Test I-Ninja- PlayStation 2

PlayStation 2

Youhouuu ! Wha ! Zaaa ! Schlack ! I-Ninja, résumé en quelques cris. Un jeu d'action/plate-forme un peu déjanté qui met en scène un ninja épileptique, c'est le genre de trucs qui m'amuse, surtout quand c'est plein de bonnes idées, voire de bonnes intentions. Par contre quand je constate que le tout est mal concrétisé, je verse une larme.

I-Ninja

Ne vous attendez pas à un Rikimaru ou à un quelconque petit scarabée ici. Les ninjas on a plutôt l'habitude de les voir tout pépères, bien silencieux, calmes, le genre zen quoi, un peu comme des Sam Fisher mais sans la fibre optique. Dans I-Ninja, c'est un ninja hystérique qu'on incarne. A tel point que cet imbécile trouve le moyen d'occire accidentellement son propre mentor après l'avoir sauvé des griffes d'une bande de malotrus. Le voilà parti dans une aventure qui fleure le Jak And Daxter, le Rayman aussi un peu d'ailleurs, tout ça avec des sabres et des combos. Et surtout une ambiance qui mise tout sur la dérision et l'humour. Si le jeu possède une large composante de plate-forme, les combats compteront beaucoup. Ceci dit, la panoplie de coups disponible n'est pas énorme. Quelques attaques spéciales qui se lancent par des combinaisons simples de touches et voilà le petit nerveux qui fait tournoyer son sabre pour dégommer du vilain. Lorsqu'il est bien remonté, ce teigneux accédera même à un niveau suprême de furie, pas forcément renversant d'ailleurs, puisqu'après une animation pleine de puissance, on devra se contenter de coups un peu plus puissants seulement.

Test I-Ninja PlayStation 2 - Screenshot 40Tiens, je crois que j'ai fais une boulette là.

Pour revenir sur l'aspect plate-forme, on ne se contentera pas de faire des bonds. Il faut savoir que notre héros nippon a un lointain cousin en Perse qui lui a enseigné l'art de courir sur les murs ou de bondir de paroi en paroi (un truc qu'un certain italien fait aussi assez bien). Un autre ami lui a également appris à se servir d'une chaîne pour se suspendre à des crochets pour franchir des fossés trop larges ou a se faire une hélice avec les moyens du bord (en l'occurrence son épée, vu que ses oreilles sont cachées sous son masque). Il peut même faire des grinds comme son oncle Ratchet. Enfin bref, on a droit à une panoplie assez complète.

Test I-Ninja PlayStation 2 - Screenshot 41Le genre de passage vraiment gonflant.

De plus, de nombreux mini-jeux font acte de présence. Tracés en temps limité, parcours d'adresse, séances de tir, de quoi assurer la variété de l'action. En théorie. Dernière séquence de gameplay, les rampes et autres bowling. En fin de niveau, vous devrez débloquer une importante rotondité (j'adore ce mot) qui devra être ramenée au niveau de base à partir duquel on rejoint les autres. Pour ce faire, notre ami ninja se colle à elle et la guide, ce qui donne lieu à des séquences proches d'un Monkey Ball ou d'un Marble Madness. Et c'est là que j'arrête de dire des choses gentilles sur le soft. Oui c'est vrai qu'il y a de bonnes choses dans le titre, qu'il a même un certain capital sympathie mais il a surtout de gros problèmes de maniabilité. Les phases de "Monkey Ball-like", par exemple, la boule se dirige mal, souffrant d'une importante latence des commandes. Sans parler du fait que les tracés mettent à rude épreuve. Mais rien d'insurmontable. En revanche, parlons des fameuses rampes. Fréquemment, vous devrez courir le long d'une rampe pleine de virage en épingle. Pour les franchir, il faut lancer sa chaîne et s'en servir pour ne pas louper le coche. Malheureusement, en raison de caméras dans le vent et d'une maniabilité douteuse, ce qui semblent d'une enfantine simplicité devient vite un calvaire que l'on devra se retaper à plusieurs reprises. Voilà bien ce qu'il y a de pire dans le titre.

