Dans Manhunt 2, la violence n'est en rien gratuite. Le gars tue pour sauver sa peau, victime qu'il est de la traque qui lui est faite. Un peu comme le lapin de Chantal Goya, celui qui, ce matin, avait un fusil et a tué un chasseur... On ne va tout de même pas lyncher ce pauvre lapin sur la place publique, non ??
Alors pourquoi le jeu a-t-il subi la dure loi de la censure ? Certes, le docteur Lamb de Manhunt 2 est un peu plus sadique dans ses exécutions que le lagomorphe à longues oreilles de Chantal, mais il n'y avait pas de quoi en faire tout un civet. Certains jeux faisant l'apologie du banditisme ou glorifiant la guerre sont bien plus pernicieux à mon sens. Mais que voulez-vous, dans ces jeux-là, on tue proprement, avec le code de l'honneur et un arsenal en règle approuvé par la NRA, donc ça passe. D'ailleurs, les phases de shoot pures, à l'arme à feu, n'ont pas fait l'objet de polémique dans Manhunt 2. Logique implacable, quand tu nous tiens...
Parlons-en d'ailleurs du gameplay de Manhunt 2. Comme son excellent prédécesseur, ce volet alterne infiltration et fusillades musclées. Bien que certains lui reprochent une certaine rigidité et des graphismes moches, il n'en est rien. La maniabilité est excellente, la lisibilité des environnements est tout à fait bonne et permet de mener sans failles toutes sortes d'actions furtives, et les graphismes sont parfaitement réussis. L'ambiance est exceptionnelle et vous prend aux tripes d'entrée de jeu, et le scénario est particulièrement bien ficelé.
J'avais adoré Manhunt premier du nom, et j'ai adoré celui-ci. Le test n'est pas du tout objectif, et en plus il spoile copieusement ! Donc si vous ne l'avez pas encore lu, abstenez-vous au risque de vous voir révéler un élément clé de l'histoire. Et ça vous évitera par la même occasion de lire un fatras d'inepties que seule la mauvaise foi de son auteur ne saurait expliquer. À croire que certains baissent vite le slip dès que la puissante Censure pointe le bout de sa queue...