The Suffering n'est pas un survival-horror. Les comparaisons qui lui sont faites par le testeur avec Silent Hill sont donc totalement hors de propos, les deux titres ne jouant pas dans la même catégorie (cela dit, venant de la part d'un gars qui peut entendre une araignée courir sur un mur, on ne s'étonnera pas... ce serait pas plutôt au plafond qu'il l'entend, son araignée ?..).
Dans The Suffering, on dessoude des pelletées de créatures cauchemardesques à grands coups de fusil à pompe et autres grenades à fragmentation dans un déluge d'hémoglobine poisseuse. C'est un shooter massif, nerveux et dynamique, mais qui sait aussi parfois se poser en nous proposant des phases de réflexion, et même d'introspection.
La jouabilité, bien que perfectible, reste cependant suffisamment bonne pour les actions qu'il est demandé de faire. La caméra se gère bien, la visée est précise, et ceux qui trouvent que Torque est trop lent pour se tourner n'ont qu'à aller faire un tour dans les options...
Les graphismes, déjà très bons (voyez les screenshots si vous en doutez), se voient sublimés par des jeux d'ombres et de lumières saisissants. À ce propos, contrairement à ce que prétend le testeur, il y a aussi de l'aliasing sur la version Xbox, presque autant que sur cette mouture PS2 à vrai dire. Mais bon, on a l'habitude, la PS2 c'est l'éternel vilain petit canard des consoles... Eh bien moi je l'aime ce petit canard, il en a dans le ventre !
L'atmosphère quant à elle est aussi sordide qu'effroyable et les plus émotifs risquent d'être passablement perturbés dès les premiers pas dans l'aventure. Au mieux, ils s'en tireront avec un slip à changer.
Seule ombre au tableau : certains des PNJ rencontrés ont la fâcheuse tendance à répéter les mêmes phrases en continu, ne s'arrêtant jamais une fois qu'ils sont lancés. Heureusement, on peut abattre les plus insupportables. Pas bon pour le karma, je sais, mais ça fait tellement de bien quand ça s'arrête...
The Suffering est résolument un excellent titre, parfois ardu, mais rien d'insurmontable grâce à une difficulté bien dosée et évoluant naturellement au fil de la partie. La progression est également facilitée par les sauvegardes que l'on peut effectuer quand bon nous semble.
À ne pas mettre entre toutes les mains cependant...