Test Donkey Konga- Gamecube

Gamecube

Il aura fallu le temps mais enfin, Donkey Konga arrive en Europe. Fort d'une tracklist plus adaptée, le jeu musical va tout faire pour vous muscler les bras et mettre un peu de Cuba dans vos chaumières.

Donkey Konga

Pour commencer mon test, je vais faire comme si vous ne connaissiez pas le jeu et que vous n'aviez pas lu la preview qui lui avait été consacrée il y a plusieurs mois déjà. Donkey Konga est donc un jeu musical qui se pratique à l'aide d'un périphérique inspiré des... congas. Instrument à percussion fort répandu dans la musique latino. Mais en sus des deux congas de gauche et de droite, l'accessoire est également pourvu d'un micro qui sera sensible à vos clappements de mains ou aux tapes sur le côté du tambour. Chaque section étant paramétrable de manière à ce qu'il soit plus ou moins nécessaire de frapper fort.

La base du jeu est ensuite simplissime, après avoir choisi votre fond musical, une piste déroule sous vos yeux les instructions, conga de gauche, de droite, les deux, note simple, roulement ou clappement. Le tout sur un rythme plus ou moins effréné en fonction du niveau de difficulté choisi, le mode facile étant vraiment à réserver aux matins difficiles ou aux débutants les plus béotiens. En revanche, en difficile ou en expert, on commence à sentir sa douleur.

Test Donkey Konga Gamecube - Screenshot 22La Danse Hongroise est vraiment un morceau très fun.

On adressait deux reproches à la version japonaise du jeu. Le premier concernait sa tracklist composée en trop grande partie de pop japonaise pas franchement adaptée aux congas (et à notre sensibilité musicale, mais là c'est une question de goût). Cette fois, Nintendo et Namco ont revu la copie. On commence avec les inspirations latines qui mettent le feu comme "Sing, Sing, Sing (with a swing)" - qu'on peut entendre dans The Mask -, "Para Los Rumberos" ou même le culte "Oye Como Va" de Santana. Il est en revanche aussi regrettable que surprenant que des titres comme "La Bamba" ou "Mambo N 5" aient disparu. Du coup, comme dans la version japonaise, on doit se contenter de 3 titres latinos uniquement. Alors qu'ils sont ceux qui collent le plus aux instruments.

Test Donkey Konga Gamecube - Screenshot 23Le vrai bonheur est à chercher dans le multi

Mais d'autres morceaux viennent compenser. Au revoir génériques de séries nippones, bonjour à "Allright" de Supergrass, "I Want You Back" des Jakson Five en passant par "Louie, Louie" ou "Wild Thing" (et pas la version Star Ac', la vraie). Avec Donkey Konga, j'en viens même à m'éclater sur "Lady Marmelade", c'est dire. Dans des registres différents, on retrouvera la Danse Hongroise N5, un morceau classique absolument fabuleux et qui reste l'un des titres les plus fendarts du jeu. Les remixes de thèmes Nintendo assurent eux aussi un potentiel poilade conséquent. Du Rap DK au thème de Zelda revu façon jazzy, avec un arrêt sur le Rainbow Ride de Mario Sunshine.

Toutefois, il est indéniable que certains morceaux résultent d'un choix discutable. La reprise de "Loco-Motion" n'a pas du tout le fun de l'originale, "La Marche Turque" en version mi-metal mi-Jean-Michel Jarre est plate et "99 Red Balloons" est inconséquente. Et j'en passe. Encore une fois il aurait mieux valu intégrer d'autres titres plus rythmés et aux sonorités plus adaptées car on ne peut repousser le fait que certains morceaux, certains types musicaux, se prêtent très mal à la percu. Même pour rire.

Test Donkey Konga Gamecube - Screenshot 24Les mini-jeux bonus sont sympa mais ne constituent pas un ajout primordial.