Test I-Ninja PlayStation 2 - Screenshot 42Les combats manquent un poil de diversité.

Et ces problèmes de latence et d'imprécision des commandes, on les retrouve tout au long du jeu. Même s'ils ne sont pas systématiquement handicapant, il n'en reste pas moins désagréables. On aime avoir des contrôles souples dans un jeu de plates-formes. A cela s'ajoute également des soucis de caméra. La focale bouge mal, et on peste souvent de ne pas pouvoir la placer plus en hauteur (entre autre lorsque l'on contrôle la boule et qu'on n'y voit rien devant). On doit encore ajouter le fait que les fameux mini-jeux, au lieu d'apporter de la diversité, ne font qu'accroître le côté répétitif par leur longueur. Pas toujours très intéressants, il leur arrive de traîner en longueur et de devenir carrément fastidieux.

Test I-Ninja PlayStation 2 - Screenshot 43La transformation en berserker en jette.

Avec ce genre de problème, le sympathique I-Ninja perd déjà un peu de notre estime. Vous me direz : "Quid de l'ambiance ? Moi si c'est drôle je veux bien lui pardonner." Ben, ça dépend, vous avez le rire facile ? Bon au début on est séduit, c'est rigolo, le design est sympa, plein de couleurs, des personnages style Super Deformed et des textes un peu décalés. Malheureusement, le tout s'essouffle vite, et après les sourires on se lasse un peu des cris hystériques du héros qui deviennent limites gonflants et redondants. Le gameplay lui-même d'ailleurs tombe un peu trop dans la répétitivité. Au niveau de sa réalisation, I-Ninja tape dans la catégorie honnête. C'est mignon, coloré et relativement propre si l'on fait l'impasse sur l'aspect anguleux des décors et un léger aliasing. Ah y a aussi les textures qui sont plutôt moyennes tendance pas très nettes quand même. Finalement c'est honnête mais tout juste. En revanche, la bande-son risque d'en énerver plus d'un. Et je ne parles pas des cris, mais bien des thèmes musicaux d'inspiration techno qui vont de l'insipide à l'agaçant.

Dinowan, le 30 janvier 2004

Les notes

  • Graphismes 12/20

    Ca passe tout juste si on n'est pas trop regardant. Décors un peu grossier, aliasing bien présent et texture floues. Mais le design compense un peu le manque de finesse. Le tout manque aussi un peu d'originalité tout de même.

  • Jouabilité 11/20

    Des idées pas mauvaises mais on regrette la répétitivité de l'action et surtout les commandes pas assez précises et qui soufrent d'un temps de retard énervant. De bonne idées, mais mal conduites.

  • Durée de vie 14/20

    Il n'en a pas l'air mais le jeu est relativement corsé, même si cela provient de ses problèmes de maniabilité. On doit souvent refaire certains passages. Du coup, on en a pour un moment.

  • Bande son 11/20

    Les dialogues sont rigolos mais si le but visé est de faire vraiment rire c'est plutôt raté. Les gimmicks du héros deviennent vite saoulant. Quant aux musiques, les thèmes techno peuvent paraître déplacés, et sont en tout cas bien insipides.

  • Scénario

    -

  • Note Générale12/20

    Au final, I-Ninja avait ce qu'il fallait pour être un soft plein de qualités et attachant, pas un super hit mais un bon jeu bien sympathoche. Malheureusement, c'est le cas typique du jeu plein de bonnes intentions mal concrétisées. Pas assez précis dans ses commandes, incohérent dans certaines phases, parfois horripilant et pas si drôle que ça. Dommage.

    La note de la rédaction est une appréciation de la qualité générale du jeu, mais n'est pas une moyenne arithmétique des différents critères.

  • Note Lecteurs 16/20

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Mots-clefs : I Ninja, INinja

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