J'avais adoré le premier Obscure, joué en coopération, mais célibat oblige, c'est en solo que j'ai parcouru ce second volet. Si l'expérience est un peu moins grisante qu'à deux, elle n'en demeure pas moins excellente. L'intelligence artificielle est suffisamment bonne pour contrôler efficacement notre coéquipier. Le gameplay, toujours aussi riche, alterne savamment les différentes phases de jeu : combats, exploration, réflexion omniprésente grâce aux nombreuses énigmes qui jalonnent le titre... la lassitude ne se fait jamais ressentir d'un bout à l'autre de l'aventure. L'histoire, sans être complexe, parvient à susciter l'intérêt grâce à des personnages charismatiques, une mise en scène efficace et une ambiance des plus immersives, tant du point de vue sonore qu'esthétique.
Certains reprocheront au titre d'opter pour des angles de vue déroutants, et pourtant ce n'est en rien un problème. Il suffit en effet de maintenir la touche de visée tout en étant équipé d'une arme pour pouvoir prendre le contrôle total de la caméra et ainsi être en mesure d'observer la moindre parcelle du décor, à l'arrêt comme en mouvement. Donc à moins de ne pas savoir jouer, la lisibilité des environnements est tout à fait pertinente.
La jouabilité globale ne pose pas plus de problèmes et demeure même particulièrement bonne pour un survival-horror. C'est fluide, c'est ergonomique, c'est précis... chaque action ou chaque mouvement s'accomplit avec la plus grande aisance.
Quant au système de sauvegarde, lui aussi pointé du doigt par les grognons, je ne vois pas en quoi il est discutable ? Même si les points de sauvegarde sont à usage unique, ils sont suffisamment nombreux pour ne pas rendre notre progression contraignante, d'autant plus que le jeu n'est pas particulièrement difficile dans son ensemble et que, hormis en début de partie peut-être, les game over sont loin d'être fréquents.
Obscure 2 est un titre singulier où le second degré côtoie le macabre. La teneur des textes affichés aux murs, la frivolité de certains dialogues ou encore la désinvolture des protagonistes, tout ceci tranche radicalement avec la succession de rebondissements morbides qui jalonnent l'aventure. Ce décalage clairement assumé en fait un survival pas comme les autres, un jeu d'horreur qui ne se prend jamais vraiment au sérieux à l'inverse des autres productions du genre. Une bouffée d'air frais en somme.