d'éléments pour parler aux connaisseurs, sans toutefois tomber dans le plagiat et risquer alors de s'attirer les foudres des fans. Avec Fester Mudd : The Curse of Gold, nous mettons donc les pieds dans un jeu d'aventure point and click à l'ancienne, réutilisant l'interface et les ficelles d'anciennes gloires du genre pour un résultat vraiment convaincant.

Fester Mudd : Curse of the Gold - Episode 1 : A Fistful of Pocket Lint

Endormi sous le soleil brûlant du grand ouest américain, le brave Fester est tiré de sa sieste par l'arrivée d'une lettre de son frère Bud. Celui-ci le prie de le rejoindre pour l'aider à collecter la tonne d'or qu'il vient de trouver. Fester enfourche donc sa mule Martha et se dirige à Loamsmouth, la ville où Bud lui a donné rendez-vous. Sur place, le grand frère brille malheureusement par son absence, laissant Fester seul, sans argent et avec un canasson épuisé sur les bras. En visitant la petite bourgade et en discutant avec ses différents habitants, notre héros un peu benêt imaginera petit à petit des solutions de fortune pour d'abord trouver la piste de son frère, et ensuite mettre en place une expédition pour le rejoindre. Sachez que l'histoire de Fester Mudd : Curse of the Gold est divisée en trois volets et ce premier épisode n'est finalement qu'une sorte de prologue à l'aventure qui se concentre essentiellement sur le bled perdu de Loamsmouth. Cette section dure entre deux à trois heures, suivant le niveau de chacun. Cela reste dans la moyenne des jeux épisodiques actuels, mais se révèle évidemment ridicule face aux ténors du genre des années 90.

Une lettre d'amour aux point and click de Lucas

Test Fester Mudd : Curse of the Gold - Episode 1 : A Fistful of Pocket Lint iPhone/iPod - Screenshot 7On se croirait vraiment dans un jeu des années 90.

Plus qu'un hommage, l'interface de Fester Mudd : Curse of the Gold est une véritable copie conforme de la méthode point and click telle qu'elle a été instaurée par LucasArts dans Zak MacKracken, Maniac Mansion, Monkey Island et tant d'autres. On retrouve donc une sélection de verbes en bas de l'écran. Le principe est alors de choisir son action avant de l'appliquer à la scène. Par exemple, sélectionnez "ouvrir" puis indiquez une porte pour que Fester ouvre la porte. La manipulation peut sembler laborieuse, mais elle fonctionne à merveille et permet surtout de faire vibrer très fort notre fibre nostalgique. Signalons qu'à l'instar de ce qui se faisait à l'époque, il est possible de taper directement sur une zone de l'écran pour que le jeu sélectionne de lui-même le verbe le mieux adapté à la situation. Bien heureusement, ce raccourci n'est pas la solution miracle au moindre problème puisque l'interface choisit en général le verbe "observer" qui ne résout pas forcément les puzzles à notre place. Les énigmes, elles aussi, renvoient directement à la grande époque. Fester partage son temps entre la collecte et l'utilisation d'objets, et les dialogues avec son entourage. Les conversations sont généralement là pour donner des indices sur la suite des événements mais peuvent aussi ouvrir de nouvelles pistes pour l'aventure. Le niveau de difficulté général n'est pas spécialement élevé, tout reste très abordable, à condition toutefois de maîtriser, ou du moins de comprendre l'anglais puisque les textes ainsi que l'interface de Fester Mudd sont uniquement proposés dans la langue de Clint Eastwood. A ce propos, le jeu est dénué de toute voix.

De l'humour et des pixels. Que demander de plus ?

Test Fester Mudd : Curse of the Gold - Episode 1 : A Fistful of Pocket Lint iPhone/iPod - Screenshot 8N'insistez pas, la potion de vie ne sert à rien. On ne meurt pas dans Fester Mudd.

Nous venons de le voir, les bases sont donc toutes réunies pour nous replonger dans le trip rétro des point and click classiques. Reste à vérifier si la formule fonctionne et surtout si Fester Mudd parvient à trouver sa propre personnalité. La réponse est oui, tout fonctionne à merveille, et oui, Fester Mudd se débrouille pour renvoyer à des bases connues tout en gardant un style très personnel. Aussi surprenant que cela puisse paraître, Fester Mudd : Curse of the Gold se montre ainsi digne de ses ambitions et tient parfaitement ses promesses durant l'ensemble de l'épisode. A défaut d'être profonds, les personnages sont drôles et donnent lieu à des dialogues que l'on prend plaisir à suivre, avec quelques jeux de mots que les anglophones pourront savourer. L'écriture est assez fine, mais présente toutefois deux ou trois grossièretés qui trahissent un peu le jeune âge du titre. Dans les années 90, le langage ordurier ne serait pas passé ou aurait été remplacé par des caractères amusants à l'écran. En dehors de cela, Fester est un héros loser comme on les aime. Benêt mais pas forcément idiot, il n'hésite pas à lancer des remarques sarcastiques qui font généralement mouche. Les références (aux jeux vidéo, au cinéma, aux séries télé, etc.) sont nombreuses et plutôt bien vues. On se surprend souvent à sourire, voire à rire de la bêtise des situations et des solutions offertes, ce qui est évidemment un avantage indéniable pour l'affect porté au titre. Le résultat est donc plus que satisfaisant pour ce début d'aventure, ce qui nous pousse évidemment à attendre avec grande impatience les deux autres épisodes.

Si rien ne s'affiche après plusieurs secondes d'attente :

Les notes

S'attaquer aux grands classiques de l'aventure, même pour leur rendre hommage, c'est se confronter à un terrible niveau d'exigences de la part des fans. Mais il faut se rendre à l'évidence, que ce soit au niveau de l'humour, des énigmes, ou même de la réalisation datée comme il le faut, Fester Mudd : The Curse of the Gold remplit parfaitement son contrat et se montre à la hauteur de ses modèles de l'époque. Certes, il manque un petit grain de folie qui le distingue des jeux LucasArts, mais ce serait une erreur de ne pas se laisser tenter par ce titre qui a finalement tout ce qu'il faut pour plaire aux amateurs du genre.

Les plus

  • Un hommage réussi aux point and click de la grande époque
  • L'interface indémodable à la LucasArts
  • L'humour omniprésent
  • Les nombreuses références
  • Fester est un personnage plutôt attachant
  • Les énigmes bien dosées

Les moins

  • Tout en anglais
  • Les quelques gros mots passent mal
  • Seulement 3 heures de jeu pour ce premier segment
  • Un western un peu terne

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