Lors de son annonce lors d'un nintendo direct, difficile pour moi de comprendre l'engouement qui s'empara d'une partie de la sphère internet. Après quelques recherches, je compris pourquoi : imaginez que l'on vous annonce la localisation d'un jrpg 30 ans après sa sortie au Japon dans un remake de toute beauté ? Il n'en fallait pas plus pour que le titre m'interpelle car il représentait la grande époque où le nom de Squaresoft (devenu Square Enix entretemps) faisait rêver plus d'un joueur occidental. C'est donc avec joie, en cet été maigre en sorties, que j'ai commencé mon aventure et qui, finit, me laisse tout de même sur ma faim.
Mais d'abord, c'est quoi Live a Live (ou LAL pour les intimes) ? Un JRPG dans lequel, vous n'incarnerez pas un mais bien sept personnages (huit en réalité) qui vivront chacun une aventure à une époque distincte avant de se retrouver tous ensemble dans un chapitre final. Ce principe vous rappelle quelque chose ? Oui, Dragon Quest IV dans lequel vous incarniez chacun de vos compagnons avant de les recruter en tant que héros. Live a Live reprend donc ce principe mais en poussant le concept beaucoup plus loin : série de combats digne d'un mode arcade pour l'artiste martial, aventure narrative pour Cube le robot, combat de robots géants dans le futur proche...Bref, au niveau de l'originalité, ça fonctionne toujours aussi bien notamment via les héros ou le soin apporté à la narration, Pogo, l'homme préhistorique ne s'exprime que par des émotes par exemple. Niveau combat, là, encore, l'originalité est au rendez-vous : plus ou moins au tour par tour, vous et vos ennemis vous déplacez sur un damier. Pour lancer une attaque, vous devez tenir compte de la portée et de l'orientation choisie, du type de l'attaque ainsi que son temps de chargement. Bien qu'un peu répétitif et avec une tendance à spammer les même attaques par moment, les combats deviennent plus plaisants lorsque que l'on doit coordonner plusieurs personnages. Musicalement, la bande-son ne m'a pas enchanté plus que ça et n'est pas marquante outre mesure. Quant à la durée de vie, comptez une vingtaine d'heures grand max, ce qui est idéal pour ce que le jeu nous propose.
Maintenant en tant que remake ça vaut quoi ? Hé bien, j'ai trouvé ça plutôt fainéant. Le titre est blindé de micro-chargements intempestifs (notamment dans le chapitre de Cube) qui me ferait presque regretter les transitions au noir quasi-instantanées d'autres jrpg. Graphiquement, Square rentabilise son mélange de sprite 2D pour les persos et décors 3D style 2D initiés depuis Octopath Traveler. Si l'on compare ça à la version SNES, c'est le jour et la nuit même si je trouve que le jeu original possède un charme que cette version n'arrive pas à égaler. Quelques ajouts sommaires ont d'ailleurs été faits comme la présence d'une mini-map ou d'un décompte pour le scénario de Mad Dog, le cow-boy, qui doit défendre une ville de l'assaut de bandits...Mais tout cela aurait dû aller beaucoup plus loin notamment du côté des scénarios et du gameplay ! Le Ninja, par exemple, possède une carte sommaire du château qu'il doit infiltrer...La bâtisse est vaste alors pourquoi ne pas avoir ajouter des bouts de cartes que l'on aurait pu trouver lors de notre exploration ? D'ailleurs, on nous propose de jouer de manière discrète ou bourrine dans cette histoire...En 94, pourquoi pas, cela pouvait être original mais dans le cas d'un remake, appuyer sur le bouton Y qui nous rend invisible à la vue de tous, c'est basique de chez basique. De même, les (petits) choix que l'on nous propose n'ont pas de réel impact et il aurait été de bon ton qu'ils en aient. Même chose au niveau de certains combats obligatoires,trop nombreux, que vous devrez enchaîner. Pour en reparler d'ailleurs, LAL propose un leveling étrange où vous pouvez tomber sur des ennemis plutôt faible et parfois des sacs à PV que vous devrez boxer pendant un moment (ou prendre la fuite vu les dégâts qu'ils peuvent vous infliger). Bref, ça ne va pas assez loin.
Enfin, aurez-vous de le refaire ? Très clairement, non. Une fois la découverte passée, vous retenterez certains scénarios comme le Maître d'Arts Martiaux qui vous permet de choisir votre disciple parmi 3 mais ça s'arrêtera là notamment à cause de phases de dialogues indigestes par moment ou du back-tracking de certaines histoires (notamment la dernière).
Ce Live A Live 2022, selon moi, est donc loin d'être une réussite. Les améliorations proposées ne sont pas assez importantes. Tant mieux pour les joueurs que ce titre ait enfin passé les frontières (et à petit prix en plus) mais Square Enix aurait dû bonifier ce remake qui n'en aurait été que meilleur.