Presque 20 ans après Prime 3 Corruption et un développement difficile avec reprise du projet par Retro Studio, voici donc enfin arrivé ce Prime 4. Je m’attendais à passer au mieux un bon moment et si cela se transformait en excellente surprise, tant mieux. Dans les faits et après avoir terminé le jeu en 11h, on tient là le plus faible opus de cette quadrilogie.
Suite à l’activation d’un mystérieux artefact, Samus est téléporté sur une planète inconnue où des aliens lui demandent de transmettre leur cadeau à sa civilisation. Pour cela et rentrer chez elle, elle devra retrouver 5 clés dans différents niveaux. Que je le dise, si vous avez déjà fait un Prime, vous ne serez pas dépaysé : vous explorez, vous récupérez de nouvelles améliorations, boss, bac tracking pour récupérer des bonus que vous ne pouviez pas obtenir auparavant et bis repetita jusqu’à la fin du jeu. Les niveaux sont plutôt courts dans l’ensemble avec une très bonne direction artistique et scénarisés grâce à l’apparition de PNJ (des soldats de la fédération eux aussi téléportés), ça fonctionne et cette touche de narration ne m'a pas dérangé. En revanche, sur l’histoire principale, c’est décevant : Sylux (chasseur de prime de Hunter, l’épisode sur DS et teasé à la fin de Prime 3) n’est présent que très sporadiquement et n’apparaît réellement qu’à la fin du jeu. Il aurait été enlevé à l’intrigue, cela n’aurait pas changé grand chose.
Les “nouvelles” compétences (à l’exception du mode psychique qui permet de résoudre des énigmes) sont surtout des anciennes capacités auxquelles on a ajouté le mot “psychique” rien de plus rien de moins. Les rayons (feu, glace, électricité) sont maintenant améliorables et ne sont pas à négliger si vous voulez progresser plus facilement. Arrive LA nouveauté : la moto. Si on m’avait dit qu’un jour, ça débarquerait dans Metroid, je ne vous aurez pas crû mais force est de constater que les sensations sont là et que la maniabilité fonctionne bien. En revanche, le véhicule est peu exploité à cause de la seule zone ouverte du jeu : le désert. Et quand je dis que le jeu a souffert lors de son développement, cette zone en est un reliquat. Nul doute que Retro aurait voulu faire quelque chose de plus abouti parce qu’en l’état, c’est vide et ça ne sert pas à grand chose en plus d’avoir des activités minimes : trouver des améliorations, une quête secondaire avec un PNJ, une mission principale et casser des cristaux verts (à farmer obligatoirement si vous voulez débloquer le dernier niveau, une aberration). D’autant plus que vous allez faire d’incessants allers-retours jusqu’au sanctuaire pour faire progresser l’histoire et vous tapez des temps de chargements indigestes. Et si au départ, je pensais être libre de mes mouvements en explorant les niveaux comme je le voulais, le jeu s’avère linéaire et vous obligera quand même à suivre le rail défini.
Pour ce qui est des affrontements, la faune et la flore sont variées et les boss vraiment sympas, en revanche, les ennemis principaux sont répétitifs au possible (mutant ou robot). La musique, elle, est d’excellente facture.
Alors que vaut ce Metroid (surtout quand on est fan comme moi) ? C’est un jeu moyen. Si au départ, j’étais investi, je suis souvent passé en pilote automatique en explorant de temps à autre (85% d’objets collectés à la fin du jeu). Je préconiserais plus à un néophyte de découvrir les Primes avec le remaster du premier et dans un second temps, celui-ci. Personnellement, j’aurais préféré revenir à la formule des anciens ou passer complètement en monde ouvert (voir proposer un Metroid Other M 2). Ici, on a un essai du futur de metroid en espérant (rapidement) qu’un 5 voit le jour et soit une vraie réussite.