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Test : Splinter Cell Double Agent
PS3
Splinter Cell Double Agent
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L'avis de hiro
MP
Journaliste jeuxvideo.com
02 avril 2007 à 18:00:00
18/20

Lecteurs Jeuxvideo.com
L'avis des lecteurs (108)
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16.5/20
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Ces derniers mois, nous avons pris l'habitude de voir Sam Fisher jouer sur tous les tableaux. Et ce n'est pas aujourd'hui qu'il fera faux bond à sa nouvelle réputation. Après avoir trimballé son mal-être sur toutes les consoles de la galaxie, il n'est donc guère surprenant de le voir s'infiltrer sur Playstation 3 et rassurez-vous, il n'a rien perdu de sa superbe.

Splinter Cell Double Agent

Si comme Hibernatus, vous avez effectué un petit stage dans le freezer familial et n'êtes pas au fait des dernières aventures de Sam Fisher, laissez-moi vous rafraîchir la mémoire. Sam Fisher donc, héros attitré de la série des Splinter Cell qu'on ne présente plus, était jusque-là l'arme ultime d'Echelon 3, une branche particulièrement mystérieuse de la NSA. Envoyé aux quatre coins du globe pour approcher, identifier et souvent détruire les réseaux terroristes les plus dangereux, Sam en a vu de toutes les couleurs, mais il était sans doute bien loin d'imaginer que sa plus terrible épreuve serait d'apprendre la mort de sa fille. Fou de douleur, Sam s'en remet plus que jamais à son travail et accepte la mission la plus dangereuse de sa carrière : infiltrer la James Brown Army, un réseau extrémiste implanté sur le sol même des Etats-Unis. Echelon 3 orchestre donc la déchéance de son meilleur agent et l'envoie dans un pénitencier d'état, afin qu'il aide un membre de la JBA à s'évader et rejoigne du même coup le réseau clandestin. Sam, pour la première fois, va se faire agent double et devra travailler au coeur d'une organisation terroriste tout en évitant de faire naître les soupçons. A l'instar du dernier film de Micheal Mann, Miami Vice, ce Splinter Cell met en scène un agent que va devoir travailler en titillant les frontières de la légalité, un agent qui sera souvent confronté à des choix cornéliens. La morale, la fidélité à ses employeurs et à son pays, le devoir de tout faire pour protéger sa couverture, tout est là pour tirailler l'homme de pixels, et donc le joueur, et c'est en cela que la série des Splinter Cell trouve ici un nouveau souffle.

Splinter Cell Double Agent
Et oui mes petits gars, je suis derrière vous !
La trame de ce dernier Splinter Cell s'avère donc plus sombre que dans les précédents épisodes, et les développeurs se sont fait un plaisir de jouer sur l'ambivalence de la situation. L'occasion de changer quelques-uns des aspects les plus emblématiques de la série, comme par exemple l'incroyable importance des différents modes de vision. Ici Sam n'est plus systématiquement en contact avec Lambert, son mentor et guide à Echelon 3, et il ne disposera pas non plus de toute la technologie dont il bénéficiait précédemment. Beaucoup de missions vous laisseront donc vous adonner aux joies de l'infiltration, sans que vous puissiez profiter de la vision nocturne, thermique ou électromagnétique. Souvent, seuls vos beaux yeux de biche vous serviront à explorer et appréhender votre environnement. Un environnement qui lui aussi a subi quelques modifications. Ainsi, Sam devra évoluer dans des lieux plus ouverts et variés que par le passé. Et si auparavant, une seule possibilité ou un seul chemin s'érigeait en solution absolue pour surmonter une situation, Splinter Cell Double Agent vous en offrira souvent plusieurs, et ce dès le deuxième niveau. N'étant pas fan de sauvegardes, qui soit dit en passant, sont assez longues à effectuer dans le jeu, je me suis souvent pris à recommencer un même passage en changeant complètement d'approche.

Splinter Cell Double Agent
Sam ne dépareille pas trop en prison.
Si vous prenez le temps de détailler votre environnement, vous aurez peut-être le plaisir de trouver de nouvelles options, comme un tuyau à escalader, une bouche d'aération qui traîne, ou encore un ascenseur bien moins discret. Ce ne sont donc pas les possibilités qui manquent. Attention tout de même, Splinter Cell Double Agent reste assez linéaire, ne comptez donc pas faire comme bon vous semble. Mais quoi qu'il en soit, vos neurones et votre sens de l'observation seront peut-être encore plus sollicités que par le passé. Enfin, pour accompagner la fin de l'hégémonie imposée par les différents modes de vue, notez que Sam qui d'habitude aime à faire de l'obscurité son alliée, devra parfois opérer en extérieur, et de jour. C'est là qu'il faudra plus que jamais apprendre à utiliser ce qui vous entoure, à sauter de couvert en couvert, pour éviter la confrontation avec des gardes un peu plus réactifs que par le passé...

