Test Final Fantasy IV- PlayStation

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Six ans après sa venue sur Super NES, Final Fantasy IV débarque sur la Playstation. Pour rappel, le titre avait marqué les mémoires par sa volonté d'approfondir scénario et personnages, sans oublier l'apparition révolutionnaire de l'Active Time Battle. Pour cette version, Squaresoft nous sert là un banal portage sans réelles nouveautés.

Final Fantasy IV

Final Fantasy IV est le tout premier épisode de la série à sortir sur Super NES, et sûrement celui qui a apporté le plus pour les épisodes suivants. Grâce à son scénario plus abouti et un système de combat plus pertinent, le titre a marqué un réel tournant pour la série. Vous débutez ainsi le jeu dans la peau du chevalier noir Cecil, commandant de la flotte aérienne du royaume de Baron. Loyal et obéissant, Cecil a la lourde tâche de récolter tous les cristaux du monde et de les ramener à son roi. Mais le chevalier finit par prendre conscience de la cruauté et du non-sens de sa quête, qui ne se résume finalement qu'à voler les biens de peuples pacifistes. De retour de sa dernière campagne, Cecil se permet donc de demander une explication au suzerain, ce qui lui vaut d'être démis instantanément de ses fonctions. Le roi lui octroie tout de même une ultime mission afin de se racheter, qui consiste à amener un paquet dans un village aux alentours. Les choses ne tournent pas comme prévu, la mission entraîne de tragiques événements et Cecil remet totalement en question ses choix et ses principes. C'est ainsi que débute une longue quête rédemptrice pour le chevalier noir.

Test Final Fantasy IV PlayStation - Screenshot 44Cecil parcours les airs à la recherche des cristaux.

Et c'est bien autour de ce personnage clé que la trame du jeu s'articule. Malgré le nombre conséquent de protagonistes que le joueur est amené à rencontrer, Cecil reste vraiment le personnage le plus charismatique de cet épisode. La série nous propose enfin un héros guidé par ses émotions, continuellement en proie aux doutes, et qui ira finalement jusqu'à renier l'homme qu'il incarne en début de jeu. Les différentes personnes qu'il croisera durant son voyage ne restent pas étrangères non plus à son changement, puisqu'elles possèdent également toutes une personnalité qui leur est propre et qu'elles partageront étroitement le destin de notre héros. Entre amour, amitié, rivalité et sacrifice, Cecil demeure un héros en constante recherche de soi et qui devra parfois faire des choix difficiles pour son entourage et lui-même.

Test Final Fantasy IV PlayStation - Screenshot 45Cecil ne se retrouvera jamais seul durant sa quête.

En parlant de sacrifice, il faut bien avouer que cette notion reste omniprésente dans le jeu. Voire un peu trop, puisque la dimension tragique de ce volet est vraiment trop poussée et par moments même exagérée. Cela n'empêche pas à côté d'avoir affaire à quelques passages plutôt amusants, notamment certains combats totalement ridicules et loufoques. La dynamique de jeu est également accentuée par le fait que votre équipe ne reste jamais très longtemps la même. Souvent, et dans le cadre même du scénario, certains personnages s'en vont temporairement ou définitivement, ce qui influe sur la tournure des dialogues et également du gameplay puisque chaque protagoniste possède sa propre façon de combattre. En somme, tout est donc fait pour maintenir le joueur dans une immersion totale et ne laisser aucun temps mort durant son aventure. Néanmoins, et au final, les dialogues restent souvent des plus sommaires.

Test Final Fantasy IV PlayStation - Screenshot 46L'Active Time Battle permet aux ennemis et à votre équipe d'attaquer en même temps.

La nouvelle dynamique est aussi confirmée au niveau des combats qui marquent l'apparition de l'Active Time Battle, plus connue sous l'appellation de jauge ATB. Ce nouveau système fait son entrée dans la série, et change radicalement la dimension stratégique des affrontements. En effet, auparavant le joueur devait choisir toutes les commandes à lancer à chaque début de tour, le rendant spectateur durant l'affrontement en lui-même. Dorénavant, le joueur et les ennemis peuvent agir dès que leur jauge est remplie (notez qu'elle sera encore invisible pour le moment), rendant les combats beaucoup moins statiques et plus propices aux retournements de situation. Cela marque aussi l'apparition de temps d'incantation pour les magies et compétences, dont la vitesse dépend des statistiques de votre personnage. Il en va d'ailleurs de même pour la vitesse de remplissage de la jauge d'ATB.

Test Final Fantasy IV PlayStation - Screenshot 47Le nombre conséquent d’ennemis peut vite devenir une plaie.

