Zelda Tears of The Kingdom est-il un bon jeu ? La réponse est oui.
Est-il un très bon jeu ? La réponse est oui.
Est-il exceptionnel ? La réponse est encore oui.
Est-il décevant ? …… Malheureusement, la réponse est de nouveau oui.
C’est un chef-d’œuvre…avec des fissures.
Tears of the Kingdom était l’un des jeux les plus attendus de ces dernières années, et Nintendo a livré une suite qui, tout en étant impressionnante, divise aussi sur certains points. Si la verticalité, l’optimisation et la liberté d’exploration en font un jeu grandiose, il souffre d’un certain manque d’identité propre par rapport à Breath of the Wild (BOTW).
Je prends la décision d’écrire ce test après environ 300h de jeu, dont près d’un an de pause avant d’avoir repris, non sans un grand plaisir.
Une suite qui sublime la formule de BOTW
Le premier point qui frappe, c’est l’immensité et la verticalité du monde. L’ajout des îles célestes et la possibilité de plonger dans les airs offrent une liberté grisante. Le shield surfing depuis le ciel est un pur plaisir, et voler aux côtés des dragons est un moment d’émerveillement absolu. La carte, même si elle reprend celle de BOTW, reste magnifique et regorge de détails et de villages marquants.
L’histoire, cette fois plus présente, ajoute un vrai plus par rapport au premier opus. Si BOTW nous faisait principalement découvrir un passé figé, TOTK nous fait vivre une histoire en temps réel, et Ganondorf fait un retour en force, offrant un antagoniste charismatique et mémorable.
La difficulté est bien équilibrée, avec des moments vraiment épiques comme l’affrontement contre l’hydre volante à trois têtes, qui représente un vrai défi même en étant bien équipé. De plus, certains objets puissants doivent être mérités (comme le masque de Majora), ce qui pousse à l’exploration.
Enfin, le jeu reste parfaitement adapté aux sessions courtes, un atout majeur pour les parents et ceux qui ne peuvent pas jouer des heures d’affilée. On peut faire pause à tout moment, et la structure permet de progresser petit à petit sans frustration.
Une suite qui peine à se démarquer
Si TOTK brille par son optimisation et ses ajouts, il a du mal à se détacher de BOTW. La carte, bien qu’évoluée, reste la même, et une partie du plaisir d’exploration disparaît si vous avez déjà passé 200h sur BOTW. Beaucoup d’éléments sont recyclés, des costumes aux musiques, et le bestiaire reste trop limité, surtout dans les profondeurs.
Par ailleurs, certains choix de gameplay frustrent plus qu’ils n’apportent de la nouveauté. La disparition des bombes infinies est regrettable, et les pouvoirs des champions sont moins bien pensés, notamment car ils se mettent souvent sur votre chemin quand vous appuyez sur A. Les nouveaux mécanismes, comme les cristaux pour faire apparaître les sanctuaires, sont plus contraignants qu’amusants.
L’inventaire reste une plaie. Devoir réattacher un objet à chaque flèche est une lourdeur inutile, et on passe sa vie à trier ses armes et ses ressources. De plus, même après avoir farmé pendant des heures, le niveau de puissance maximal est inférieur à BOTW, ce qui donne une sensation de progression moindre au fil du jeu.
Côté contenu, les îles célestes sont sous-exploitées, leurs designs étant souvent répétitifs. Le monde souterrain est monotone et anxiogène, et son exploration devient vite une corvée. Les quêtes annexes manquent de profondeur, et l’intérêt de la cuisine reste toujours limité, ce qui rend certains systèmes moins engageants qu’ils auraient pu l’être.
Enfin, si BOTW possédait une vraie replay value, TOTK en manque cruellement. L’introduction est longue, et sans mode difficile ni DLC, le jeu peine à donner envie d’être refait après un premier run. Un transfert de sauvegarde depuis BOTW aurait aussi été une excellente idée pour renforcer l’immersion et la continuité de l’aventure.
Verdict : un chef-d’œuvre imparfait
Tears of the Kingdom est une expérience inoubliable, sublimée par sa verticalité, son monde immense et sa liberté de jeu. Nintendo a su améliorer certains aspects de BOTW, avec une histoire plus active et un gameplay toujours aussi addictif, mais la suite peine à se forger une véritable identité.
Si vous avez adoré BOTW, vous y passerez encore des dizaines (voire centaines) d’heures, mais certaines lourdeurs et son manque de renouvellement pourraient frustrer les joueurs en quête d’un vrai renouveau.
Note finale : 18/20
Un jeu exceptionnel, mais qui aurait pu aller encore plus loin.