Echaudé par l’accueil négligé (et pour cause) de Rogue Corps, Konami revient à la formule qui avait fait le succès de sa licence avec un Run & Gun nerveux et exigeant en scrolling horizontal.
Après tout, c’est tout ce que réclamait les fans de la 1ere heure !
Et ils retrouveront vite leurs marques et le challenge qu’ils étaient en droit d’attendre : du “par coeur”, des boss sac à PV, du rythme, des grosses armes, de l’explosion, pas mal de clins d’œil (un peu trop appuyés) à leurs épisodes favoris. Et le jeu propose une fois le mode difficile terminé, 2 modes de difficulté supplémentaires pour les plus masochistes d’entre eux.
Konami ne veut pourtant pas non plus rebuter de nouveaux joueurs moins dégourdis en offrant des aides : disposer de 3 barres d’énergie pour chaque ”vie” (plutôt que les traditionnelles instant kills), activer jusqu’à 2 bonus permanents, et si ce n’était toujours pas suffisant, les continues sont de toute façon illimités. Pour autant, la quête des trophées PlayStation vous contraindra à maîtriser le jeu de bout en bout.
Côté gameplay, rien à signaler, ça répond au doigt et à l’oeil. On retrouve les sensations des Contra, c’est certain, et on prend définitivement plaisir à dézinguer le bestiaire (relativement limité) tout en esquivant leurs tirs ou leurs griffes. Des mécaniques déjà éprouvées sur les épisodes précédents ajoutent un zeste de stratégie, comme le dash ou le fait de pouvoir sacrifier une arme pour profiter d’un bonus momentané mais salvateur.
En terme de durée de vie, Konami a vraiment été généreux. C’est franchement pas mal avec 8 niveaux assez longs (mais manquant de variété) que l’on pourra parcourir à de multiples reprises en mode histoire, arcade ou encore en mode défi ou speedrun. Vos runs seront tous mis à contribution car vous engrangerez des pièces permettant d’acquérir l’un des nombreux bonus à débloquer, notamment les nombreux personnages jouables proposant des variations de gameplay (dash different, saut simple ou double saut, grappin, survol, rendu des armes différents). Notez également que l’on peut jouer jusqu’à 4 en même temps, chose que je n’ai pas eu l’occasion d’essayer. En tout cas, à 2, ça reste excellent.
Niveau musique et effets de sonore, c’est bien mais pas fou. Il n’y a pas le parti pris Metalleux des épisodes PS2 qui lui allait bien, mais je dois avouer que j’apprécie aussi jouer avec les versions réorchestrées d’Alien Wars qui font partie des bonus.
Pourtant, malgré des qualités indéniables, le jeu laisse comme une sensation d’inachevé. Konami peine à moderniser sa formule. Il n’y a aucune prise de risque par rapport au format qui avait fait le succès de sa licence par le passé. C’est rassurant, cela pourra ravir les joueurs déjà convaincus, mais les nouveaux joueurs seront sans doute moins tolérants avec ces défauts.
En fait, le jeu pêche essentiellement par une direction artistique malheureusement assez convenue. Les graphismes et l’animation ne sont pas mauvais en soient, il y a ici et la des effets de lumière discrets mais immersifs, les personnages sont bien modélisés et animés, mais le design manque furieusement de saveur. Je comprends ceux qui le comparent à un jeu mobile (d’ailleurs il existe un Contra sur mobile qui lui ressemble à bien des égards). Tout est trop propre, trop lisse, aseptisé. Ça manque d’identité. Certains décors sont peu inspirés (jungle et villages font redondants comme la ruche ou les intestins du boss final). On aurait souhaité plus de diversité, des effets météo plus marqués (le train glacé aurait pu être plus spectaculaire) et variés, davantage d’animations d’ambiance. Les mouvements de caméra préexistants sur les épisodes PS2 et qui permettaient de donner davantage de profondeur sont ici trop rares. On tente bien des mises en scène pour les demi-boss et boss mais ça tombe généralement un peu à plat pour les afficionados car repompés du Super Probotector de la SNES ou du Shattered Soldier sur PS2 (qui était déjà très inspiré du 1er).
Malgré un contenu franchement à la hauteur, et un retour au source emprunt de nostalgie, Konami souffle le chaud et le froid, peinant à faire avancer sa licence. Ça manque d’un soupçon d’ambition pour donner un jeu complètement convaincant comme cela a pu être fait avec Streets Of Rage IV (si on doit comparer avec une licence bénéficiant de la même aura). Bien qu’assurément plaisant à jouer et doté à ce titre d’un goût certain de “reviens-y”, on ne peut que regretter le manque d’originalité, mais plus encore le manque d’identité du titre et sa direction artistique quelque peu ratée. On peut néanmoins constater que le format marche toujours, et on espère que Konami nourrisse de plus grandes ambitions sur un prochain opus.