Splinter Cell Double Agent
Les mini-jeux sont toujours présents et permettent de crocheter des portes ou de pirater des ordinateurs.
Les missions de Splinter Cell Double Agent sont donc variées et vous permettront de découvrir diverses facettes de l'infiltration. Mais des différents environnements que vous aurez à traverser, c'est sans doute le quartier général de la James Brown Army qui s'avérera le plus intéressant. Pourquoi ? Car c'est lui qui permet de donner tout son sens à la notion d'agent double avancée par le jeu. Le QG se divise en de multiples zones, dont la plupart sont en fait interdites à Sam qui doit se cantonner à faire ce qu'on lui demande, qu'il s'agisse d'assembler des mines, de décrypter un e-mail ou bien de s'entraîner au tir. A chacun de vos passages au QG, un membre de la JBA vous confiera donc une ou plusieurs tâches, lançant alors un chronomètre de 25 minutes au terme desquelles, quoi qu'il arrive, vous devrez être là où on vous a laissé. Mais pendant ce temps-là, il ne va pas falloir chômer. Comme dans l'ensemble du jeu, pratiquement tous vos objectifs sont facultatifs, à l'exception de quelques-uns dont l'échec se veut éliminatoire. Au cours d'une mission au QG, il vous faudra donc accomplir la tâche spécifiée puis consacrer du temps à l'exécution d'objectifs d'espionnage que vous pourrez choisir parmi une liste, à moins que vous ne décidiez de tous les remplir. Pirater un serveur, moucharder une liaison radio, obtenir des preuves visuelles d'un attentat, les missions sont multiples, mais toutes risquées car exigeant de vous rendre dans les zones interdites. Promenade qui en sus d'exiger de se fournir un scan d'empreintes digitales ou vocales, vous fera prendre le risque d'être surpris, avec pour conséquence, au mieux d'être reconduit, au pire d'être démasqué. Et c'est clairement dans le QG que l'on comprend toute la difficulté qu'il y a à jouer les taupes, car contrairement aux autres missions, si vous croisez un quidam, pas question de l'assommer, vous êtes fait comme un rat. D'où l'importance de savoir mesurer les risques que l'on prend. Et sans jamais oublier qu'il faut être là où on nous a laissés quand on viendra nous chercher. Car de tout ceci dépend la confiance qu'on nous accorde.

Splinter Cell Double Agent
Profitez bien de la vision nocturne !
Ainsi donc, pour chaque mission de ce dernier Splinter Cell, la JBA tout comme la NSA vous confieront chacune des objectifs, souvent facultatifs, mais dont la réalisation, ou pas, influera sur la confiance que chacun des deux camps vous accorde. Deux jauges vous permettront d'ailleurs de vous situer et de savoir si vous effectuez bien votre boulot. Si vous tendez à privilégier les missions de la JBA, toujours immorales, la NSA finira par vous soupçonner d'avoir définitivement changé de camp et inversement, si vous cherchez à nuire à la JBA, vous risquez fort de perdre votre crédibilité auprès des terroristes. Si le jeu ne vous lâchera pas de gros «Game Over» tonitruant au visage (à moins que vous décédiez, bien sûr), laisser une de ces deux jauges se vider complètement mettra fin à la partie. A vous donc de choisir vos objectifs pour satisfaire tout le monde, et ça, croyez-moi, ce ne sera pas de tout repos. Dans l'ensemble, ces mécanismes sont plutôt bien intégrés au jeu et ils influeront intelligemment sur le déroulement de l'aventure dans son ensemble, même si à l'occasion on se sentira étonnamment frustré de la rigidité avec laquelle le sujet est traité. Alors que vous vous trouverez parfois relativement libre de vaquer à vos occupations d'agent double, il arrivera au contraire qu'un pas de trop, littéralement, fasse diminuer votre jauge de confiance. Ainsi, lorsqu'un terroriste vous incitera à le suivre, je ne saurais que trop vous suggérer de lui filer le train comme un fidèle toutou, car si vous vous laissez distancer de plus de trois mètres, vous verrez avec désespoir votre jauge de confiance diminuer d'autant. Et quand on considère à quel point il faut mascagner pour la maintenir à un niveau raisonnable, vous saisirez là la mesure de mon agacement.

