GRAPHISMES 5/5 : Ce troisième opus est visuellement aussi beau que les deux premiers. L’artistique fabuleux mais cauchemardesque s’osmose à merveille à une technique grandiose avec le moteur Unreal-Engine qui pousse la Switch de manières bluffantes. Modélisations, textures, animations, effets en tous genres, ombres et lumières en temps réel, … etc. tout est maitrisé ! Quelques concessions ont été faite sur cette version Switch qui tourne ici en 30FPS, au lieu de 60FPS sur les autres consoles de salon, la fluidité n’est toutefois pas à la ramasse, ni en mode TV, ni en mode nomade même si j’ai noté quelques ralentissements très rares. Alors c’est vrai en mode TV nous n’avons pas une vraie HD et en mode nomade le flou artistique est plus marqué avec dans les deux cas un tout petit soupçon d’aliasing par-ci par-là, mais je suis tatillon. Quant au côté artistique glauque, malsain et vraiment torturé de cette licence, sachez que l’inspiration penche du côté des œuvres les plus sombres de Burton, Jeunet-Caro, Itô ou encore Miyazaki. Malgré le changement de studio, le jeu a gardé son âme graphique, bravo !
SONS 5/5 : La bande-son toujours minimaliste est parfaitement intégrée au jeu, les bruitages sont grandioses et hyper réalistes, et les musiques sont fantastiques même si elles sont très rares. C’est bien simple, l’OST du jeu est là pour jouer en permanence avec nos nerfs et elle se marie parfaitement avec les images rendant l’expérience émotionnellement forte. L’ambiance cauchemardesque du titre est magnifiée par cette bande-son oppressante à souhait. Les écouteurs sont fortement conseillés.
MANIABILITE 3/5 : La prise en main est très simple car seulement quelques actions essentielles sont possibles. Tout se fait plutôt instinctivement mais des petits bémols viennent ternir le tableau. Les mêmes que pour les premiers opus pour ne rien vous cacher. Je m’explique, certains plans de caméra capricieux vous obligeront à vous y reprendre à plusieurs fois pour réussir une action voulue, et bien souvent c’est la mort assurée qui vous attend car certains sauts ou actions tiennent plus du hasard que de la justesse de placement et c’est bien dommage car cela se reproduira souvent durant le jeu. Heureusement les check-point sont nombreux et on n’a pas de vie limitée. De plus le manque de visibilité dans la pénombre, quelques soucis de collisions et la petitesse de certains objets vous poseront parfois problèmes. Des choses fâcheuses mais aisément pardonnables pour les deux premiers, sauf que dans ce troisième épisode, il y a en plus un gros point noir, qui est la collaboration désastreuse de l’IA et l’impossibilité de parcourir ce jeu à deux en local (uniquement en ligne) … Bref le côté coopération est raté, aussi bien au niveau des énigmes que du reste, c’est dommage.
DUREE DE VIE 2/5 : Les 4 chapitres de ce troisième jeu vous donneront un peu moins de fil à retordre que les deux premiers opus sur la longueur, mais sachez qu’il faut compter environ 5 à 8 heures pour voir la fin en fonction de votre niveau. Les fans du 100% referont le jeu sans nul doute, une deuxième fois, pour dénicher tous les collectibles parfois très bien cachés, portant ainsi la durée de vie à un peu plus de 12 heures maximum. C’est court il est vrai, mais sachez qu’un « pass-extension » va paraitre dans quelques mois en repassant à la caisse, pour rajouter du contenu sous la forme de DLC. Une pratique commerciale dégueulasse qui n’était pas présente pour le 1er ou le 2e sur la Switch.
FUN 3/5 : Clairement, le moins bon des trois. Plus simple, moins effrayant, plus court, et moins inspiré en général. Certes, il copie plutôt bien les deux premiers jeux dans sa mécanique, son esthétique et son univers si particuliers, mais en faisant moins bien. Nous avons toujours le plaisir du mélange habile de P-F, Puzzle-Game et Réflexion avec un soupçon d’Action-Infiltration mais ce titre ne vous marquera pas autant que les deux autres. Même si pas une seule fois la lassitude s’installera, je pense que le duo d’enfants méritait d’être un peu plus exploité que le 2e opus qui avait pourtant instauré des bases, un peu à la manière du jeu Unravel-Two. Plus qu’un véritable troisième volet d’une saga culte, cet opus ressemble davantage à un spin-off sur les peurs infantiles. C’est d’autant plus frustrant que Little Nightmares 3 est, en l’état, amputé de deux niveaux qui feront l’objet d’un futur DLC. Une démarche commerciale embarrassante, qui aurait pu être pardonnée si l’expérience du jeu de base, n’était pas aussi chiche et lacunaire. Difficile, dès lors, de s’imaginer repasser à la caisse après ça. Il faut se rendre à l’évidence : Little Nightmares 3 n’est pas un cauchemar … juste une déception après les excellents 1 et 2 !
MA NOTE : 7/10