Pendant longtemps, j’ai hésité à me faire un avis sur ce jeu. Finalement, un mois après l’avoir terminé, je peux enfin écrire une critique et malheureusement, je ne recommande pas Veilguard.
Pour poser le décor : je suis un grand fan de Dragon Age. J’ai joué à tous les opus précédents plusieurs fois. Il faut être clair : même si l’essence de la saga est restée la même, aucun jeu ne ressemble vraiment aux autres, et ce serait idiot d’attendre de Veilguard qu’il fasse exception. Pourtant, il parvient malgré tout à être le plus faible de la série, offrant l’expérience la plus oubliable de tous les Dragon Age.
Mon plus gros problème avec ce jeu : il vous tient par la main.
Et il le fait tellement fort que ça en devient étouffant. L’intrigue est ultra linéaire, l’exploration n’a aucun intérêt (si on peut encore appeler ça de l’exploration). En réalité, vous passerez votre temps à buter sur des murs invisibles ou visibles, qui ne se débloquent qu’au moment où le jeu a décidé que vous aviez le droit d’y aller.
Le combat ? Avec quelques réglages sur l’assistance à la visée, c’était plutôt fun (du moins en tant que voleur au combat rapproché). Mais les compagnons sont totalement inutiles.
Vous avez l’aggro quasiment tout le temps, et ils sont incapables de gérer le moindre adversaire seuls. Leur seul intérêt ? Activer leurs compétences spéciales de temps en temps.
L’univers est joli, oui. Le moteur Frostbite a toujours su rendre des paysages impressionnants. Mais c’est bien la seule chose qui rende l’exploration agréable.
Les "énigmes" environnementales ? Une insulte à l’intelligence du joueur. Il ne manque plus qu’une énorme flèche néon clignotante sur les leviers et cristaux à activer, pour bien être sûr que vous ne puissiez pas réfléchir une seconde. Et ne vous inquiétez pas, si jamais vous osez prendre votre temps, vos compagnons vous répéteront en boucle quoi faire. Jusqu’à ce que vous hurliez un "Fermez-la !!" devant votre écran après le millième "On doit trouver le cristal pour ouvrir cette porte".
Le jeu se joue tout seul.
Il demande presque zéro implication de la part du joueur. Vous êtes là pour cliquer sur des boutons lumineux pour "améliorer" vos boutiques et vos armes. Pour choisir des options de dialogue, mais au lieu du bon vieux schéma classique des RPG, ici une simple option enclenche une longue cinématique où vous regardez passivement ce que les scénaristes ont décidé. Vous n’avez aucune influence réelle sur votre personnage, Rook sonne creux.
Le contenu romance ? Une blague.
Quelques courtes scènes sans alchimie, vite expédiées, histoire de cocher la case "romance" sur la boîte.
Et au passage, j’ai perdu un paquet de respect pour Hans Zimmer, qui a signé une BO d’une banalité affligeante, façon "playlist YouTube 10h de musique fantasy générique".
Le jeu oublie même son propre lore.
La plupart du temps, j’avais l’impression de jouer à un JDR papier, mais d’être le seul joueur à rester sérieux pendant que tout le monde se marre aux descriptions du MJ. Avec la musique de Zimmer en mode cirque en fond, parce que pourquoi pas.
Et ce n’est pas tout. Les nuances morales ont disparu.
Les gentils sont 100% gentils, les méchants sont 100% méchants, point final. Tout est trop lisse.
Même les adversaires sont totalement déshumanisés, ce qui rend ce jeu paradoxalement plus raciste et xénophobe que les précédents, alors que j’imagine que leur but était justement l’inverse.
Tous les conflits d’équipe ? Réglés en trois secondes chrono.
Toutes les factions qui auraient pu être un peu plus grises ? Lissées et aseptisées. On se retrouve avec des assassins bienveillants et des pirates qui ne volent pas.
Conclusion
J’avais envie d’aimer ce jeu, mais il n’a jamais réussi à me faire m’y attacher. Et c’est bien son plus gros défaut.
Il y avait un potentiel, quelque part, il y a dix ans, quand le développement a commencé. Mais le produit final ressemble à une version fade et diluée de ce qu’il aurait pu être.