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Test : Bioshock
PC

Si le nom System Shock ne leur appartient plus, les développeurs d'Irrational Games n'ont pas été dépossédés de leur talent, ni de l'héritage de leur oeuvre. S'ils ont créé une fois un jeu d'anthologie, ils prouvent qu'ils sont capables de réitérer l'exploit.

Dans les années 60, un avion se crashe au-dessus du Pacifique. Vous, héros anonyme, en êtes le seul survivant et aurez à surnager dans les flammes qui embrasent l'océan jusqu'à un phare planté au milieu de nulle part. A l'intérieur, un bathysphère semble vous avoir toujours attendu, bercé par une version instrumentale de La Mer de Charles Trenet pour vous conduire au sein de Rapture, Atlantide moderne et terrifiante. Rapture est née des rêves délirants d'Andrew Ryan, un mégalomane milliardaire qui bâtit cette cité sous-marine et utopique au lendemain de la Seconde Guerre, un lieu où il pourrait faire vivre sa propre philosophie de l'existence, loin de la morale religieuse, des guerres, du capital et du communisme. Dans ce monde clos, la science a pris d'étranges directions inspirées par l'étude des fonds marins et la découverte de l'Adam, une substance sécrétée par une sorte de limace. Grâce à l'Adam, l'humanité évolue, se transforme, jusqu'au jour où Ryan et un dénommé Fontaine finissent par se livrer une véritable guerre civile pour son contrôle, guerre qui ravagera Rapture et la changera en une cité peuplée d'humains totalement fous, déformés par l'abus d'Adam, en quête d'une nouvelle dose. Les ressources d'Adam seront détruites dans l'affaire, amenant un ancien scientifique nazi à créer les Petites Soeurs, fillettes conditionnées au corps altéré chargées de ponctionner les résidus d'Adam sur les « anges », les cadavres.

Sauver ou tuer les Petites soeurs, une décision d'importance qui prend le joueur à parti.

Très vite, vous serez amené à expérimenter le pouvoir de l'Adam et des plasmids, les modifications spécifiques que vous pouvez apporter à votre anatomie, des transformations nombreuses. De différents types, le nombre de plasmids que vous pouvez transporter simultanément évoluera avec votre progression. Les plus importantes sont les plasmids vous offrant de véritables pouvoirs. Geler vos adversaires, incinérer tout ce qui vous entoure, invoquer une nuée d'insectes, créer des pièges tourbillonnants, tromper les systèmes de sécurité ou projeter des éclairs électriques sont parmi les possibilités qui vous sont offertes. D'autres aptitudes sont toutefois rendues accessibles par l'usage de l'Adam, renforcer sa condition physique de multiples manières, développer des capacités défensives comme ce champ électrique qui frappe tous ceux qui tentent de vous toucher, améliorer sa perception etc. Libre à vous de progresser selon votre bon vouloir, même d'acquérir plus de plasmids que vous ne pouvez en utiliser puisque vous trouverez régulièrement des machines permettant de réassigner vos modifications. Et puisqu'on cause de modifications, vos armes elles-mêmes pourront être améliorées ou nourries de munitions spéciales et il sera également possible, sur les bornes U-Invent, de créer des objets à partir de matériaux glanés çà et là.

Des bornes permettent d'améliorer vos armes gratuitement.

