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Hellblade : Senua's Sacrifice
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In Game : Hellblade, ou l'expression ludique de la folie - chronique In Game

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Chronique In Game : Hellblade, ou l'expression ludique de la folie
4695 vues
PC PS4 Switch ONE
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Comme chaque mercredi, retrouvez aujourd'hui In Game, votre chronique qui s'attarde sur une séquence ou une scène d'un jeu afin d'en expliquer les ressorts, qu'ils concernent sa narration ou ses mécaniques. Pour ce vingt-cinquième numéro, nous nous attardons sur l'expression ludique de la folie dans Hellblade : Senua's Sacrifice.

Script

Pour Charles Bukowski “Certains ne deviennent jamais fous. Leur vie doit être bien ennuyeuse.” Et ce n’est pas Ninja Theory qui dira le contraire. Hellblade : Senua's Sacrifice embrasse pleinement cette vision du poète et romancier américain. Car qui de mieux placé que la guerrière picte et son périple sur les terres interdites de Helheim pour sombrer dans la folie le sourire aux lèvres ?

Le voyage de Senua débute sur les rives du royaume des morts. Et le premier contact avec cet univers est aussi troublant que inhabituel.

“Bonjour, qui es-tu ? … Peu importe. Bienvenue.” Tu ne crains rien avec moi. Je resterai tout près pour te parler sans alerter les autres. Je vais te raconter l’histoire de Senua. Une histoire déjà terminée, qui commence à nouveau.

Dès la première seconde, Ninja Theory brise le quatrième mur. Ce choix audacieux instaure un contexte singulier même pour un jeu vidéo et crée une distorsion consciente de la narration. Au premier coup de pagaie, le malaise est palpable. Les multiples narrateurs s’ajoutent au sentiment grandissant d’inconfort. Plusieurs entités accompagnent Senua en voix off et narrent son histoire. Ces récits, qui se télescopent, accentuent la perte de repères de l’héroïne et celle d’un joueur devenu le témoin volontaire du récit. Un e mystérieuse narratrice, lien entre vie et trépas, et un supposé allié, menteur invétéré répondant au nom de Druth, donnent les clés de cet univers… du moins en apparence. Et les apparences sont trompeuses. Par l’intermédiaire d’artefacts, d’apparitions en surimpression et de persistance visuelle, la santé mentale vacillante de Senua prend forme. La mise en scène elle-même insiste et ne lui laisse aucun répit. Une caméra à la troisième personne, point de vue du joueur personnifiant le détachement de soi, se rapproche, scrute, tournoie autour … et Senua perçoit cette présence. Le spectateur devient alors acteur, le voyage de Senua… celui du joueur.

La psychose se traduit par une perte de contact avec la réalité faites d’hallucinations visuelles et sonores. Et Hellblade construit son expérience autour de ce principe fondamental.

Senua n’est pas seule dans sa tête. La pauvre femme est harcelée en permanence par de multiples voix qui commentent en temps réel ses moindres faits et gestes. Ces Furies tantôt supportent tantôt invectivent la guerrière picte et représentent ce flux de pensées conflictuelles qui la hante. Ce qui est à l’origine de simples murmures devient un supplice auditif autant pour le joueur que pour l’héroïne. Cette cacophonie, allégorie de son état psychotique, joue à la fois le rôle de précieux allié et de pire ennemi. Toujours promptes à vous insulter et à vous rabaisser, ces voix assurent votre survie dans le royaume de Hel… amplifiant ce sentiment d’étourdissement par une spatialisation et une pertinence contextuelle de ces invectives. La répétition de champs lexicaux spécifique ajoute à l’agressivité de la forme l’acidité du fond…

Ils arrivent. Tu es lâche ! Sors !

Ces termes triés sur le volet marquent durablement l’esprit et gangrènent une pensée positive maintenue par les encouragements et les conseils de ces mêmes voix.

La Chanson de Valravn. C’est là. Non, là ! Il y en a deux. Concentre-toi !

Cette contradiction de sens exprime les dissonances cognitives de l’héroïne. Senua flanche, et le joueur avec, une tirade après l’autre… L’un comme l’autre ne peuvent se soustraire aux voix et croulent sous une profusion de sons et d’informations. Personne ne s’échappe de son propre esprit et doit se résoudre à le combattre.

“Les plus rudes batailles sont celles de l’esprit” aimait à répéter Dillion, le fiancée de Senua. Et cela ne saurait être plus vrai dans Hellblade tant le studio britannique matérialise ce conflit intérieur par le gameplay.

La construction des niveaux fait écho à la santé mentale de l’héroïne. La guerrière celte arpente les terres interdites d’un royaume des morts prêt à tout pour la condamner à l’errance. Ce dédale de couloirs et de salles cloisonne la progression du joueur et par extension l’esprit fragile de Senua. Une énigme après l’autre, cette dernière fait sauter les verrous qui entravent une âme tourmentée susceptible de basculer à tout moment dans les ténèbres.

Je suis tellement désolée. Les ténèbres détruisent tout. Tout le monde.

Ninja Theory plonge littéralement l’avatar dans l’obscurité, privant Senua de la vue le temps d’une séquence déconcertante. Senua perd le contrôle, le joueur perd le contrôle tandis qu’un profond sentiment d’inutilité s’installe durablement… la survie ne tenant qu’à un fil… la voix de Dillion. En Helheim, Senua se démène pour se libérer et terrasse en particulier Valravn et Surt - gardiens de la porte d’Hela, respectivement dieux de l’illusion et géant de feu. Ces deux entités symbolisent les deux faces d’une même pièce, en l'occurrence l’esprit de Senua, tiraillé entre ses démons, ici sa psychose, et son amour pour Dillion. La PermaDeath, une autre illusion du jeu, n’existe ici que pour accroître le sentiment d’état d’urgence et faire converger l’esprit de Senua et celui du joueur.

