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News jeu Shadow of the Colossus PS4 était l'un des remakes les plus utiles du jeu vidéo
Profil de Guillaume Leviach aka « Antistar » ,  Jeuxvideo.com
Guillaume Leviach aka « Antistar » - Journaliste
Nintendo n’est pas le seul constructeur / éditeur / développeur à fasciner Antistar depuis des générations ! De Gran Turismo à Horizon en passant par Uncharted, Ratchet & Clank ou God of War, Antistar platine toutes les exclusivités Sony depuis plus d’une décennie et admettra que seul Breath of the Wild égale The Last of Us dans son cœur.

"Le jeu vidéo est-il un art ?" Rassurez-vous, je ne vais pas revenir une énième fois sur cet éternel marronnier qui ne devrait même plus avoir voix au chapitre fin 2022. Au contraire, je vais plutôt revenir sur une des créations qui illustre le mieux la réponse – bien évidemment positive – à cette interrogation d'un autre temps, qui ne devrait plus se poser : Shadow of the Colossus, ce chef-d'œuvre qui a attendu 2018 avant d'être appréciable à sa juste valeur.

85 532 vues

« Attendez, comment ça, Shadow of the Colossus a attendu 2018 ? Mais qu'est-ce qu'il raconte encore comme bêtises lui ? » : telle est sans doute l'interrogation qui vous est venue en tête après la lecture de ces premières lignes. En effet, lorsque Shadow of the Colossus est sorti pour la première fois, c'était un 18 octobre (bon anniversaire, du coup !) sur PlayStation 2, d'abord en Amérique du Nord puis au Japon 9 jours plus tard. Mais surtout, c'était en 2005 que paraissait le deuxième titre développé par la Team Ico du génial Fumito Ueda, soit un peu plus de 12 ans avant que je ne trouve ce jeu vraiment agréable à jouer sur PlayStation 4, et ne me sente à mon tour touché par la grâce d'une des plus belles œuvres que le jeu vidéo ait enfanté. En effet, Shadow of the Colossus est un titre que je n'ai aimé que grâce à son remake, un cas pratiquement unique en son genre, et je vais bien entendu vous expliquer pourquoi.

Sommaire

  • Full mytho, Ueda ?
  • Il faut souffrir pour être beau
  • Pas vraiment une remasterclass
  • Remake me better
  • La consécration d'une vision avant-gardiste
Shadow of the Colossus PS4 était l'un des remakes les plus utiles du jeu vidéo

Full mytho, Ueda ?

Shadow of the Colossus PS4 était l'un des remakes les plus utiles du jeu vidéo
Dans le monde du jeu vidéo, Fumito Ueda est un des esprits créatifs les plus talentueux du XXIè siècle.

Comme beaucoup d'œuvres originales dans la grande histoire du jeu vidéo, Shadow of the Colossus porte la signature d'un homme : Fumito Ueda. Diplômé de l'Université des Beaux-Arts d'Osaka en 1993 dans la spécialité peinture à l'huile, il s'intéresse à l'industrie du jeu vidéo quelques années après. Sa vision du média est déjà peu commune au milieu des années 90, et il estime que son potentiel est encore trop peu exploité artistiquement parlant. Initialement embauché comme animateur 3D sur Enemy Zero, un titre paru en 1997, son premier contact avec l'univers PlayStation se fait à l'audace : en parallèle de son travail sur le jeu Saturn, il imagine ce qui deviendra le concept de son premier jeu vidéo en tant que réalisateur. Il s'agit d'un jeu d'aventure onirique se déroulant dans un univers médiéval mystérieusement abandonné, mettant en scène deux personnages (un garçon et une fille) progressant ensemble, main dans la main. Ce projet sera soumis à Sony, soutenu par un petit film d'animation co-réalisé avec un collaborateur, et séduira alors la firme qui l'engagera à 28 ans pour développer son concept sur PlayStation.

Shadow of the Colossus PS4 était l'un des remakes les plus utiles du jeu vidéo
Premier jeu réalisé par Fumito Ueda, Ico mise beaucoup plus sur son ambiance que sur son gameplay.

