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Test : Perfect Dark Zero
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Perfect Dark Zero
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Journaliste jeuxvideo.com
05 décembre 2005 à 18:00:00
11/20

Lecteurs Jeuxvideo.com
L'avis des lecteurs (114)
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13.8/20
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Quel lourd héritage pèse sur Perfect Dark Zero, descendant de l'illustre Perfect Dark qui a laissé son empreinte dans l'histoire du FPS sur consoles. Après une attente interminable et un développement romanesque, Rare livre enfin son bébé. Mais celui qui était annoncé comme le Halo de la Xbox 360 est bien loin de toucher sa cible.

Perfect Dark Zero

Il y a de nombreuses lunes déjà (près de 10 ans), Rare a marqué à jamais l'histoire des shooters sur console, sans doute là où on s'y attendait le moins, sur N64. Avec Perfect Dark et après Goldeneye, le développeur prouvait qu'il était possible de faire des FPS jouables au pad et aptes à séduire les adeptes de la souris. Longuement attendue, la suite de Perfect Dark n'aura pas trouvé son chemin vers les bacs sans difficultés. Démarré sur GameCube, son développement a ensuite dû être transposé sur Xbox avant de finalement atterrir sur Xbox 360. Une histoire complexe qui n'est pas sans conséquences dramatiques sur le jeu.

Perfect Dark Zero
Dans la série : des boss bien lourds.
Comme son nom le laisse entendre, Perfect Dark Zero explore le passé de Joanna Dark, alors qu'elle n'était encore qu'une jeune mercenaire oeuvrant en compagnie de son père. De ses premières missions à la vendetta qu'elle mène contre dataDyne pour venger la mort de son paternel et en passant par sa rencontre avec Carrington de l'institut du même nom, c'est tout son parcours qu'on nous propose de découvrir à travers cette "prequel". Un parcours malheureusement obscurci par un scénario maladroitement narré. Si les cinématiques sont nombreuses, elles n'en sont pas moins confuses, mises en scène de manière poussive et au service d'une trame décousue, à la fois difficile à suivre et peu habile dans sa façon d'introduire les niveaux. Se prendre d'intérêt pour le scénario vous guette autant que de prendre une Xbox 360 sur la tête et il faut bien admettre qu'on a rapidement le sentiment de vivre une aventure qui ne tient que par de grosses ficelles. Un raccommodage qui fait tache à l'heure où les FPS tiennent de plus en plus à la fluidité de leurs enchaînements. Les dialogues parfois ridicules ne feront d'ailleurs qu'ajouter à cette pesante narration.

Perfect Dark Zero
Certains niveaux sont superbes.
Voilà qui est bien dommage car l'univers de Perfect Dark méritait sans doute mieux. Le fan devra alors se rabattre sur le gameplay et une fois de plus constater les dégâts. Clairement, passer son temps à changer la technologie de son jeu pour l'adapter à de nouvelles plates-formes n'a pas laissé à Rare celui de s'adapter à l'évolution des FPS. Perfect Dark a 5 ans de retard, peut-être même 10. Si la confusion règne dans le scénario, les choses sont pires encore dans le jeu. A croire que celui-ci a lui-même du mal à savoir ce qu'il attend du joueur. Si l'infiltration semble vivement conseillée à certaines occasions, notamment par vos propres alliés, force est de constater que jouer cette carte ne fonctionne pas. La moindre erreur à ce niveau s'avère fatale et généralement, on se trouve contraint d'abandonner toute velléité de discrétion en moins de deux. Au moindre pas de travers, l'alerte est donnée et c'est toute une armée qui vous tombe dessus dans la demi-seconde, sans qu'il soit possible de rétablir la situation. Il faut dire que Joanna n'est pas vraiment taillée pour l'infiltration, ne sachant guère que se déplacer accroupie et c'est tout. Ceux qui tiennent absolument à éviter les ennuis en seront quittes pour tenter leur chance avec les nombreux passages alternatifs qui permettent de contourner les menaces, mais ce serait reculer pour mieux sauter.

