Interrompriez-vous un entretien d'embauche parce que votre chaise n’est pas droite ? Prendre la bonne décision peut déterminer le succès de ce dernier.
Le test de la chaise
Si vous avez été convoqué à un entretien d'embauche, c'est très probablement parce que vous répondez déjà aux exigences techniques et aux connaissances requises pour le poste. C'est d'ailleurs ce que les recruteurs sont capables de faire en moins de six secondes, à condition que votre CV soit organisé de manière à donner plus de visibilité à ce qui compte vraiment. Les entretiens d'embauche sont conçus pour donner au recruteur une idée de votre personnalité et de vos valeurs. Pour ce faire, il utilise souvent des questions suggestives, voire des petits « pièges » comme le « test de la chaise ». Cette stratégie vise à révéler si le candidat fait face aux problèmes ou s'il s'y adapte.
Ce test consiste en un entretien d'embauche classique, mais avec la particularité que la chaise sur laquelle le candidat s'assoit a un pied légèrement plus court, de sorte que la personne interrogée sera bancale et mal à l'aise pendant toute la durée de l'entretien. L'essentiel est que, juste à côté du candidat, se trouve une deuxième chaise en parfait état. Ce que l'intervieweur veut essentiellement savoir, c'est si le candidat restera sur la chaise boiteuse pendant toute la durée de l'entretien, en s'adaptant au problème sur lequel il est assis, ou s'il demandera à échanger sa chaise contre celle qui se trouve à côté de lui. S'il choisit la deuxième solution, la manière dont il la demande sera également prise en compte.
© Tima Miroshnichenko (Pexels)

Se présenter à un entretien d'embauche est déjà une situation dans laquelle les candidats arrivent avec un certain niveau de nervosité ou d'incertitude, ce qui rend les réactions à ce test authentiques et spontanées.
Trois manières de gérer la situation
La Tolérance
L'objectif final du test est d'évaluer la proactivité, c'est-à-dire la capacité à s'adapter et à réagir à un malaise manifeste dans une situation délicate telle qu'un entretien d'embauche. Si le candidat poursuit l'entretien sans se plaindre et tolère l'inconfort, cela signifie qu'il a une grande capacité de concentration et qu'il hiérarchise bien ses objectifs. Malgré l'inconfort de l'environnement, il parvient à garder son sang-froid et à poursuivre l'entretien contre vents et marées.
Faire preuve d’initiative
Si le candidat demande à changer de chaise, il fait preuve d'initiative pour améliorer la situation et de proactivité pour faire évoluer la situation en interrompant l'entretien pour changer de chaise. Thomas S. Bateman et J. Michael Crant ont analysé la relation entre les personnes proactives et leur environnement en 1993, et ont constaté que les personnalités proactives sont plus susceptibles d'apporter des changements à leur environnement afin d'améliorer leur situation. En outre, en prenant l'initiative de changer de chaise, vous faites également preuve de courage et de confiance en vous pour relever des défis dans des situations délicates.
© Tima Miroshnichenko (Pexels)

La manière dont le candidat interrompt l'entretien pour changer de chaise est également importante. Qu'il le fasse naturellement mais avec détermination ou qu'il demande poliment la permission de changer de chaise. Des études menées par Gary Yukl, professeur à l'école de commerce de l'université d'Albany, mettent en évidence certains traits communs dans le comportement des personnalités dirigeantes, soulignant que ces types de profils ont tendance à prendre des mesures immédiates lorsqu'ils sont confrontés à des problèmes, tandis que les personnalités plus grégaires attendent que d'autres prennent les décisions.
La passivité
Il existe une troisième option qui n'est pas la plus appréciée par les intervieweurs : faire des commentaires sur le fait que la chaise est boiteuse, mais y rester. Cette option dénote une attitude passive du candidat face aux problèmes, détournant l'objectif prioritaire (l'entretien) vers son domaine personnel (la chaise). Le pire dans cette réaction, c'est qu'elle révèle tout cela et souligne que le candidat pointe le problème sans prendre la moindre initiative pour changer la situation, car il n'a pas envisagé l'option de changer de chaise et reste concentré sur son propre inconfort.