Le second écueil qu'on avait rencontré sur la version nippone était relative à la façon dont on participait à la musique dans Donkey Konga (même si on ne s'accorde pas tous pour le déplorer, n'est-ce pas Jihem ?). Avec des morceaux peu adaptés aux percussions, on se retrouvait à faire du karaoke avec les mains, frappant les notes du chant plus que de la musique (les roulements déchaînés suivant donc une note tenue par le chanteur). Le problème est moins sensible ici même si quelques titres se suivent sur ce principe. Mais il reste encore un détail regrettable : le fait que le son produit par les congas soit toujours le même et ne s'adapte pas aux titres que l'on joue. Autant il est drôle d'entendre un conga sur un air de musique classique, autant sur Allright ou You Can't Hurry Love, ça fait juste un peu tache. Mais qu'importe, c'est de l'ordre du détail que l'on oublie vite une fois qu'on est pris dans le délire, et surtout si on est plusieurs.

Test Donkey Konga Gamecube - Screenshot 25On trouve des petites merveilles dans la tracklist.

Car sans le moindre doute, Donkey Konga est un titre à pratiquer à plusieurs. En solo, on a pour tâche de débloquer le mode de difficulté expert ou de collecter suffisamment de pièces pour accéder à une série de mini-jeux ou de sons loufoques pour les congas, mais si on veut vraiment se poiler et goûter au jeu, on réunit 3 ou 4 potes autour d'un pichet de marg... euh de jus d'orange frais et on lance l'un des modes de jeu multi. Le plus basique qui consiste à jouer ensemble des lignes complémentaires (l'un répondant à l'autre ou jouant les temps morts de son partenaire) est déjà un bonheur. Mais on pourra également s'affronter en duel ou en défi (mode qui consiste à tenir le plus grand nombre de morceaux possible à la suite). Le petit hic, c'est que pour s'éclater à plusieurs on a le choix entre investir 40 euros par paire de congas supplémentaire ou jouer au pad. Et jouer au pad, c'est pas fun du tout, je vous le dis tout de suite. Du coup, il faut compter près de 100 euros pour jouer à deux et 140 pour jouer à 3 ! Hic, va falloir faire côtiser les potes là, ou alors celui qui fournit le matos ne fournit pas les tortillas chips et le guacamole (Note de Sayuri : "et la marg' ?")

Dinowan, le 12 octobre 2004

Les notes

  • Graphismes 15/20

    L'interface est toute bête et pleine de couleurs. Le design reprend celui des aventures de Donkey Kong mais on a droit à quelque chose de plus travaillé que dans les autres productions du genre de Nintendo (comme Mario Golf).

  • Jouabilité 15/20

    On comprend le fonctionnement du jeu en 34 secondes et la piste permet de jouer même sans le sens du rythme (enfin en avoir un minimum est un plus). Le titre prend toute son ampleur à plusieurs, capable d'animer une soirée entière sans le moindre souci. Dommage toutefois que certains titres soient dispensables et qu'on fasse un peu vite le tour en solo.

  • Durée de vie 15/20

    En solo on peut toujours se motiver à débloquer les bonus nombreux mais on tourne vite en rond et l'intérêt décroît rapidement. En multi, Donkey Konga devient un petit régal, alors mieux vaut vous munir de congas surnuméraires et de quelques camarades. Cependant, le nombre de chansons n'est pas extensible et on finit par se mordre la queue même à 4.

  • Bande son 16/20

    Un peu plus de 30 morceaux à la qualité inégale. Certains sont de petits bijoux de bonne humeur ou de rythmes endiablés qui collent parfaitement à l'esprit du jeu, alors que d'autres nous laissent perplexes quant à la raison de leur présence (rythmes mous ou peu "percussifs"). Une fois de plus, on ne s'explique guère le faible nombre de morceaux latinos.

  • Scénario

    -

  • Note Générale15/20

    Seul, Donkey Konga tourne court en dépit de mini-jeux et de contenu bonus à débloquer. Mais à plusieurs, il animera vos soirées à la perfection, enfin jusqu'à ce que vous et vos potes soyez lassés. Cette version européenne se dote en tout cas d'une tracklist contenant nombre de perles (et de cailloux malheureusement) qui évitent de céder aux sirènes du Top 50. Seulement il est déplorable de constater la présence réduite de musiques aux sonorités cubaines. Un concentré de fun mais qui aura vite besoin d'un add-on pour maintenir l'intérêt.

    La note de la rédaction est une appréciation de la qualité générale du jeu, mais n'est pas une moyenne arithmétique des différents critères.

  • Note Lecteurs 16/20

Retour haut de page

Infos jeu

Mots-clefs : DKonga

Vidéos

Voir les 4 vidéos de Donkey Konga