Perfect Dark Zero
Le rendu de ce filtre n'est pas vilain, en mouvement en tout cas.
D'une manière ou d'une autre, c'est dans l'action qu'on finira, et après quelques déconvenues furtives, on a tôt fait d'apprendre à ne pas écouter les peu judicieux conseils prodigués par Chandra, la fille qui raconte n'importe quoi dans le micro-casque. Alors, on va au contact, franchement. L'une des premières pensées qui vient à l'esprit quand on affronte une bande d'hostiles dans Perfect Dark Zero, peut se résumer comme suit : "mais c'est quoi cette bande de larves ?". Supposé être un fer de lance de la nouvelle génération, le jeu de Rare fait la brillante démonstration d'une I.A. absolument minable. A se demander si les ennemis du jeu original n'étaient pas moins stupides. Uniquement capables de foncer sur vous sans même prendre la peine de baisser la tête, ces sagouins sont en plus résistants comme le roc. C'est souvent tout un chargeur qu'il faut vider pour se débarrasser d'un seul (!) ennemi. Et inutile de préciser qu'ils sont rarement seuls. Noyé sous une mare d'adversaires, le joueur n'a d'autre choix que de tourner virer en faisant feu dans toutes les directions. On notera d'ailleurs que le fait d'être à des centaines de mètres de distance n'effraie pas nos amis les méchants qui vous allumeront de plus belle. Une façon touchante de renouer avec ce plaisant sentiment qu'on croyait disparu des FPS modernes, celui de se faire toucher mais de ne jamais savoir d'où les coups tombent. Evidemment, ce tableau ne serait pas complet si en plus d'avoir besoin de tirer 10 fois sur un ennemi avant de le tuer, on ne précisait pas qu'il faut un temps incroyablement long à Joanna pour recharger son arme et qu'en dépit du côté arcade du jeu, si vous ne relâchez pas la gâchette, cette gourde continue à tirer sans refaire le plein.

Perfect Dark Zero
Certes, elle n'est pas à son avantage, mais avouez qu'il est difficile de nouer un lien avec elle.
En pleine débâcle, le pauvre joueur va souffrir. On peut féliciter Rare sur ce point, les niveaux sont longs, très longs. Seulement ils ne comptent qu'un seul checkpoint et aucun kit de santé. Pour survivre, il faut donc savoir se ménager car Joanna peut encaisser quelques impacts et voir sa jauge de vie se restaurer. Mais n'étant pas immortelle, elle devra pourtant subir un certain nombre de dégâts permanents qu'il ne sera pas possible de soigner. Et c'est là que l'on comprend que les niveaux sont finalement trop longs : quand on meurt comme une buse et qu'il faut tout recommencer depuis le début ou le milieu (mais dans ce cas en perdant toutes les armes et munitions acquises, super !).

Perfect Dark Zero
Le tir secondaire projette un hologramme pouvant servir de leurre.
De la confusion, on en trouve encore ailleurs, dans le level et le game design. Perfect Dark Zero, c'est beaucoup de temps passé à tenter de comprendre ce qu'on doit faire, et où. Réduits à leur plus simple expression, les objectifs sont souvent incompréhensibles et ne comptez pas sur qui que ce soit pour vous filer des indices salutaires, vous éclairant sur la marche à suivre. Avec en plus un level design fouilli, on rame sec pour parvenir à trouver son chemin et finalement saisir ce qu'il nous incombe de faire. On comprend mieux maintenant pourquoi Rare a jugé bon de guider le joueur par un système de grosses flèches apparaissant au bout de quelques minutes d'errance. Autant l'avouer, on se voit souvent dans l'obligation d'attendre leurs venues avant de pouvoir poursuivre, la chose étant le meilleur moyen de s'éviter bien des pas inutiles.

