Bien que cet opus ait un concept plus que séducteur sur papier, force est de constater que le résultat n'arrive pas à la cheville des attentes qu'il avait fait naître en nous dans cette version Switch, mais pas que.
La DA:
Elle est paresseuse et manque d'originalité. On note aussi énormément de répétitions de modèles, tant dans les décors que les PNJs.
Les personnages jouables sont aussi peu inspirés, au point où l'identité des Monstrums est révélée dès qu'on les rencontre sous leur apparence normale.
On retrouve dans Ys 9 les fameux "points de vue", mais vous n'aurez aucune sensation de vertige ni de grandeur que nous sommes habitués à retrouver depuis Assassin's Creed 1. La faute est probablement à chercher du côté de la version Switch.
Technique:
On sent que le jeu a été fait à la va-vite. Nous avons des murs invisibles, la technique de déplacement d'Adol qui traverse les décors, la course sur les murs bloquée par les hitbox approximatives, etc.
L'incapacité de lever la caméra peut rendre compliquée la technique de déplacement d'Adol dans les espaces ouverts.
La distance d'affichage est aussi problématique en dehors de Balduq.
Autre soucis dû à la version Switch; Les chutes alarmantes du framerate dont souffre le jeu en combat. Il m'est arrivé fréquemment de descendre sous le seuil de 1 image par seconde.
Et mention spéciale à l'animation de rotation des personnages dans les cinématiques.
Autre problème qui n'est en rien lié au support cette fois; Les actions sont tellement nombreuses que les réassigner tient plus du casse-tête qu'autre chose, surtout à cause du cumul d'actions assignées sur une même touche. Et en changer les touches est quasi obligatoire car elles tiennent en l'état d'un réel défi à la notion d'ergonomie.
Gameplay:
Le titre souffre d'une forte latence dans les inputs. Il faut anticiper chaque saut, roulade et frappe si vous ne voulez pas voir votre action échouer lamentablement. La frustration se met vite en place dans les phases de plateformes.
En combat, la portée de la technique de déplacement d'Adol est faible et elle souffre un cooldown variable, de même que le changement de personnage jouable.
L'abus d'effets lumineux dans les combats nuit aussi au gameplay. Le cumul de techniques rend l'action quasi illisible et l'action devient vite incompréhensible.
Le système de craft est raté. Il est moins couteux d'acheter de nouveaux équipements que d'améliorer ceux que nous possédons. Et l'amélioration de l'équipement late game ne nécessitant pas de matériaux du début du jeu, ce sont des dizaines d'objets qui n'ont aucune utilité.
Scénario:
Les personnages y ont un traitement très inégal. On va d'une part dans le cliché le plus basique à d'autres qui sont bien plus fins et intéressants. Malheureusement, les arcs des protagonistes sont expédiés en quelques phrases disséminées en à peine quelques minutes de jeu, afin de revenir rapidement à des quêtes annexes FEDEX et autres anecdotes.
La structure globale du scénario est répartie en deux segments. Le premier, qui représente à peu près les trois premiers quarts du jeu, est épisodique et peu inspiré qui recommence 6 fois sans variation. La diégèse n'y a malheureusement aucune crédibilité.
Exemples: Le déguisement d'Adol, en cavale, qui disparaît sous sa forme de monstrum et qui lui rend sont apparence initiale. Le joueur peut aussi déclencher une technique de déplacement devant n'importe qui, ce qui lui fait prendre son apparence de monstrum, et personne ne réagit alors qu'ils sont censés être recherchés.
Son rythme aussi est catastrophique dans le premier segment. N'attendez à le voir démarrer avant 25h de jeu en jouant tranquillement. Et quand il démarre, il le fait très lentement.
Mais le dernier quart est réellement intéressant, original et profond. L'attente vaut vraiment le coup si vous tenez jusque là.
Musique:
Ne vous attendez pas à fredonner un des thèmes après avoir éteint votre console. On notera malgré tous quelques thèmes qui ressortent un peu du lot mais qu'on ne croisera que trop rarement.
En résumé:
Cette adaptation Switch est au mieux approximatif, franchement paresseux, voire carrément abandonnés en cours de route comme le craft.
De manière générale, le titre souffre du même manque d'attention que ses prédécesseurs pour tout ce qui est du modeling de l'environnement et du gameplay, plus proches de ce qui se faisait techniquement sur PS2. Il s'agit là d'une "patte" malheureuse du studio.
Mais le jeu ne manque pas d'intérêt pour autant, même s'il faut être très persévérant pour atteindre l'étape dans le scénario qui justifie les longues heures d'ennui que le joueur a dû supporter jusque là.
Cet opus est inférieur à Ys 8, mais vaut le coup si vous connaissez déjà les défauts de la série.
Evitez si possible la version Switch, qui est impardonnable quand on voit qu'elle fait tourner BOTW.
J'aimerais être plus complet mais c'est impossible en seulement 5000 caractères.