Mon Avis :
Passons d’abord sur les parties les moins importantes à mes yeux. Les graphismes sont chouettes, les personnages ont un chouette design et les cinématiques, animées, sont de toutes beauté. On est très loin des ténors de la PS4 et jamais vous ne verrez un visage aussi détaillé que dans Uncharted, ou même Final Fantasy 13 (pourtant sorti jadis sur ps3). Les décors sont sympas, sans être de toute beauté. Bref, le côté artistique m’a plu, mais techniquement, on ne voit pas bien la différence avec des jeux d’il y a 5 ans, voire 10.
La bande-son, très importante, colle bien au thème du jeu et à l’action, et l’écouter en boucle ne vous rendra pas fou (je dis en boucle, car le jeu dure bien 100h, même en allant vite…). Certains thèmes de boss sont entraînants. Bonne réussite.
Au niveau des donjons, ceux-ci se révèlent assez classiques. Nous sommes à des années-lumière d’un Dark Souls, et le design aurait encore une fois pu apparaître sur ps3, voire ps2. Ils ne sont pas déplaisants pour autant, se complètent en plusieurs fois (ce qui permet de faire des pauses en cas de lassitude, pour aller à la salle de sport avec son best ou pour emmener sa dulcinée au salon de thé), et servent le propos.
Les combats, eux, m’ont plu. Certes au tour par tour, ils se révèlent très dynamiques, et stratégiques. Plusieurs niveaux de difficulté permettent de choisir ce que l’on souhaite, ainsi les hardcore gamers comme les casuals y trouveront leur compte (je crois même qu’il y a une option pour ne pas du tout faire de combat et juste profiter de l’histoire). Sans spoiler le contexte, vous utilisez des attaques physiques et élémentaires (une dizaine de types d’attaques), qui s’opposent à des résistances, ou à des faiblesses des ennemis. Le but est ainsi de trouver la faiblesse de tous les ennemis présents, de l’exploiter pour espérer faire un hold-up, qui permet en général de finir le combat en un coup. Assez simple au début du jeu, cela gagne en complexité à mesure que l’on avance.
L’expérience :
Sans spoiler, la trame principale est passionnante. Elle commence sur des chapeaux de roues, et vous passez plusieurs heures de jeu sans souffler, à découvrir les premiers personnages et les premiers donjons à un rythme incroyable, où déjà le colossal du jeu se montre. Finalement, vous ne pourrez souffler qu’au bout de nombreuses heures, et ce sera le moment de découvrir un Tokyo plus vrai que nature, de Shibuya à Shinjuku. Vous ferez plus ample connaissance avec des personnages, et découvrirez leur personnalité.
Un mot sur les personnages : ceux-ci se dévoilent au fur et à mesure de l’aventure et plus vous les comprenez, plus vous pouvez admirer le travail des scénaristes pour les rendre plus vrais que nature. Les interactions et les dialogues, nombreux, souvent doublés, sont savoureux et crédibles. J’ai souvent rit devant leurs répliques, très bien écrites, et qui en font non pas des personnages, mais des êtres humains.
Car ils sont la force de ce jeu : ils deviennent, peu à peu, vos amis de lycée. Le personnage principal est assez peu caractérisé, et ses réponses génériques. Cela ne pose aucunement problème, et permet de s’identifier à lui facilement, et de se projeter. Dès lors, ses amis sont vos amis, et les relations que vous entretenez avec eux paraissent très personnelles. Les options de dialogues sont peu nombreuses, mais bien choisies et je me suis rarement retrouvé à me dire : non, j’aimerais dire autre chose.
Les options de romance ne manquent pas non plus : vous jouez un étudiant, et pouvez nouer une relation avec les autres membres de votre groupe, ou avec des femmes plus âgées, qui vous aident en secret et qui deviennent vos confidentes. Le jeu tâche au maximum de prendre en compte votre choix, ou au moins de donner l’illusion
En attendant, la relation qui s’est nouée dans ma partie, a très bien marché, et elle a apporté un soutien moral au personnage bienvenu, vu les épreuves qu’il endure.
Car oui, le jeu, dans son ensemble, aborde des thématiques sombres, et nous entraîne du côté « ombre » de l’humanité. On rencontre des cas de harcèlement, de violences, d’exploitation de la misère humaine, de meurtre et de viol même. Sous le couvert de J-RPG pour adolescents, un monde toutes en nuances se dessine, lourd de sens, et qui pointe beaucoup de dérives et d’hypocrisie modernes.
Contre cette noirceur et les horreurs de l’inconscient, la légèreté (dans le bon sens du terme) des personnages, porteurs d’un message humaniste et feel-good, mais jamais crétin.
Pour conclure sur l’histoire, les liens qui se créent, centraux au gameplay, vous attirent dans le jeu, d’une manière bien plus efficace que le dernier kit de réalité virtuelle, si bien que lorsque l’expérience se termine, c’est le cœur serré que vous quitterez vos nouveaux amis de lycée, en les remerciant pour tout ce qu’ils vous ont apporté.