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Test The Warriors sur Xbox du 24/10/2005

Test : The Warriors
Xbox

Contributeur

Dans la rue, de nombreuses choses arrivent, jour après jour. Transcription de la société dans ses extrêmes, l'ambiance de la vie quotidienne au sein du bitume, des trottoirs et des places désertes peut prendre divers visages. Certains jouent, s'imaginent des histoires, définissent un futur dans des rêveries parfois paisibles, parfois rageuses. D'autres en revanche exultent dans la violence, considérant les ruelles et les avenues comme leur lieu de vie, leurs appartenances grise et morose. Du moins, c'est la vision que l'on peut découvrir en se plongeant dans The Warriors, triste état des lieux d'une cité gangrenée, ne vivant qu'à travers une hargne éternelle. Une jeunesse déchirée au tesson de bouteille et lacérée de coups de couteaux moraux s'étend dans les artères sombres de New-York.

C'est donc en cette thématique peu propice à la franche rigolade que se fond le nouveau titre de Rockstar, suivant de près les traces initiées par le film The Warriors se dressant fièrement au début des peu regrettées années 80. Incarnant justement divers membres du gang des Warriors, vous débutez l'histoire à la vision du rite d'initiation d'un nouveau venu, arborant le pseudonyme de Rembrandt. Destiné à devenir le maître incontesté du tag, le jeune homme devra avant tout prouver sa valeur de soldat. En effet, dans ce monde codifié et sauvage, la force brute compte bien plus que les talents prouvés ou non de professionnel du graffiti. La loi réside dans les poings, et demeure le seul moyen réel de remettre en cause des certitudes ou de régler des problèmes. C'est pour cela que vous passerez le plus clair de votre temps à distribuer les frappes et les coups de pieds à de parfaits inconnus, avec la seule idée d'imposer un respect total. Chapitré en missions, le titre estampillé Take 2 se compose donc de façon très linéaire, tout du moins si l'on désire suivre le scénario principal dans les grandes lignes. Effectivement, et ce après seulement quelques zones mises à feu et à sang, vous aurez l'opportunité d'errer relativement librement dans les rues de Coney Island à partir de votre planque. Incarnant le pivot du jeu, cet endroit est en quelque sorte l'équivalent du menu principal, vous offrant diverses voies ludiques sensiblement différentes. C'est en fait ici que vous pourrez choisir de faire un tour en ville sans restriction, de vous entraîner physiquement afin de débloquer du contenu supplémentaire, d'écouter la radio, de discuter avec vos hommes, d'accéder à des épreuves spéciales, de participer au mode baston et enfin de vous rendre dans la mission suivante. Un nombre de possibilités assez surprenant dans le cas d'un beat'em all, mais qui tend vite à s'amenuiser au vu de la richesse palpable de tout ce festival de promesses.

Quelqu'un aurait l'heure ? Non ? Bon ben tant pis...

Simple retranscription des combats classiques du jeu, sans ajouter ne serait-ce que des armes supplémentaires, le mode Baston offre la vision d'une assez grande inutilité, malgré un plaisir suffisamment intense pour tromper l'ennui quelques temps. Car, si le principe n'est pas mauvais en soi, il est dommageable d'une part de ne constater aucune évolution (comme dit ci-dessus) au niveau du gameplay et, surtout, une perte évidente de la tension furieuse existant durant les bagarres de masses soutenues par les environnements inquiétants du mode histoire. La joie ludique s'avère donc toujours fidèle au poste mais ne pouvant être soutenue que par une certaine vacuité. La promenade urbaine semble également suivre ce chemin pavé de bonnes intentions mises en avant à grand peine. Bien que s'avérant le seul mode où la notion de liberté fait son entrée, elle souffre immensément de sa séparation de la ligne principale. Plus précisément, les épreuves de cette catégorie, représentées par des petites missions à la GTA et accessibles en discutant avec certaines personnes, conservent un léger goût d'ajout synthétique. Intéressantes pour la plupart, et changeant agréablement de certains objectifs récurrents de la trame générale, elles nécessitent d'être préalablement débloquées, et ne surviennent souvent qu'en petit nombre dans un espace faussement étendu, donnant plus l'impression de réaliser des challenges sanglants dans une arène que des actions destinées à propulser votre gang dans les sommets violemment respectueux de la ville. Pourquoi ne pas avoir simplement intégré ces sous-quêtes dans le fonctionnement principal du mode histoire, étant donné que certaines y sont déjà présentes ? The Warriors aurait alors pu se targuer de posséder une profondeur ludique remarquable, dépassant aisément n'importe quel beat'em all paru sur consoles 128 bits. Au lieu de ça, le jeu délimite deux aspects qu'il souhaite distincts, amputant l'un d'un renouvellement salutaire, et créant dans l'autre une impression tangible de vide.