Pas de doutes, les plasmids sont plaisantes. En jouant avec l'électricité, on assommera nos adversaires de façon encore plus efficace s'ils sont assez imprudents pour marcher les pieds dans l'eau, le feu se répandra pour sa part rapidement et on sera bien avisé de noter la présence de flaque d'huile ou d'autre matière inflammable au cours d'un affrontement. Les plasmids vous offrent les moyens, à vous d'être suffisamment réactif pour en profiter au bon moment. Bien sûr, pour jouir de tout ceci, il faudra s'approvisionner en Adam, or la seule source encore valable pour ce faire sont les Petites Soeurs, malheureusement gardées par les Big Daddys, les Protecteurs en français (et non les gros papas). Les Protecteurs sont des humains, génétiquement modifiés, abêtis et enfermés dans un énorme scaphandre. Ils ne vivent que pour protéger les Petites Soeurs. Autant vous prévenir, les « monsieurs P » sont costauds, nettement plus vifs qu'ils ne le paraissent et doivent absolument être éliminés si on souhaite approcher les Petites Soeurs. Pour y parvenir, il faudra se montrer rapide et se magner de trouver une solution pour venir à bout de la bête en associant les bonnes actions à notre disposition au moment du combat. Une fois le gros papa écarté, il vous restera encore à faire un choix moral. Pour récolter l'Adam, vous aurez à choisir entre l'obtenir en totalité, en tuant la Petite Soeur (160 unités) ou n'en gagner que la moitié en la sauvant de son état de fillette des enfers. Cette décision a non seulement une implication morale, mais également des conséquences sur le gameplay et la suite du jeu, d'ailleurs, la perte en Adam pur sera compensée par des cadeaux offerts par... Vous verrez bien par qui. A vous de juger.

Si vous ne leur faites rien, les Protecteurs ne feront même pas attention à vous.

Il est donc facile de pointer l'aspect RPG de Bioshock qui réside dans l'évolution du personnage et qui rappelle bien le passé des développeurs marqué par des jeux comme System Shock ou Deus Ex. Pour autant, n'allez pas croire que Bioshock fasse l'impasse sur son optique FPS, le titre regorge de phases de combats qui peuvent s'avérer corsés, très nerveux et très bourrins pour peu qu'on monte un brin le niveau de difficulté. On regrettera pourtant à ce titre le peu de variété des ennemis et leur manque de jugeote rattrapé par leur agressivité. La plupart du temps, ils se contenteront de foncer droit vers vous en hurlant, leur seule marque d'intelligence, convaincante ceci dit, résidant dans leur aptitude à rejoindre des postes médicaux pour se soigner ou à plonger dans l'eau lorsqu'on les attaque par le feu. De temps à autre, des variantes plus résistantes que la normale viendront également vous compliquer un peu la tâche. Mais dans la plupart des cas, le modus operandi du joueur restera inchangé, alterner attaques plasmids et armes conventionnelles sur des adversaires qui encaissent de plus en plus de coups. Le résultat est passablement primaire mais bigrement efficace. Dommage que les pièges qu'il est possible d'installer ne soient finalement qu'une option très peu utilisée, faute de réellement convaincre de son efficacité. Plutôt bourrins, les combats ont pourtant du mal à faire monter le niveau de stress pour une bonne et simple raison : Bioshock adopte l'école Prey du non game over. En cas de décès, vous irez ressusciter non loin de là dans une cuve spécialement conçue et l'ensemble des dégâts infligés aux ennemis seront conservés. En somme, la pénalité ne réside que dans l'obligation de faire quelques pas. Le challenge en prend un sacré coup.

Rapture, tout le confort moderne, de l'usine au salon de thé en jardin.

