Si comme moi vous suivez les traces de la série Fallout, cet opus s’est surement imposé à vous un jour ou l’autre. Pour vous planter le décor, je suis un joueur essentiellement PC. Il a donc fallu me procurer la sacro-sainte PS2 pour y jouer. Le jeu est trouvable pour une misère sur ebay.
Si on aime Fallout, c’est en grande partie à cause de son humour noir. Malheureusement, BoS ne parvient pas à égaler ses prédécesseurs. Même Tactics était plus convaincant. Seules, les insultes gratuites et maladroites viennent caresser nos chastes oreilles.
D’autant plus que la traduction est quelque peu aléatoire. Par exemple « Batterie de grande énergie » ou « armure de pouvoir » qui signifie surement, respectivement, « Grande batterie d’énergie » et « Power Armor » soit « armure assistée ». Pour les doublages, les personnages sont doublés façon « France profonde et ses terroirs » avec des intonations dignes de « L’amour est dans le pré ».
Niveau graphisme on est bien loin de ce qui se faisait la même année (Far Cry, Kotor). Des textures baveuses, des modèles très cubiques. On n’est pas loin de ce qui se faisait sur PS1. Néanmoins, il me semble que le développement fût extrêmement chaotique a tel point que je suis tout de même content d’avoir pu y toucher.
Le gameplay se trouve en revanche, parfois agréable, parfois très rigide. En effet, le côté agréable provient de l’utilisation des armes à feu qui a tendance à tâcher les murs et tailler la viande assez franchement. Notamment si vous avez amélioré une compétence qui augmente le pourcentage de toucher des points sensibles comme la tête. C’est important la tête … même si la majorité des personnages pourraient s’en passer tellement l’IA est inexistante. Le côté rigide vient des combats au corps-à-corps. Vous aurez donc tendance à spammer la touche de tir pour daigner toucher un ennemi.
Le système de compétence, lui, est simple et bien pensé. Il vous permettra de devenir le parfait petit soldat. Une des compétences permet même d’avoir un chien. Canigou, c’est toi ? Pas très solide en endgame, il vous permettra tout de même d’éviter de tanker les dégâts vous-même.
Pour ma part, j’ai un peu roulé sur la fin étant donné que j’étais plutôt bien stuffé. La difficulté étant plus que raisonnable, je recommande aux amateurs de challenge de commencer en difficile histoire de ne pas trop vous ennuyer.
Côté scénario, ça se tient. Ce n’est pas franchement la folie mais je m’attendais à beaucoup moins que ça. C’est donc une bonne surprise. On sent bien que le scénario fait un effort pour rester proche de l’univers Fallout. D’ailleurs, plusieurs références viendront vous chatouiller. Parfois bonne, parfois mauvaise, notamment celle de l’abri 13 qui m’a un peu choqué. Mais l’apparition de visages familiers vous tirera surement un sourire.
Cependant, je me dois de souligner que la fin du jeu est un recyclage absolument honteux des derniers niveaux. Je vous laisse la surprise mais je pense qu’il s’agit d’un cache-misère tentant d’ajouter une durée de vie et une difficulté très artificielles notamment les ennemis qui se transforment soudainement en sacs à PV.
Pour finir, je dirais que Fallout : Brotherhood of Steel est à la fois intéressant pour le lore et son gameplay mais décevant au niveau du level design. J’ai pris plaisir à parcourir les trois premiers quarts du jeu mais malheureusement, le dernier quart m’a laissé un goût amer voire fade. Mais malgré ses mauvais côtés, de mon point de vue, tout bon fan de la série se doit de le posséder dans sa bibliothèque, surtout au prix où on le trouve. Disons que c’est le petit jeu défouloir qui ne se prend pas la tête qu’on prend plaisir à lancer en rentrant d’une dure journée de labeur.