Votre planque est le lieu d'où vous pourrez accéder à l'ensemble des modes de jeu

En dépit d'objectifs variant dans la forme, la construction de The Warriors reste alors manifestement fondée sur des règles simples proposant la plupart du temps des enchaînements reposant sur une même architecture. Plus prosaïquement, il vous arrivera souvent de devoir accomplir une tâche, aboutissant à un combat contre une bande rivale, puis clore le "travail" en finalisant cette même tâche. Seules certaines épreuves vous donneront le pouvoir de briser cette routine, injectant dans le soft des instants d'émotions puissantes conduisant à un plaisir ludique plus qu'imposant. J'en veux pour exemple la scène démentielle du pillage d'un quartier entier, où la violence, la folie et l'intensité épique se fondent en un même sentiment. Si seulement cette espèce de délire extatique à la noirceur rageuse avait pu se décanter dans un environnement ouvert. Effectivement, le soft de Rockstar souffre du syndrome Beat Down. Alors que l'on se balade dans divers quartiers plus ou moins mal famés, il est impossible de profiter d'un lieu de promenade ouvert. Vous êtes en fait contraint dans des micro-niveaux, ne dépassant pas quelques pâtés de maisons dans la plupart des cas, et éloignant encore un petit peu plus le côté aventureux du jeu. Une limitation étrange de la part d'un Rockstar pourtant habitué à la mise en forme de gigantesques cités grouillantes. Evidemment, les studios de développement de GTA et de The Warriors ne sont pas les mêmes, mais la simple observation aurait pu suffire à briser cette linéarité. Néanmoins, malgré une certaine redondance globale et des environnements exigus, il est rare de s'ennuyer dans The Warriors. Véritable ode à la hargne et à la furie destructrice, le soft vous place sempiternellement dans une tension palpable, devant faire face à chaque instant à l'instinct de possession et de survie, non seulement de vos rivaux, mais des pauvres hères marchant souvent avec peine. Une ambiance fort glauque se dégage alors de ces rues et avenues sordides, renvoyant aux inquiétantes peintures nocturnes de Fight Club ou à la sublimation de la ville inhumaine de Collatéral. Il suffit alors d'une étincelle pour enflammer les frustrations et la colère.