La suite, peut-être la connaissez-vous : développé finalement pour PlayStation 2, ce jeu s'intitulera Ico, titre mythique au héros éponyme, et qui donnera ses lettres de noblesse à son créateur ainsi qu'au studio rebaptisé Team Ico. Considéré comme un des tous meilleurs jeux PS2, et même comme une véritable œuvre d'art à part entière, Ico change déjà le destin de son concepteur mais aussi de son équipe, éparpillée sur plein d'autres projets Sony suite au succès du titre. M. Ueda a cependant de la suite dans les idées, et souhaite développer un autre jeu sur la machine, qui n'en est encore qu'à ses débuts, et sera la gagnante indiscutable de la 5ème génération de consoles. Ainsi, en juillet 2002, il fait publier une annonce de recrutement dans le célèbre magazine Famitsu, au visuel portant sa patte, et qui tease en quelque sorte ce que deviendra Shadow of the Colossus. Le profil recherché était celui de développeurs spécialisés dans la gestion de la physique, et plus de 500 personnes déposeront leur candidature. Cependant, le projet initial sera un peu trop ambitieux et ses prétentions (du multijoueur où chacun affrontait les colosses sur sa propre monture) furent revues à la baisse.

Shadow of the Colossus PS4 était l'un des remakes les plus utiles du jeu vidéo
Shadow of the Colossus avait pour ambition de nous faire affronter des créatures absolument titanesques.

Présenté pour la première fois au DICE Summit de 2003, celui qui s'appelle encore "projet NICO" (pour "Next Ico", "ni" pouvant signifier vulgairement "deux" en japonais) met en scène des personnages avec des cornes qui mettent un colosse à terre. Le chara design de Ico est ici réexploité, mais seulement temporairement : son créateur explique alors que durant le développement, il était plus aisé d'utiliser de nouveau des personnages déjà connus, mais que cela n'avait rien de définitif, et qu'il ne s'agissait pas d'un "Ico 2" (même si les deux titres seront finalement liés en terme de lore). Assisté du producteur Kenji Kaido, le réalisateur travaillera beaucoup sur l'ambiance du jeu et la nécessité de mettre en opposition un personnage minuscule, perdu dans un environnement immense, et des ennemis d'une taille gigantesque. Ses ambitions seront cependant régulièrement freinées durant le développement du titre, même s'il arrivera à avoir le dernier mot sur l'aspect purement artistique : Shadow of the Colossus portera sa signature, quitte à sacrifier du contenu pour qu'il puisse tourner sur une console clairement trop petite pour lui. Les 48 (!) colosses initialement prévus verront leur total réduit de moitié, pour se limiter à 16 dans la version finale du jeu.

Les teintes verdâtres de Ico, de retour dans Shadow of the Colossus, constituent la signature artistique de Fumito Ueda.

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Il faut souffrir pour être beau

Shadow of the Colossus PS4 était l'un des remakes les plus utiles du jeu vidéo
Le dépaysement proposé par Shadow of the Colossus était total, et révolutionnait le jeu contemplatif.

Lorsqu'il paraît sur PS2, Shadow of the Colossus est quasi universellement acclamé. Les critiques sont dithyrambiques, comme en témoigne sa moyenne Metacritic de 91%, et toute la presse spécialisée salue une œuvre d'art à part entière, comme le jeu vidéo n'en avait encore jamais proposé de telle. Arrivé un peu plus tard en Europe, en février 2006, il fait également l'objet d'un test extrêmement élogieux sur jeuxvideo.com, recevant une note exceptionnelle de 19/20. Killy conclut alors son test par ces mots : "Chef-d'oeuvre d'Ueda, Shadow of the Colossus, malgré ses défauts liés à la technique, se place comme le titre rapprochant enfin le jeu vidéo de l'oeuvre à part entière". Pratiquement tous les articles sont unanimes : il s'agit d'un chef-d'œuvre rare et précieux dans l'histoire du média, qui tutoie la perfection artistiquement parlant et dans sa proposition de gameplay, au service d'une aventure unique et terriblement marquante. Toutefois, les violons s'accordent également sur son seul défaut : techniquement, la PS2 souffre comme jamais.

Pour un jeu tournant sur PS2, Shadow of the Colossus était divinement beau. Hélas, le prix à payer pour cette beauté était fort.