Malgré ces changements, le joueur prendra vite pour mauvaise habitude de fuir les combats en raison d'une cadence de rencontres aléatoires vraiment mal réglée et trop abusive. Résultat, le début du jeu est franchement corsé lorsque l'on fait continuellement face à des hordes d'adversaires alors que l'on ne possède qu'une toute petite équipe faible et sans ressources. Comprenez bien que lors d'expéditions au travers d'un donjon, le joueur aura plus tendance à préserver ses forces en fuyant chaque rencontre plutôt que de cumuler les combats pour se retrouver à court d'objets et de magies face au boss. Cependant, cela reste à double tranchant puisque tôt ou tard, le fait de ne pas s'entraîner trouvera des répercussions lorsque votre équipe fera face à des monstres bien plus forts encore. Surtout que le fait de fuir vous fait perdre quelquefois un certain pourcentage de votre argent total, un comble lorsque l'on essaye justement de préserver ses items et son argent. Heureusement, il existe des emplacements spécifiques dans chaque donjon, qui permettent de sauvegarder et de se restaurer. Cela passe par l'utilisation d'une tente ou d'une cabane, deux items pouvant s'acheter très facilement dans différentes villes. Ainsi, le leveling le plus pertinent reste de cumuler les affrontements près de ce genre de zones afin de se soigner totalement quand bon vous semble.

Test Final Fantasy IV PlayStation - Screenshot 48Aucune amélioration graphique entre les deux versions.

Du point de vue de l'évolution de votre équipe, on notera que ce volet reprend de nouveau le système de MP et que les sorts ne s'achètent plus. Les personnages aptes à l'utilisation de la magie gagnent de nouveaux sorts simplement en montant de niveau. De plus, les personnages possèdent également une compétence qui leur est totalement propre et qui découle de la classe qu'ils représentent. A l'exemple de Rydia l'invocatrice, qui possède toute une panoplie d'invocations et dont la liste s'étoffera d'ailleurs au fil de l'aventure. Quelques-unes d'entre elles font même office de quêtes secondaires, impliquant généralement un dur combat pour chacune. En conclusion, Final Fantasy IV est, et restera un épisode réussi et qui se savoure pleinement. La fin demeure d'ailleurs vraiment prodigieuse, puisque marquée par d'étonnantes et surprenantes révélations auxquelles le joueur ne s'attend vraiment pas. On regrettera cependant que ce portage Playstation n'apporte rien de plus que la version Super NES, si ce n'est de bien maigres cinématiques.

Zashy (contributeur de jeuxvideo.com), le 08 mars 2012

Les notes

  • Graphismes 13/20

    Au vu des capacités de la Playstation, on aurait quand même espéré un peu plus qu'un banal portage simplement agrémenté de cinématiques à l'intérêt plus que douteux. Ce n'est pas comme si la version Super NES était de base une perle visuelle, loin de là.

  • Jouabilité 14/20

    Le début est franchement dur, car l'équipe que l'on nous propose alors reste tout de même vraiment faible et peu de moyens s'offrent à nous. De façon plus générale, la difficulté typique des Final Fantasy se ressent nettement à certains passages et la cadence des rencontres aléatoires en devient vraiment intempestive. La dernière ligne droite du jeu, extrêmement dure, pourrait même venir à bout des plus téméraires. On en occulterait presque la grosse nouveauté que constitue l'Active Time Battle, un système intelligent qui prend la place du banal tour par tour en permettant dorénavant à votre équipe d'attaquer en même temps que les ennemis.

  • Durée de vie 16/20

    Le jeu a de quoi vous tenir en haleine d'un bout à l'autre de l'aventure. Même si certaines traversées de donjons se révèlent plus laborieuses qu'amusantes, le scénario en lui-même retient le joueur et le pousse à poursuivre coûte que coûte l'incroyable destinée offerte à Cecil. Outre la vingtaine d'heures de jeu nécessaire à l'aboutissement de cet opus, vous aurez à côté quelques quêtes annexes vous permettant de récupérer différentes invocations optionnelles.

  • Bande son 17/20

    Le thème de la mappemonde reste sans doute le plus beau jamais composé jusque-là par Nobuo Uematsu. Une mélodie totalement enivrante, qui demeure absolument magnifique et apaisante. La bande-son en général n'en reste pas moins sublime, la qualité des thèmes étant toujours aussi impressionnante.

  • Scénario 17/20

    Square parvient enfin à placer le joueur au cœur d'une histoire digne de ce nom. Entre espoir, bonheur et mésaventure, vous partagerez le destin grandiose de Cecil, un héros malgré lui tout aussi torturé physiquement que mentalement. Toujours soutenu par ses amis, son aventure le mènera sur des terres célestes où une troublante vérité lui sera apprise. Une vérité qui ira même jusqu'à remettre en cause tout ce que le joueur a vécu auprès de lui.

  • Note Générale16/20

    Final Fantasy IV est réellement le tout premier volet de la saga à proposer une aventure bien plus profonde et humaine. Cependant, et malgré les qualités évidentes du titre, on ne peut que pointer du doigt ce portage pur et dur de la version Super NES. En l'absence de nouveautés, passez donc votre chemin si vous avez déjà goûté à la version d'origine.

    La note de la rédaction est une appréciation de la qualité générale du jeu, mais n'est pas une moyenne arithmétique des différents critères.

  • Note Lecteurs 16/20

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