La série des bornes d'arcade Final Fight est une des références du beat’em all, ayant bénéficié d’un portage sur Super Nintendo avec "Final Fight" sorti en 1991 qui sera suivi de deux autres épisodes. Nous parlons aujourd’hui d’un opus sorti en 1993, en même temps que Final Fight 2, sur sa grande sœur vieillissante : la NES. Retour sur ce titre peu connu du public qui a pourtant tout d'un grand.

Le jeu s’ouvre sur une intro présentant la trame scénaristique du soft sur laquelle nous nous attarderons peu…


La NES poussée dans ses derniers retranchements
Une fois votre combattant sélectionné et le premier stage entamé, la prise en main du gameplay se fait rapidement et facilement dans des niveaux en scrolling horizontal, le défilement s'arrête lors des assauts ennemis. Le jeu présente des contrôles nerveux mais d’une bonne précision, le tout accompagné de graphismes "cartoon" de toute beauté (les yeux des ennemis s’ouvrent en grand quand vous les touchez), aspect plutôt inattendu comparé aux autres beat’em all, et les décors sont fins, colorés et plus qu'agréables à regarder.

Les sprites sont grands et les animations sont rapides et fluides. On regrette néanmoins la présence de clignotements parfois vraiment gênants, de plus le nombre de personnages sur l'écran est limité à trois, vous n’aurez ainsi jamais plus de deux assaillants simultanément. D’un point de vue sonore, la musique est de bonne qualité, tout comme les bruitages en accord avec les niveaux et leur environnement. On voit clairement que Capcom n’en est pas à son coup d’essai avec la 8 bits de Nintendo et maîtrise parfaitement les limites et les possibilités de la console.
Un gameplay aux petits oignons


Votre personnage peut saisir les ennemis et les projeter à l’autre côté de l’écran afin de mieux gérer d’autres attaquants, tout comme la possibilité de renvoyer les projectiles peut faire la différence lorsque vous êtes pris entre deux feux, la barre de vie dans le rouge. C’est cet ensemble d’attaques variées qui empêche la lassitude de s’installer dans le jeu : au lieu d’enchaîner le même combo, en particulier face aux ennemis ayant une grande barre de vie, utiliser ces techniques vous fera gagner un temps considérable…


Des niveaux variés et uniques
Le soft bénéficie d'une difficulté croissante ainsi que d’une durée de vie des plus correcte. On compte au total 5 niveaux: Slum, Riverside, Old Town, Factory et enfin Bay Area. Une carte du monde est présente mais elle est plutôt anecdotique car aucune interaction avec celle-ci n’est possible.

Un niveau se décompose en trois tableaux : deux d'affrontements d’ennemis suivis du combat final face au boss. On peut regretter le manque de variété de ceux-ci car ils sont au nombre de 4 (y compris Belger, le leader du "Mad Gear Gang") pour 6 niveaux. Afin de ne pas surcharger la cartouche avec des sprites encombrants et inutiles à usage unique, les développeurs ont dû faire un choix en supprimant certains des boss et des adversaires présents sur la borne. Ces ennemis vous parlent et vous provoquent avant que le combat débute, il est parfois possible de choisir votre réponse.
La borne sur son téléviseur
Le portage est très fidèle à l’arcade, or ce n’est pas chose facile d’effectuer un portage arcade sur NES, d’autres s’y sont cassé les dents…
On y retrouve la plupart des ennemis de la borne avec entre autres Roxy, Andore, El Gado ou encore les boss Katana, Trasher… 
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Points forts
- Pari artistique s'intégrant à merveille
- Graphismes d'excellente facture
- Contrôles réactifs
- Fidèle à l'arcade
- Système de niveaux et d'expérience
- Gameplay propre à chaque personnage
- Grande variété des niveaux avec une identité propre
Points faibles
- Clignotements parfois importants
- Armes beaucoup trop rares
- Manque de variété des boss
Jeu sorti à la fin de vie de la NES, Mighty Final Fight est une perle méconnue. Pourvu de graphismes d'excellente qualité, de contrôles nerveux et précis ainsi que d'une bande-son de qualité et d'une bonne durée de vie, le titre n'a pas eu le succès qu'il mérite.
On constate aussi bien par l’aspect technique qu’artistique que Capcom, riche de ses 40 jeux sortis sur cette plate-forme, maîtrise parfaitement la petite 8 bits vieillissante de Nintendo en connaissant les limites et les capacités de la console, en la poussant dans ses derniers retranchements.
C’est donc un avant-dernier soft d’excellente facture, qui n’a pas à rougir face à des titres comme Double Dragon, qu’offre ici le développeur à son support le plus fertile.
Ce titre sonne comme un vibrant hommage du prolifique Capcom à la reine des 8 bits : l’intemporelle NES.