Shadow of the Colossus PS4 était l'un des remakes les plus utiles du jeu vidéoShadow of the Colossus PS4 était l'un des remakes les plus utiles du jeu vidéo

À titre personnel, c'est exactement ce qui m'a empêché de savourer Shadow of the Colossus dans de bonnes conditions à l'époque. À la fin des années 2000, il faisait même partie de ces jeux que je considérais détester, tout simplement parce que leur niveau de réalisation, bancal à mes yeux, ne me permettait pas de les apprécier. Mon appréciation des jeux vidéo ne se faisait clairement pas selon les critères que j'ai par la suite appris à prendre davantage en compte, et pour cette raison, le deuxième jeu de Fumito Ueda m'était bien trop pénible. Là où Ico, plus dirigiste, et porté par des plans souvent fixes favorisant davantage sa grande fluidité, m'avait immédiatement séduit, j'attendais de retrouver la même magie sur ce qui m'était alors "vendu" comme une suite spirituelle, par le même développeur. Si la patte artistique verdâtre, dans un environnement à la fois sauvage et rempli de ruines désertées, semblait clairement de nouveau au rendez-vous, la perspective d'une exploration bien plus ouverte m'emballait déjà un peu moins, sans doute parce qu'en 2006, je n'avais pas encore entièrement adhéré à cette proposition de game design et que j'attendais une autre aventure plus linéaire et techniquement maîtrisée.

Animer les immenses colosses et de permettre au joueur de les affronter était-il un défi trop relevé pour la PS2 ?

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Pas vraiment une remasterclass

Shadow of the Colossus PS4 était l'un des remakes les plus utiles du jeu vidéo
En 2011, près de 6 ans après, Shadow of the Colossus est de retour en haute définition sur PS3…

Cependant, tout n'était pas perdu, et la perspective d'un remaster prévu sur PlayStation 3 en 2011 avait de quoi m'enchanter. Davantage convaincu par les open worlds d'une 6ème génération de machines bien plus capable de les gérer techniquement sans toussoter constamment (et encore…), je m'étais alors réjoui du portage Classics HD : Ico & Shadow of the Colossus, qui allait non seulement me permettre de revivre l'incroyable épopée de Ico et Yorda en version améliorée, mais peut-être enterrer mon différend avec celui à qui je n'avais plus envie de donner aucune forme de seconde chance sur PS2. Malheureusement, la greffe n'a pas davantage pris : vu qu'il ne s'agissait que d'un simple remaster améliorant les textures et la résolution, Shadow of the Colossus Classics HD continuait de porter les stigmates de l'œuvre originale sur le plan technique, et ne se montra pas à la hauteur de mes espérances. Ce n'étaient pas spécialement les 30 images par seconde qui me gênaient (même en 2022, un "30fps" parfaitement stable me convient toujours très bien sur les jeux de ce type), mais la relative lenteur d'une production malgré tout restée dans son jus.

Shadow of the Colossus PS4 était l'un des remakes les plus utiles du jeu vidéo
… cependant, ça reste le même jeu, et les défauts de gameplay et de finition d'époque demeurent.

Avec le remaster (pourtant tout à fait légitime) de Ico et de Shadow of the Colossus s'est en effet posée la question des limites posées par ce type de pratique lorsqu'il s'agit de remettre au goût du jour un produit potentiellement désuet. Certes, il était parfaitement acceptable de ressortir sur PS3 des titres cultes de la génération précédente, surtout fin 2011 où peu de joueurs disposaient encore de l'onéreux et massif modèle rétrocompatible datant du "day one", et le portage HD des deux joyaux de la Team Ico était plus que légitime. Cependant, dans le cadre de ces deux œuvres en particulier, et surtout de Shadow of the Colossus, les joueurs les ayant expérimentées sur PS2 avaient de grandes chances d'être ceux les plus à même de savourer de tels remasters. En n'étant pas convaincu par Shadow of the Colossus dans sa version d'origine, la probabilité d'y succomber tardivement dans une forme somme toute identique, mais juste affinée, était extrêmement faible. Évidemment, la version HD est meilleure dans les faits, car un peu plus belle et plus stable, mais la lenteur (voire la lourdeur) de son gameplay restait la même, pour une bonne et simple raison : celui-ci portait le poids des ambitions démesurées d'un créateur génial, mais bien trop avant-gardiste pour le coup.