Selon Albert Einstein, “La folie, c'est de faire toujours la même chose et de s'attendre à un résultat différent”. Faire et refaire Hellblade à de multiples reprises tisserait alors un lien immuable entre Senua et les joueurs ayant bravé le Helheim.

> Retrouvez tous les épisodes de In Game

Mis à jour le 21/02/2020 à 17:36
Profil de meakaya,  Jeuxvideo.com
Par meakaya, Rédaction jeuxvideo.com
MP
In Game PC PlayStation 4 Nintendo Switch Xbox One Action Ninja Theory Fantastique
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COMMENTAIRES

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Yiro
Yiro
MP
le 05 févr. à 10:44

J'y ai joué 2 heures et boh, je m'attendais à mieux niveau gameplay...

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nowliife
nowliife
MP
le 30 janv. à 18:46

Ptain putain jeux video.com virez ce mec

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waky138
waky138
MP
le 30 janv. à 15:59

Ce jeu avait eu 17/20, il était évident que la chronique ne pouvait être présentée que par le seul et unique Jay17.

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Paridola
Paridola
MP
le 30 janv. à 14:57

Dire que tous ce bashing est parti d'un bouffon de youtuber ...

Bonne chronique

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Commentaire édité 30 janv., 15:00 par Paridola
Jorislasaussice
Jorislasaussice
MP
le 30 janv. à 00:20

le titre de la chronique n'est pas flatteur, dans la mesure où folie est un terme générique plutôt péjoratif, alors que dans le jeu, il est clairement question de maladie mentale, et qui dit maladie dit amélioration ( ou détérioration ). les gens qui ont cette maladie ne doivent probablement pas apprécier d'être traité de fou.
mis à a part cela, excellent jeu, à part les textures la qualité visuelle du jeu est incroyable, senua est tellement détaillée et bien animée, pour un petit studio c'est un exploit, et l'actrice a très bien su rendre cette situation de maladie mentale qui est pourtant très dure à retranscrire.
Une de mes scènes préférée est quand elle a un flashback devant l'arbre aux pendus et qu'elle revit sa première rencontre avec dilian, la musique est incroyable ( Meadow c'est le titre pour ceux que ça intéresse ), et le retour à la réalité devant cet arbre tortueux avec de nombreux pendus créer un réel choc.
Les combats sont plutôt chouette et les boss vraiment stylés ( Hela ou le monstre à 4 pattes ). De bonnes idées réalisées avec peu de moyens, le prochain peut être vraiment énorme du coup.

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Captain-Slip
Captain-Slip
MP
le 29 janv. à 18:28

Belle association pour la narration/rédaction/montage, franchement ça fonctionne très bien, bon taf, ce jeu mérite mille fois cette chronique tant il est unique, que l'on aime ou pas. Pour ma part j'ai pris une bonne claque vidéo-ludique avec ce jeu :ok:

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sanglier2000
sanglier2000
MP
le 29 janv. à 16:20

Bon jeu pour un mauvaise chronique

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DrunkCat
DrunkCat
MP
le 29 janv. à 16:02

J'écris un commentaire pour dire qu'après avoir lu la plupart des commentaires, j'ai plus trop envie d'écrire de commentaire.
Je laisse donc la libre voix d'expression aux auto-proclamés philosophes/psychologues de cette communauté du JV. Ayant droit à la parole camouflé, leur discourt, leur courage, et leur honnêteté n'a d’égal que leur plume vide et aigries, reflet de leur triste vie de frustration et de manque d'amour (et d'humour).
Un homme qui vous veut du bien.

PS: avec un casque audio ce jeux est vraiment sympa.

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Playerone1978
Playerone1978
MP
le 29 janv. à 15:28

Un jeu différent et magnifique, vivement le 2 ♥️

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Roko_Sifredi
Roko_Sifredi
MP
le 29 janv. à 14:45

je trouve que c'est malaisant de voir une femme faire la taré,
c'est pas vendeur

surtout sur un jeu ennuiyeu que j'ais pas réussi a finir.

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Top commentaires
Olive_chinoise
Olive_chinoise
MP
le 29 janv. à 13:36

Je ne suis pas un amateur du Jay-bashing systématique, mais il faut avouer que la chronique est de mauvaise qualité. Au-delà de cette manie de toujours ajouter des superlatifs et un ton fait de verbiage inspiré, pour le pire, des émissions TV type "Enquête d'action", le fond de la chronique fait un contresens dramatique pour un jeu aussi bon que Hellblade :(
Les concepteurs du jeu ont insisté sur le fait que ce jeu devait servir à sensibiliser sur la psychose et les maladies mentales, et Jay enchaîne toute sorte de clichés sur Senua, quel dommage!

Un exemple: "Personne ne s’échappe de son propre esprit et doit se résoudre à le combattre."
:d) C'est pourtant précisément l'opposé de la conclusion du jeu: Senua peut enfin faire son deuil quand elle apprend à accepter sa maladie, et justement à arrêter de combattre son esprit. Ce qu'elle combat pendant toute la deuxième partie du jeu, c'est finalement le traitement qu'on lui a imposé (son père en particulier) et qu'elle s'est imposée elle-même, alors que sa maladie est finalement une partie d'elle même et qu'elle devra vivre avec. C'est d'ailleurs aussi le point sur lequel insistent les personnes psychotiques interrogées par l'équipe du jeu dans le reportage qu'ils ont eux même diffusés.

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Le_BeauJack
Le_BeauJack
MP
le 29 janv. à 12:12

Silent Jay ... toujours un supplice pour les oreilles , merci JVC https://image.noelshack.com/fichiers/2016/48/1480464160-1474488578-jesus20.png

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