Si les phases d'actions de Bioshock sont alléchantes, sachez que ce n'est néanmoins pas sa plus grande qualité. Bioshock est un FPS certes, mais c'est également un jeu d'aventure et d'exploration. De prime abord, on se trouve en face d'un titre des plus linéaires, avec des objectifs clairs et précis et qui propose même de nous guider à travers la ville grâce à une flèche de quête nous conduisant droit vers le point visé. Malgré tout, absolument rien ne vous empêche de quitter les rails pour explorer les nombreux recoins de Rapture et profiter pleinement de l'ambiance exceptionnelle de Bioshock avec son design entremêlant une variation de l'esthétique des années 50 à des éléments de science-fiction, le tout sous une couverture de système D et de bricole d'ingénieurs débrouillards. Fréquemment, vous traverserez des zones où la musique des années 50 résonne encore, vous admirerez des affiches dans le plus pur esprit de l'époque ou pourrez écouter des messages de propagande. De manière générale, Bioshock profite de l'une des meilleures bandes-son qu'on ait entendue depuis des lustres. Entre vieux jazz crachoté sur d'antiques haut-parleurs et thèmes symphoniques, se glissent les chuchotements ou les hurlements des chrosomes et le son de l'eau, omniprésente dans le jeu. De plus, si on aurait tendance à penser qu'une cité sous-marine manque de variété architecturale, on se trompe, du coeur énergétique de la ville à son marché en passant par une forêt l'alimentant en oxygène ou encore son quartier de loisirs, Rapture est vaste et riche. C'est déjà un petit bonheur d'explorer pour admirer, mais chacun y trouvera son compte. En farfouillant, vous tomberez sur quantité de journaux enregistrés, de comptes-rendus et autres mines d'informations sur le monde de Rapture, souvent en rapport avec sa déchéance racontée par des hommes et des femmes aux rêves brisés. Vous en saurez plus sur les expériences menées ici-bas, sur Ryan et même sur d'autres sujets dont je ne parlerai point pour des raisons évidentes. Et le contenu des ces témoignages audio sera souvent dur, très dur. Ne perdez pas de vue que Bioshock est un jeu dont l'intérêt réside sans l'ombre d'un doute dans son ambiance et son scénario, pourvu d'un bon retournement des familles venant introduire le grand final. Et pour s'assurer de ne jamais briser l'immersion, le jeu ne contient aucune cinématique, la totalité du scénario étant dévoilée par les comptes rendus vocaux ou des communications radios. Bioshock n'est pas simplement immersif, il est intrigant, quant à Rapture, si on la croit abandonnée, elle est en fait bien vivante.

Les notes
  • Graphique 19 /20

    On ne parlera même pas des considérations techniques, le design suffit à lui seul à nous faire oublier le reste. Rapture expose son esthétique années 50 ayant évolué en vase clos vers une abomination scientifique, on reste scotché par cette approche totalement inédite et enfin originale dans un FPS.

  • Jouabilté 18 /20

    Le PC a évidemment l'avantage du clavier/souris, plus précis et plus pratique pour la gestion des armes et des plasmids, mais la version Xbox 360 ne pose absolument aucun problème de prise en main.

  • Duree 16 /20

    Tout dépendra de vous, en courant comme un dératé, vous en aurez terminé en 10 heures, si vous jouez le jeu de l'exploration, on atteint la petite vingtaine.

  • Son 19 /20

    Avec une excellente VF, même si la VO reste un cran au-dessus, une ambiance sonore à tomber et des thèmes musicaux simplement excellents, la bande-son de Bioshock entre dans le panthéon ludico-musical.

  • Scénario 19 /20

    Ambiance, design, scénario, Bioshock repose sur ces 3 bases bien plus que sur son gameplay. Allant puiser son inspiration là où ne se tournent pas les autres studio, Irrational livre un jeu nanti d'un univers réellement original dont on a du mal à sortir.

Il est vrai que l'IA n'est pas au top du top, il est vrai que si on court bêtement la durée de vie chute, que le système de résurrection est un peu trop laxiste, il est blablabla... Quelques arguments qui ne valent que si on s'obstine à comparer Bioshock aux autres FPS en lui refusant le fait que, à l'image de son ancêtre System Shock, il vaut pour lui seul. Alors au diable les critères idiots, froids et objectifs, Bioshock est envoûtant, une pièce d'art qui se savoure non seulement comme un excellent jeu mais même comme un excellent bouquin narrant la déchéance d'une utopie. Et ça, c'est encore trop rare.

Profil de Dinowan
L'avis de Dinowan
MP
Journaliste de jeuxvideo.com
29 août 2007 à 18:00:00
19/ 20
Lecteurs Jeuxvideo.com
L'avis des lecteurs (720)
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18/ 20
Mis à jour le 29/08/2007 Voir l'historique
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