N'y allons pas par quatre chemins : Has-Been Heroes est une déception. Les créateurs de la trilogie Trine ont raté le coche du rogue-like dans les grandes largueurs, accouchant d'un titre décevant à tout point de vue.
Visuellement le design est affreusement générique, les personnages ne dégagent aucun charisme et sont de simples archétypes sans la moindre âme. Quand aux ennemis ce sont quasiment tous des squelettes/zombies, avec cinq ou six variantes histoire de donner le change mais on a rapidement l'impression de toujours taper les mêmes mobs. La 2D est bancale, le rendu donnant l'impression que les personnages flottent sur des arrières plans peu détaillés et sans le moindre charme. On est loin d'un Darkest Dungeon.
Niveau gameplay on a droit à un système intéressant sur le papier, mais expliqué à la va vite dans un tuto expédié en moins de cinq minutes et n'abordant que la moitié des mécaniques du jeu. Dommage, c'est clairement le point fort du jeu.
La difficulté est à la fois corsée et mal dosée. On se fait vitrifier lors des premières runs, puis on commence à appréhender les subtilités du gameplay. Le premier boss tombe, et on reprend espoir en se disant que finalement le titre n'est pas si déséquilibré que ça, et que les nouveaux environnements vont apporter du neuf. C'est à ce moment que le jeu décide de nous envoyer des hordes d'ennemis et que s'amorce la longue boucle du "je meurs, je gagne quelques âmes pour débloquer de nouveaux items/sorts, j'y retourne" qui a finit par avoir raison de ma patience. En 20h de jeu je n'ai eu qu'un vague sentiment de progression, là ou dans un Darkest Dungeon ou un Rogue Legacy on se sent devenir plus compétent, à la fois dans la maitrise du gameplay et dans l'amélioration de ses personnages. Ici rien de tout ça. On croise juste les doigts pour tomber sur les bons sorts chez les marchands sinon c'est la mort assurée devant le boss.
Dans les points positifs on peut noter la présence d'une VF audio, ce qui est toujours à saluer pour un titre aussi modeste. La musique bien que peu variée, est agréable sans être mémorable, elle fait le taf. L'humour est sympathique. Je n'irai pas jusqu'à en faire un argument de vente comme le fait le test JVC, mais ça donne un peu de personnalité au titre.
Le premier rogue-like de la Switch est donc un jeu médiocre, à ne réserver qu'aux purs masochistes du genre à cause de sa difficulté mal gérée, et ne compensant pas cet écueil par une direction artistique qui se révèle quelconque.