Hormis sa plus haute résolution, Shadow of the Colossus n'est pas beaucoup plus beau sur PS3, et ne m'y a pas davantage séduit.

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Remake me better

Shadow of the Colossus PS4 était l'un des remakes les plus utiles du jeu vidéo
Sorti en 2016, The Last Guardian a divisé les critiques. Il reste le dernier jeu de Fumito Ueda sorti à ce jour.

Quelques années plus tard, lorsque l'arlésienne The Last Guardian (annoncée à l'E3 2009 et initialement prévue pour PS3) arriva enfin sur PlayStation 4, j'aurais pu me plaindre des mêmes maux, face à une autre œuvre incroyable de M. Ueda encore une fois en délicatesse technique permanente. Ma vision du jeu vidéo avait cependant évolué entre-temps, et la tentation de redonner sa chance à Shadow of the Colossus refit temporairement surface, avant que Sony ne donne corps à ce dont il avait réellement besoin : un remake, qui plus est confié aux mains expertes de Bluepoint Games. Ces rois du remaster, dont j'avais par ailleurs savouré de nombreux travaux, avaient déjà œuvré sur plusieurs portages PS3 et PS4 par le passé, dont la collection des deux titres de la Team Ico en 2011, et leur créateur les avait même qualifiés d'artistes face au travail effectué. Ainsi, l'annonce de Shadow of the Colossus fut pratiquement la seule que je retins de la conférence Sony de l'E3 2017, clairement la moins bonne d'une génération où le constructeur avait enchaîné les "masterclass" au Convention Center de Los Angeles chaque année.

À l'E3 2017, le remake de Shadow of the Colossus était la seule vraie grosse surprise de la conférence Sony.

Shadow of the Colossus PS4 était l'un des remakes les plus utiles du jeu vidéo
Loin du remaster de 2011, le remake de Shadow of the Colossus en est une refonte totale, et ça se voit.

Sorti en février 2018, le remake de Shadow of the Colossus constitua ma première grosse attente d'une année qui allait être très riche du côté des exclusivités PlayStation : God of War et Detroit : Become Human arriveraient au printemps, et Marvel's Spider-Man à la fin de l'été, rien que ça. Pour le coup, je devais bien être un des rares fans de la marque à attendre avec autant d'impatience ce qui était clairement la moins importante des quatre exclusivités Sony de l'année. En effet, mon contexte personnel si particulier jouait clairement en la faveur d'un engouement exceptionnel pour un remake qui s'annonçait solide, mais que peu espéraient autant que votre serviteur. Boudé en son temps, car totalement rejeté à l'époque où j'adulais son aîné, le sublime et émouvant Ico, Shadow of the Colossus était pourtant sur le papier fait pour moi, qui accrochais tant au style de Fumito Ueda (ce qui me fit par la suite énormément apprécier The Last Guardian, en dépit de tares inhérentes à sa gestation douloureuse). Ainsi, le remake PS4 constituait alors une ultime possibilité de vraiment rentrer dans cette histoire de traque aux colosses, même si une éternelle question se posait : Shadow of the Colossus allait-il se résumer à une simple ligne de plus au sein de ma culture vidéoludique, ou bien justifier définitivement une aversion qui se dessinait un peu hâtivement, voire peut-être devenir un véritable coup de cœur tardif ?

Shadow of the Colossus PS4 était l'un des remakes les plus utiles du jeu vidéo
Sur PS4, la magnificence des combats et décuplée, et surtout, ils sont bien plus agréables à jouer.

En effet, il y a des œuvres que l'on découvre sans réel espoir de les savourer, par simple souci de se cultiver. Ce genre de situation se produit face à une création que la majorité encense, qui ne nous intéresse que très peu, ou pire, que l'on a déjà tenté d'apprécier sans succès. Dans ce dernier cas, on finit par se dire "j'essaie une nouvelle/dernière fois, pour me cultiver", sans autre ambition que de combler un vide au sein d'une culture personnelle où ladite œuvre semble objectivement avoir sa place. C'est dans ce contexte que j'avais décidé de donner son ultime chance à Shadow of the Colossus à la sortie de son remake. La relative mollesse du jeu original (remasterisé ou non), couplée à une zone ouverte bien trop grande et qui me semblait d'un ennui mortel pour un titre à vocation contemplative, me décourageait d'y remettre les pieds, mais j'avais choisi d'accueillir ce remake PS4 avec un minimum de bienveillance, partant du principe que tout jeu remasterisé par Bluepoint était le fruit d'un travail minutieux, et que peut-être, qu'une machine d'une telle puissance pouvait le faire tourner dans des conditions rendant hommage à ce dont M. Ueda rêvait sans doute près de 15 ans auparavant.

