Test Forgotten Realms : Demon Stone- Xbox

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Les Deux Tours, Le Retour Du Roi, 2 titres qui ont fait date dans les mois qui viennent de passer et je ne parle pas du cinéma, mais du jeu vidéo secoué par ces deux beat'em all fracassants. Derrière le strass et les paillettes se cache un studio bourré de talent et qui nous revient avec Demon Stone, un nouveau titre qui saura lui aussi se faire une place dans la ludothèque des joueurs avertis et amateurs de grand spectacle.

Forgotten Realms : Demon Stone

Lancé par son travail avec Electronic Arts sur un licence porteuse, Stormfront n'a plus rien à prouver quand il s'agit d'en mettre plein les mirettes à des joueurs en mal de castagne dantesque. Et il ne faut pas longtemps pour s'en rendre compte lors des premiers pas dans Demon Stone, toutes les bases sont là. On commence par une cinématique présentant l'attaque sauvage d'un malheureux village, en une discrète transition, voilà que l'on est soi-même plongé au coeur de ce combat, guerrier errant venu porter secours aux opprimé, tout ça machin. De suite ça met dans le bain. Encerclé de créatures de la nuit malfaisantes, on va vite comprendre qu'il s'agit maintenant de charcler à tour de glaive. La ressemblance avec Les Deux Tours et sa suite est immanquable, je ne n'appesantirais pas dessus, Stormfront a repris ses astuces (transitions minimes entre cinématiques et jeu, décors imposants, voire monumentaux etc.). Mais ils ont su apporter du neuf et surtout changer de background.

Test Demon Stone Xbox - Screenshot 11Chacun des personnages aura ses propres techniques de combat.

Finis Sauron, Frodon, l'Anneau et Tolkien, bienvenue à Donjons & Dragons. Luttant depuis des millénaires pour la conquête du monde, deux maîtres du mal se voient enfermés dans une pierre par un sorcier puissant. Un siècle plus tard, un groupe de 3 improbables compagnons (un enchanteur, un guerrier et une voleuse mi-elfe des bois mi-elfe noire) libèrent accidentellement ces deux affreux. Leur tâche est alors de les renvoyer dans leur geôle minérale. Voilà comment l'on se retrouve aux commandes de ces 3 personnages hétéroclites ayant chacun ses aptitudes propres. Rannek le guerrier, faut-il le préciser, est un as du coup de manchette dans la face, du retourné d'épée dans les boyaux et du tripotage de cervelet. Illius a pour sa part une préférence pour le coup de bâton magique et le lancer de sort à distance. Enfin, notre ami au sang mêlé, Zhaï, aime aller siffler sur la colline, zaï, zaï, zaï hem... non en fait son truc sera de profiter de l'ombre pour devenir invisible et frapper furtivement.

Test Demon Stone Xbox - Screenshot 12Plus vous avancerez et plus vos combos feront mal.

Sans surprise, le système de combat repose sur des combos qu'il faudra acquérir entre chaque niveau grâce aux points d'XP accumulés (il en va de même pour les objets). Ces derniers ne sont pas nécessairement d'une grande originalité et on se retrouve encore en terrain connu, efficace certes, mais connu. Là où Demon Stone parvient à se démarquer s'est en laissant la possibilité au joueur de passer d'un personnage à l'autre à volonté d'une simple pression sur la croix directionnelle. On peut ainsi profiter à loisir des spécificités de chacun. Ce qui n'empêche pas un petit hic : la plupart du temps mieux vaut jouer la carte du guerrier et laisser nos compagnons jouer leur rôle de sidekicks. Submergé par une masse conséquente de monstres en tout genre, on réalise vite que Zhaï et Illius ne sont pas vraiment à même de régler rapidement le problème et que la force de Rannek demeure la meilleure des alternatives. C'est finalement au cours de passages bien particuliers que l'on changera de héros. Quelques niveaux son ainsi dédiés à Zhaï qui devra évoluer de zone d'ombre en zone d'ombre pour effectuer ses silent kills, ouvrant la voie à ses deux camarades en retrait. Ce n'est pas le Splinter Cell killer, mais ces scènes ont le mérite de casser agréablement le rythme des combats touffus. On sera en revanche moins convaincu par les prestations d'Illius. Il est fréquent que ce dernier soit mis à contribution afin de terrasser un adversaire au loin grâce à sa magie. Voilà qui le rend particulièrement vulnérable car pendant ce temps le flot d'ennemis ne tarit pas. La seule solution pour venir à bout de ce genre de situation sera de faire le ménage avec Rannek, de revenir ensuite à Illius sans perdre de temps pour lancer un maximum de coups à distance et de recommencer dès que les ennemis se font trop nombreux (Illius étant vraiment faible au corps à corps). Ca n'en finit plus et ce genre de plan devient facilement très lourd.

Test Demon Stone Xbox - Screenshot 13Attendez que de nombreux ennemis soient visibles à l'écran pour utiliser vos attaques plus puissantes.