Splinter Cell Double Agent
Un de vos premiers dilemmes en tant qu'agent double.
Cela dit, Splinter Cell Double Agent parvient avec succès à créer un climat de tension constant et particulièrement insidieux. Le jeu aime notamment vous mettre dans des situations vicieuses : choisirez vous de tuer un otage, ou de l'épargner ? Ce Splinter Cell est donc plus ouvert, plus prenant, et scénaristiquement mieux ficelé que les précédents opus. Mais malgré les louanges, Double Agent connaît toutefois quelques chutes et inégalités avec des passages parfois moins réussis que d'autres. Ainsi, si la mission de Shanghai est par exemple un sans-faute, celle de Kinshasa, à trop vouloir casser les codes de la série, abuse parfois. Se déroulant en plein jour, comme celle de Cozumel, elle souffre avant tout d'un problème de gestion des lumières, trop fortes, elles brûlent les couleurs et le résultat est esthétiquement douteux, mais on lui reprochera surtout certaines séquences bien trop agitées donnant au titre de faux airs de jeu d'action où la carte de l'infiltration devient un challenge presque déplacé. Dans le même temps, d'autres phases de cette même mission sont pourtant un petit bonheur, la furie de l'ambiance de guérilla contrastant juste ce qu'il faut avec l'approche paisible et furtive de Sam. Mais dans ce registre, c'est clairement la fin qui déçoit le plus, malgré un dernier niveau jouissif, les toutes dernières minutes de jeu sont une désagréable déception, sans parler de la mission bonus torchée en 5 minutes. De quoi laisser un goût doux amer. Rien d'impardonnable cependant dans tout ceci et on serait bien mal avisé de se gâcher une excellente campagne solo pour si peu. Une campagne bien évidemment accompagnée par un mode multi que de nombreux joueurs ont déjà adopté sur les autres supports. Il conserve les mécaniques déjà éprouvées dans Chaos Theory avec un mode Spy Vs Merc s'étalant sur 8 cartes et un mode Spy Vs Spy dans lequel deux types d'espions devront faire la différence en ayant recours à un matériel qui leur est propre. On ne trouvera ici que 8 cartes. De quoi prolonger un peu la durée de vie tristement courtaude en solo.

Les notes
  • Graphismes 16 /20

    Quasiment identique à sa consoeur sur Xbox 360, cette version PS3 de Splinter Cell Double Agent affiche des textures fines et détaillées ainsi que des modèles tout bonnement splendides. Pourtant, certains passages laissent un peu à désirer, notamment lorsqu'on ira user ses guêtres à l'extérieur et en plein jour. Notons enfin, que les baisses de framerate qui s'immisçaient impitoyablement dans l'aventure 360 sont toujours de la partie.

  • Jouabilité 18 /20

    Les mouvements de notre agent double sont toujours aussi faciles à réaliser que dans les précédents épisodes, même si les néophytes risquent de s'y perdre un peu au début. Mais la véritable force du jeu est d'instaurer un système de jauges de confiance qui influe sur toutes vos actions et vous les fait découvrir sous un jour nouveau. Notons que les mini-jeux que l'on retrouve toujours dans la série pourront être effectués en usant du système de détection Sixaxis, pour un résultat somme toute anecdotique.

  • Durée de vie 12 /20

    Il faut environ huit heures pour terminer la campagne, ce qui implique ce petit 12 bien cinglant. Cela dit, le jeu offre trois fins différentes. On en n'attendait pas moins d'un jeu malléable qui cherche constamment à faire se refléter vos choix sur le déroulement de l'aventure. Et les plus acharnés d'entre vous pourront bien sûr se jeter sur le mode multi, jouable à 6 sur le net.

  • Bande son 18 /20

    Musiques dynamiques, doublages réussis et dialogues plus riches que dans Chaos Theory se conjuguent pour offrir aux oreilles du joueur une bande-son de grande qualité.

  • Scénario 17 /20

    Un scénario multiforme et adaptable, dans une certaine mesure, est une chose particulièrement agréable. L'aspect purement clinique, technique et froid de l'infiltration à la Splinter Cell laisse ici place à un scénario plus fouillé et prenant qu'à l'accoutumée. Double Agent réussit à vous mettre sous tension tout au long de l'aventure et vous risquez de ne pas en sortir indemne.

Voilà l'occasion d'apporter à votre PS3 flambant neuve un petit Blu-ray de très bonne qualité. Cela dit, sachez que cette version est en tout point identique à ce que vous avez peut-être déjà essayé sur 360. Plus riche, plus varié, Splinter Cell Double Agent parvient surtout à impliquer le joueur dans l'histoire avec plus d'intensité. Vos choix influent sur la tournure que prennent les événements, et votre coeur bat au rythme des fluctuations de ces petites jauges de confiance qui semblent pourtant si anodines. Un très bon moment, mais bien trop court.

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02 avril 2007 à 18:00:00
18/20
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16.5/20
Mis à jour le 02/04/2007
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