Perfect Dark Zero
Quelques passages en véhicules assez moyens.
Cependant, tout n'est pas bon à jeter dans Perfect Dark Zero. L'imposant arsenal tenu à notre disposition a par exemple de quoi séduire. On retrouvera d'ailleurs avec joie quelques-unes des armes originales de Perfect Dark comme le laptop gun qui peut se transformer en tourelle autonome. Ainsi, chacune des armes possède un tir secondaire qui lui est propre, du bête lance-grenade au projecteur holographique diffusant une Joanna plus vraie que nature. Dommage que le niveau embryonnaire de l'I.A. rende la chose parfaitement caduque. On peut également apprécier la diversité des missions avec quelques traits lumineux comme la protection du père de Jo évoluant au sol pendant que notre fusil de snipe lui offre une couverture. Mais encore une fois : l'intérêt est vite gâché par la lourdeur du gameplay et de l'I.A. La diversité, on la trouve aussi dans le design des niveaux qui ont le bon goût de ne pas se ressembler, mais le mauvais goût d'être souvent architecturalement peu inspirés, à quelques exceptions près. Bref, de-ci de-là se dégagent quelques qualités qui peuvent nous attirer quelques temps et même nous faire prendre un peu de plaisir dans un jeu qui n'est pas sans rappeler des souvenirs aux vieux de la veille ayant connu le jeu original. Le temps de réaliser à quel point le monde du FPS évolue vite sans doute, et que les références d'antan doivent rester ce qu'elles sont : de glorieuses reliques du passé.

Il restera encore le multijoueur pour tenter de redresser la barre, avec en premier lieu le mode coopératif dans lequel deux joueurs peuvent s'entraider sur les niveaux solos. Par ailleurs, c'est à 32 participants que l'on pourra se mettre sur la tête dans des modes hélas un peu simplistes, du CTF, du deathmatch ou encore un mode Assaut pas déplaisant, mais banal. Une fois de plus, Rare déçoit sur un point où l'on attendait bien plus de leur part.

Les notes
  • Graphismes 14 /20

    A boire et à manger dans ce Perfect Dark Zero qui sait profiter de la puissance de la Xbox 360 pour offrir une animation sans faille et une distance d'affichage respectable. Malheureusement, l'ensemble du jeu se pare d'un aspect plastifié qui aurait pu convenir à l'univers s'il ne s'appliquait pas seulement à certaines surfaces mais également aux personnages, à l'eau, à la neige etc. Ajoutons que Joanna a autant de personnalité et d'expressivité qu'une éponge.

  • Jouabilité 12 /20

    Outre son gameplay aux relents préhistoriques, son I.A. fantomatique ou encore sa progression chaotique, Perfect Dark n'est pas exempt de quelques problèmes de maniabilité. La gestion analogique du zoom ou encore celle de l'inventaire peuvent en effet peser sur les nerfs.

  • Durée de vie 10 /20

    Malgré des niveaux longs et pas toujours évidents à boucler d'une traite, 6 à 8 heures suffisent à voir la fin du jeu. Le multijoueur pas transcendant mais amusant, pourra assurer quelques heures supplémentaires.

  • Bande son 13 /20

    Le doublage n'est pas en cause, ce sont les dialogues eux-mêmes qui le sont, trop remplis de stéréotypes et de lieux communs. Le cas de Joanna Dark est particulièrement irritant avec sa façon de pousser des cris de jeune fille effarouchés dès qu'elle se prend un coup. Les thèmes musicaux sont eux-aussi assez moyens.

  • Scénario 9 /20

    Les niveaux ne semblent avoir aucun lien entre eux, ce qui est inexcusable pour un FPS de gros calibre de nos jours. Le scénario est obscur tout en étant simpliste et on se perd dans une trame qui ne nous intéresse pas. Le passé de Joanna Dark méritait mieux que ça.

Rare a signé 2 des plus grands FPS consoles qui soient. Mais aujourd'hui, force est de constater que le développeur a bloqué les compteurs à l'heure de ses succès passés. Sans doute trop occupé à recoder sans cesse son jeu pour de nouvelles machines, Rare n'a pas dû voir que les FPS ne l'ont pas attendu pour tourner la page Perfect Dark, du coup, sa suite a 10 ans de retard sur la concurrence et se coltine d'impardonnables lourdeurs.

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05 décembre 2005 à 18:00:00
11/20
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Mis à jour le 05/12/2005
Xbox 360 FPS Microsoft Rareware
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