Ashen m'avait bouleversé par ses panoramas, sa variété et ses musiques. A44 avait alors réussi à proposer ce genre d'atmosphère qui me touche profondément. La pâte artistique du studio m'avait transporté d'un bout à l'autre du soft sans jamais me lasser.
J'avais donc hâte de me lancer dans Flintlock. Alors qu'encore aujourd'hui Ashen mérite 17/20 dans mon coeur, je ne fais pas le même constat pour Flintlock.
Niveau gameplay, le bon est fait. Certes, s'il n'est pas aussi saisissant qu'un reboot de God of War, je ressens beaucoup de fluidité manette en main, à alterner entre les trois composantes de l'arsenal : corps à corps, tir, malédiction. Chacune est complémentaire des autres, qu'importe celle que l'on privilégiera. Les armes secondaires elles aussi œuvrent à la diversité et il sera possible de se créer un build satisfaisant pour peu qu'on identifie nos affinités. Aucune faiblesse à signaler de mon côté : je me suis sincèrement amusé.
Les deux personnages principaux m'ont parlé, et c'était un petit bonheur de suivre leurs dialogues. Je n'ai pas eu la larme à l'oeil en les quittant, mais l'attachement - l'intérêt - était présent.
Néanmoins, l'histoire - sans être décousue - ne m'a en aucun cas emporté. Quoique mieux mise en scène, elle est digne d'un hack & slash. Dans cette continuité, le développement de la relation entre Nor et Enki manque de volume. Celui-ci est à l'image des mondes visitables, au nombre de deux et demi (le troisième tenant théâtre pour le début et la fin). En le comparant à Remnant II par exemple, que je fais boxer dans la même catégorie de AA+, on remarque un manque de variété certain. Deux mondes, pour deux ambiances distinctes, et qui finalement ne m'ont pas plus parlé que ça. En fait, si je dois retenir de ces panoramas ce qui m'a le plus plu, il s'agirait des villes. La première pour sa musique "City of Writ", composée par e.hillman, rappelant tant les atmosphères sonores d'Ashen. La seconde, pour son esthétique architecturale épurée dans le macrocosme, si détaillée et latine dans le microcosme. Vraiment, à ce moment j'ai été saisi. (modifié)
L'expérience globale ne me semble pas homogène. Sans non plus être asymétriques, la première map me semble plus longue à compléter que la deuxième. De façon respective, la qualité du level design est autant concernée. Aussi, là où la nature sauvage ennuie par passage, les villes sont merveilleusement travaillées. Certains moments clef de la relation entre Nor et Enki manquent de consistance, de matière, évoluant par poussées contractées. Si l'on réfère au modèle des interactions entre personnes, cela décrédibilise un brin ces deux personnages tout de même attachants. Sinon "City of Writ", "The Sealed Man" et "The Wanderer's Rest" - que je vous invite vivement à écouter -, les ambiances sonores de Flintlock m'ont fait regretter celles d'Ashen.
À mesure que je progresse, le jeu me laisse deviner son souci de financement. A44 avait beaucoup d'ambition pour Flintlock. Après Ashen, qui n'a pas connu l'affluence d'un Dark Souls, quoiqu'apprécié à la presque unanimité de ses joueurs, A44 a voulu s'affirmer avec un titre au budget plus important.
A mon avis, Flintlock aurait dû être le troisième jeu d'A44. La trésorerie du studio n'a pas permis de cristalliser toute l'ambition que les devs ont nourri pour ce soft. Arrivé à la moitié de la seconde map, on sent relativement bien que le chewing-gum s'étire jusqu'à la fin. Cette dernière est ceci dit illustrée par un combat de boss plutôt bien équilibré quant à l'expérience souhaitée. Mon cœur battait fort lors du dernier coup porté à la bête !
Je garde néanmoins une expérience d'ensemble positive, avec des combats accrocheurs, certaines atmosphères envoutantes et une amitié dont je me souviendrai. Si vous avez l'occasion d'y jouer sur le gamepass gratuitement (ce qui fut mon cas grâce au cadeau Discord Nitro) il ne faut pas hésiter !
Merci de m'avoir lu ^^