Il y a fort à parier que c'est exactement ceci que Fumito Ueda avait en tête lors de ses premières ébauches…

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La consécration d'une vision avant-gardiste

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Un titre contemplatif mythique comme Journey doit beaucoup à Shadow of the Colossus.

Rassuré avant même d'avoir vu le jeu tourner sur la simple base du "label Bluepoint", c'est davantage au niveau du gameplay que mes plus gros doutes se situaient. Dès le début des années 2000, et avant que Thatgamecompany (entre autres) ne donne ses lettres de noblesse au concept de "jeu contemplatif" (également appelé "simulateur de marche") avec des Flower ou Journey, Fumito Ueda avait livré sa propre vision d'un jeu vidéo réellement artistique. Soucieux de toucher sur la forme comme sur un fond très sous-entendu, visant à parler au joueur sans trop en dire et l'invitant à se faire sa propre interprétation d'un propos délibérément nébuleux, le leader de la Team Ico en négligeait quelque peu les fondamentaux de jouabilité. Un choix assumé aux allures de tare pour les plus gros détracteurs, de relative mauvaise foi quand cela touchait à Ico (surtout vu son contexte, en relatif début de vie de la PS2), plus objectifs lorsqu'il s'agissait de pointer du doigt les lacunes de maniabilité parfois inacceptables de The Last Guardian. Pour Shadow of the Colossus, le problème était encore différent.

Shadow of the Colossus PS4 était l'un des remakes les plus utiles du jeu vidéo
Plus qu'un simple remake, Shadow of the Colossus est également un des plus beaux jeux sortis sur PS4.

En proposant une aventure se déroulant de façon relativement linéaire mais dans un monde entièrement ouvert d'emblée, et ne nécessitant pas la moindre acquisition d'objets ou de compétences pour déverrouiller de nouvelles zones, le deuxième jeu de M. Ueda ne confinait plus le joueur dans une forteresse géante relevant de la prouesse architecturale. Au contraire, il lui offrait une liberté d'action unique en son genre, limitant les phases d'action pures aux combats contre les fameux colosses, supposés faire la force du titre. Ces derniers, au nombre de seize et répartis à travers une carte démesurément grande pour l'époque, devaient suffisamment occuper le joueur pour rythmer une aventure aussi magnifique que potentiellement ennuyeuse au possible. Cependant, si le level design global et surtout, l'ingéniosité de chaque affrontement, venaient à tenir un minimum la route, le pari de M. Ueda et de son équipe avait tout pour être tenu. Néanmoins, de telles ambitions ne pouvaient être tenues sur PS2 d'un point de vue purement technique : c'est ainsi pour son aspect purement "onirique" que Shadow of the Colossus marqua les esprits en son temps. Sorti dans l'ombre d'un autre colosse, le monolithe PS3 qui allait marquer la planète de son empreinte à peine un an plus tard, le second jeu de Fumito Ueda faisait souffrir sa plate-forme d'accueil et c'était bien compréhensible.

Shadow of the Colossus PS4 était l'un des remakes les plus utiles du jeu vidéo
Par contre, Agro n'a pas changé depuis 2006 : ce cheval est toujours aussi pénible et indiscipliné.