Voler des autoradios rapporte une somme d'argent non négligeable

C'est d'ailleurs dans ces moments-là que vous devrez faire montre de vos capacités de combattant, révélant d'un côté votre nature agressive et d'autre part l'un des points très nettement positifs du titre. Fonctionnant sur un principe de combos plus ou moins complexes, The Warriors apparaît comme le beat'em all le plus fouillé à ce niveau. Si l'on met de côté les coups "normaux", simples avalanches de frappes sans véritable classe, on découvre alors un gameplay de choix, autorisant un nombre assez ahurissant d'assauts. Vous pouvez, pêle-mêle, saisir un adversaire pour le projeter contre un obstacle, effectuer des attaques combinées, appliquer des menottes, tacler, maîtriser violemment et voler de l'argent par la même occasion ou encore faire appel à une jauge de rage autorisant les altercations létales. Et cela n'est qu'un exemple loin d'être exhaustif de tout ce qu'un guerrier peut faire lorsqu'il s'en sent le courage. De plus, il vous est possible de diriger votre bande en donnant des ordres de façon très intuitive, permettant de gérer de manières diverses des situations requérant un tantinet de réflexion. Le soft se complaît alors dans cette exaltation troublante, fondant l'une des forces du jeu avec son ambiance, mais laissant quelque peu perplexe quant au fond véritable de tout cela. Ouvertement scandaleux de par sa propension à montrer une image éminemment festive de la drogue et de la violence, doublée d'une dénigration de la femme à un point relativement élevé, The Warriors colle parfaitement avec le propos du film d'origine, mais efface tout recul sur le phénomène. Effectivement, tout cela est virtuel et un jeu qui ne serait composé que de paix et de naïveté ne serait pas forcément bon et louable, mais j'ai un tant soit peu l'impression que cet aspect sulfureux flaire la facilité sans rien derrière. Au final, possédant un gameplay détonnant, une ambiance prenante et des moments de folie pure, The Warriors ne parvient tout de même pas à se séparer de défauts handicapants, tant au niveau de la construction que du fond. Un jeu honnête dont il faut se méfier dès que vous lui tournez le dos.

Les notes
  • Graphique 13 /20

    Ne profitant pas vraiment des capacités de sa console hôte, The Warriors semble réutiliser le moteur mis en place pour GTA SA, permettant d'afficher de nombreux détails à l'écran, mais rendant la modélisation des protagonistes relativement simpliste. De fait, on observe des décors convaincants offrant quelques effets vaporeux aidant l'atmosphère à se mettre en place, mais des personnages assez grossiers. Heureusement, l'animation rattrape nettement le tout, s'associant avec une fluidité sans heurt. A noter que cette version Xbox s'avère tout de même plus fine.

  • Jouabilté 14 /20

    Malgré des problèmes importants de caméra et une inertie étrange dans les mouvements, les intervenants de The Warriors se manipulent plutôt correctement, laissant rapidement entrevoir les capacités d'un gameplay à tiroirs. Que ce soit au niveau du système de combat ou des possibilités d'actions générales, le soft de Rockstar peut se targuer d'être l'un des beat'em all les plus complets existants. Reste ensuite malheureusement la construction assez chaotique des missions, hachant littéralement l'action et laissant sur sa faim.

  • Duree 12 /20

    La durée de vie générale ne devrait pas dépasser une quinzaine d'heures, si bien sûr vous choisissez d'effectuer quelques missions secondaires et de rechercher certains objectifs secrets. A noter, la présence d'un mode coopératif augurant de belles bastons amicales, tout en rehaussant la longueur de l'expérience.

  • Son 13 /20

    Certaines compositions à cheval entre la fin des années 70 et le début des années 80 au niveau des sonorités s'avèrent très agréables à écouter, donnant un cachet particulier au titre de Rockstar, permettant de se plonger dans l'ambiance oppressante. Le doublage est quant à lui correct, les voix collant le plus souvent convenablement aux intervenants, même si certaines restent un peu en retrait.

  • Scénario /

    -

Pétri de bonnes idées et arborant une ambiance pénétrante, The Warriors avait tout pour devenir un soft de qualité, redonnant des lettres de noblesse à un genre quelque peu abandonné. Néanmoins, le sort a joué contre lui, et le titre de Rockstar parvient seulement à se maintenir dans la moyenne. Mais plutôt que faire face au destin, The Warriors, à cause d'une construction lacunaire et d'une absence assez troublante de fond, se doit de subir un certain manque d'intérêt à long terme. En effet, le scandale ne suffit pas forcément à fabriquer un bon titre. Honnête mais quelque peu déstabilisant, ce jeu parviendra peut-être à convaincre les nostalgiques du film d'origine.

Profil de Killy
L'avis de Killy
MP
Journaliste de jeuxvideo.com
24 octobre 2005 à 18:00:00
13/ 20
Lecteurs Jeuxvideo.com
L'avis des lecteurs (25)
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17/ 20
Mis à jour le 24/10/2005 Voir l'historique
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