Ce remake de Silent Hill 2 tient toutes ses promesses pour un rendu final qui vaut clairement le détour.
La vraie réussite réside dans l'atmosphère et l'ambiance du jeu totalement fidèle à l'expérience de l'époque sur PS2 qui avait traumatisé une génération entière de joueurs. Que ce soit la brume opaque de la ville, les environnements bouffés par la rouille de l'autre monde, la radio qui grésille et s'affole dans le micro de la manette à l'approche d'un monstre, le sound design, tout est fait pour oppresser le joueur en permanence. Et ce n'est pas le système de combat qui parviendra à prodiguer un quelconque sentiment de sécurité, le personnage est lent et un peu balourd. Qu'il s'agisse d'un vrai choix de gameplay ou d'un loupé, le fait est que cette lourdeur renforce bizarrement l'immersion (mais ça ne plaira pas à tout le monde).
On retrouve également le système d'énigme de l'époque qui n'est qu'un prétexte pour farfouiller tous les recoins de la ville et ses bâtiments au fil de la descente aux enfers de notre personnage. Là encore, le level design est une franche réussite, l'exploration se fait naturellement sans besoin de taper des allers retours inutiles. C'est indéniablement une grande qualité du jeu, même si on peut regretter une certaine redondance quand on arrive aux 3/4 de l'histoire.
Le scénario tient quant à lui sur un bout de papier à première vue avec beaucoup de scènes aux enjeux très flous, jusqu'à la révélation finale qui apporte un second degré de lecture à l'ensemble de l'aventure. C'est brillant, comme à l'époque.
Néanmoins, on peut regretter un certain manque de variété dans le bestiaire, même si les monstres iconiques sont tous bien entendus de la partie, on aurait pu s'attendre à un peu d'innovation de ce côté, ce qui n'aurait pas dénaturé le jeu.
On peut également lui reprocher la surabondance de soins et munitions. Au temps pour le "survival"...
J'en termine par l'aspect technique, sur PS5 je dois dire que ce n'est pas folichon. Pas de bugs notables mais quand même quelques chutes de FPS, des textures qui mettent du temps à se synchroniser (systématique quand on essaye de regarder un objet), des expressions faciales d'une autre époque et des mouvements pas du tout naturels des protagonistes. Ça ne gâche pas le jeu mais c'est à souligner.
Pour conclure, malgré quelques défauts mineurs, Silent Hill 2 remake remplit le contrat en nous replongeant avec brillo dans l'enfer de James Sunderland. Il faut voir le jeu comme une expérience à appréhender dans certaines conditions particulières pour pouvoir en profiter tel que les développeurs l'ont imaginé (vous aurez compris, n'y jouez pas en journée, ça n'aurait plus aucun intérêt). Froussard, s'abstenir !