Fort heureusement, le level design et les missions savent être suffisamment inspirés pour nous faire oublier ce type d'errance. Si l'on aurait pu se contenter d'un bête jeu de castagne, Stormfront a su soigner les détails. Les ennemis sont variés, et surtout, la mise en scène est éblouissante, avec des objectifs qui visent la plupart du temps à créer une tension et à générer un stress. Ici, il faudra repousser le repas sacrificiel d'une créature, protéger la porte d'une cité, puis un mécanisme, puis la porte de nouveau, tout cela au cours d'une attaque épique qui n'est pas sans rappeler Minas Tirith. On citera également la traversée d'une rivière à bord d'un radeau assailli par d'étranges créatures semblant sortir de Silent Hill. On conclura tout cela avec un affrontement contre un dragon mal réveillé et qui nous le fait bien comprendre. Le souci du détail est aussi présent dans ces échelles qu'il faut détruire si l'on veut pouvoir mettre un terme ce déferlement incessant de guerriers vindicatifs. Soit, les objectifs sont surtout des prétextes, cela n'empêche que certains s'intègrent parfaitement à la mise en scène et évitent de sombrer dans une progression qui se moque pas mal du scénario.

Test Demon Stone Xbox - Screenshot 14Très Batman non ?

Et c'est bien l'une des forces du jeu d'ailleurs. Car soyons bien clairs, au strict niveau du gameplay, on pourra émettre les mêmes réserves que celles relatives aux autres productions du studio : c'est très basique et on est loin du révolutionnaire Mark Of Kri. C'est la sauce EA, une gameplay basique mais une réalisation qui en met plein la gueule. Techniquement on est facilement au niveau du Retour Du Roi. L'ambiance est assurée par des scripts efficaces et un rythme soutenu qui sait se ménager des haltes bienvenues, idéal pour ne pas tomber dans une surdose d'action. On n'oubliera pas de s'attarder un brin sur la bande-son composée de morceaux symphoniques dont certains n'ont rien à envier à Hollywood, thèmes majestueux et vraiment imposants qui collent parfaitement à l'univers.

Test Demon Stone Xbox - Screenshot 15Si vos pouvoirs ne suffisent pas, pensez à faire tomber vos adversaires dans le gouffre.

Mais on ne va pas se quitter dans évoquer quelques bémols du titre. J'ai déjà mentionner l'omnipotence du guerrier qui ombrage un rien ses compères ainsi que certains passages assez lourds, mais il manque encore un petit mot sur l'IA qui se contente d'agir assez moyennement. Loin de rester les bras ballants, vos compagnons n'hésiteront pas à tailler dans le vif des rangs adverses cependant, on aurait apprécié qu'ils soient plus à même de nous offrir une couverture lorsqu'une action bien spécifique requiert notre attention (voir le cas des tirs à distance d'Illius). Or, ils préfèrent se battre dans leur coin, et ne se montrent pas d'une efficacité incontestable. Autre souci, en dépit d'une mise en scène brillante, certains combats finissent par tourner au vinaigre, trop d'ennemis, trop de n'importe quoi, on en arrive à ne plus voir les héros et à frapper comme une mule au hasard. Et enfin, dernier reproche : la durée de vie limitée qui aura du mal à vous tenir plus d'un week-end de jeu acharné. S'il est possible de rejouer les niveaux déjà terminés, l'astuce est un peu grossière et le nombre relativement faible de combos n'attisera pas suffisamment le feu de la rejouabilité.

Dinowan, le 11 février 2005

Les notes

  • Graphismes 18/20

    Somptueux, un point c'est tout. Ca arrache la rétine et ça vous le met en miettes. Les effets sont maîtrisés et le tout est fluide. Je n'en ferais pas des tartines, c'est superbe.

  • Jouabilité 16/20

    Basique mais jouissif, le gameplay ne surprendra aucun joueur ayant pratiqué Les Deux Tours ou sa suite. La possibilité de changer de personnage à volonté est une excellente idée, il est simplement regrettable que les héros soient assez mal équilibrés, reléguant Zhaï et Illius à quelques portions du jeu. L'ambiance demeure un élément clé de l'ensemble.

  • Durée de vie 10/20

    L'un des points faibles du titre qui ne vous tiendra pas plus d'un week end. L'absence de mode multijoueur n'arrange rien à l'affaire.

  • Bande son 17/20

    Mention pour le très bon doublage (malgré une post-synchro un peu décalée) et surtout pour les thèmes symphoniques de haute volée.

  • Scénario

    -

  • Note Générale16/20

    En un mot comme en cent, si vous avez aimé Les Deurs Tours, alors vous aimerez Demon Stone. Pas aussi révolutionnaire que son bon vieux Mark Of Kri, le titre mise tout sur son aspect spectaculaire qui suffit à accrocher et scotcher le joueur au pad. On lui reprochera toutefois une IA qui aurait gagné à être plus développée, certains passages un peu lourds et un guerrier trop omniprésent. Un presque sans faute.

    La note de la rédaction est une appréciation de la qualité générale du jeu, mais n'est pas une moyenne arithmétique des différents critères.

  • Note Lecteurs 17/20

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