Clairement en avance sur son époque, la Team ICO tentait d'offrir au monde, et à une console bien trop faible pour cela, un jeu qui méritait largement une résolution en haute définition et surtout, un processeur capable de faire tourner son monde immense et ses créatures géantes. Certes, le remaster PS3 rendait globalement bien hommage au jeu d'origine, mais en conservant ses errances techniques : personne n'avait de toute évidence encore en tête l'idée de reprendre tout de zéro et véritablement refaire le jeu avec des moyens modernes. C'est en partant de ce postulat que le remake PS4 s'est enfin et finalement fort logiquement imposé : Shadow of the Colossus allait enfin disposer d'un support à la hauteur de sa démesure, et être présenté au monde tel que Fumito Ueda en rêvait sans doute dès 2004. Mieux encore, cette version revisitée allait me convaincre définitivement des qualités évidentes d'une œuvre rare, ce dont je ne doutais en fait pas vraiment, mais n'attendais que d'enfin pouvoir vérifier dans des conditions idéales. Je savais que Shadow of the Colossus était un chef-d'œuvre, mais n'arrivais tout simplement pas à l'apprécier, et son remake confirma tout le bien que l'on en pense : je ne vais donc pas vous rappeler tout ce qui en fait un jeu vidéo d'exception, vous le savez sans doute déjà.

Shadow of the Colossus PS4 était l'un des remakes les plus utiles du jeu vidéo
Il aura fallu trois générations pour m'en convaincre, mais Shadow of the Colossus est un chef-d'œuvre.

J'en arrivai donc à la conclusion, aux allures de soulagement, que Shadow of the Colossus "version 2018" était en effet une expérience marquante, émouvante, pour ne pas dire relativement inoubliable. Prenant à chaque seconde de jeu, à pied comme à cheval, il offrait au joueur une épopée unique remise au goût du jour, enterrant qui plus est The Last Guardian techniquement dans les grandes largeurs, à peine plus d'un an après sa sortie attendue si longtemps. En offrant un tel sentiment de liberté dans un univers aussi sublime et envoûtant, porté par les compositions mythiques de Kow Otani, il est indéniable que Shadow of the Colossus mérite son statut de titre culte, aux allures de chef-d'œuvre audiovisuel érigeant sans nul doute le jeu vidéo en tant qu'art. Si cela était une certitude pour beaucoup à la toute fin de règne d'une PS2 qui accueillait également Ōkami dans un contexte comparable, c'est désormais une évidence aux yeux de tous : le deuxième jeu de la Team Ico fait partie de ces titres à part, dignes représentants d'une culture de plus en plus désireuse de mettre en avant le talent de ses artistes et leurs visions d'un média qui leur permet de mieux en mieux de l'exprimer. Mais il fallait ici plus qu'un simple remaster pour s'en rendre compte, tant le projet original était (trop) en avance sur son temps.

Shadow of the Colossus PS4 était l'un des remakes les plus utiles du jeu vidéo

Si l'on critique régulièrement la propension du jeu vidéo à abreuver son marché de remakes plus ou moins hâtifs et/ou nécessaires (bien que ces affirmations demeurent subjectives), il faut bien reconnaître que certains d'entre eux s'imposaient pour de vrai. Celui de Shadow of the Colossus en est la parfaite illustration : sorti durant l'âge d'or d'une console proposant de la haute voire très haute définition et des expériences au gameplay maîtrisé et au framerate stable, il a permi de polir un diamant brut rare et de le faire briller comme il le méritait. L'œuvre originale de Fumito Ueda était aussi exceptionnelle que vraiment trop ambitieuse pour son époque, et si elle avait réussi à charmer les joueurs au point qu'ils fassent abstraction d'une technique d'un autre âge, son édition "définitive" sortie un peu plus de 12 ans plus tard ne fut pas de trop pour lui rendre hommage. Avec son remake, Shadow of the Colossus n'a pas spécialement pris une autre dimension : il a surtout pris l'apparence que son génial concepteur avait imaginée à une époque où une telle réalisation n'était pas encore possible. Et rien que pour ce genre de concrétisation de rêve, il existe des remakes parfaitement nécessaires, que l'on ne peut que saluer et même encourager.

Test
Shadow of the Colossus : Un remake qui rend hommage au chef d'oeuvre
Wiki
Solution complète de Shadow of the Colossus
News jeu
Shadow of the Colossus : un nouveau mystère à découvrir
Sommaire de notre soluce de Shadow of the Colossus
PS4 PS3 PS2 Sony Compilation Aventure Action Jouable en solo
Commentaires
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MeganRain MeganRain
MP
Niveau 35
le 20 oct. 2022 à 16:55

Sympa le jeu de mot "full mytho" Fumito ...

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