Après avoir été une bonne alternative de GTA sur PC en 2002, Mafia est porté sur PS2 un an et demi plus tard. Il s'agit d'un GTA-like très classique dans lequel on contrôle Tommy, cocher qui s'est retrouvé embrigadé par des mafieux de la pègre des années 1930 qui avaient besoin de son véhicule. Après quelques missions de taxi sympathique, on se retrouve alors membre à part entière de la mafia et assez vite un des bras droit du baron Don Salieri, qui semble bien inspiré de la trilogie Le Parrain.
Le scénario nous mène alors vers différentes missions sur la carte assez petite de la ville fictive de Lost Heaven, avec pas mal phases de conduite et de shoot. Et là où le PC avait un gameplay simple mais efficace, le portage PS2 a vraiment été bâclé. Si les phases de shoot reste sympathiques, elles sont néanmoins bancales faute d'une visée difficile et surtout du temps de réaction du personnage souvent bien trop long pour ne pas perdre de précieux points de vie bêtement. L'IA a beau être des plus idiotes, certains passages sont vraiment durs et parfois pénibles à refaire. Les armes sont variées mais il y a tout juste le minimum et les grenades présentes sur PC ont été retirées : pistolets (dont deux presque inutiles tellement ils sont faibles), fusil à pompe, fusil à canon scié, mitraillette, un sniper juste pour une mission et des armes blanches surtout utiles pour assommer un ennemi en infiltrant, les combats de face étant assez désastreux.
La ville à sa petite ambiance et le jeu est assez joli, mais on se rend vite compte que c'est toujours la même musique qui revient (quand le jeu veut bien arrêter de buguer) et que les décors sont vraiment très peu variés, même en campagne c'est assez vide. Quelques musiques sont cependant de qualité et offrent un certain cachet au scénario et à certaines phases d'action, notamment lors de la dernière mission.
On débloque petit à petit plusieurs modèles de voiture de l'époque en apprenant à forcer leurs serrures, que l'on a ensuite à notre disposition dans le garage de la planque des Salieri, composée d'un restaurant, d'une petite salle de réunion, d'un billard, d'un parking et d'un bureau pour les armes à l'étage de l'entrée. Les voitures n'avancent pas très vite pour respecter la réalité de l'époque, mais ce réalisme est parfois au détriment d'un bon gameplay, même si ça s'améliore assez vite grâce aux voitures plus rapides.
Le scénario est des plus classiques mais les personnages principaux ont leur petite identité et sont correctement doublés en VF, celle des persos secondaires étant souvent nanardesques et celle des otages particulièrement à gifler avec tous les clichés possibles comme quoi ils ont des femmes et des enfants, ou encore les ennemis qui passent leur temps à dire qu'on veut qu'ils se foutent en rogne. Ça fait tout de même partie du charme des dialogues, tout comme Salieri qui nous dit qu'on a perdu huit gugusses.
Les retournements de situation sont assez prévisibles mais font leur petit effet grâce aux qualités d'écriture des nombreuses scènes du jeu. Le scénario devient cependant plat sur la fin alors qu'on liquide un à un les hommes d'une mafia adverse sans que les événements soient marquants, mais remonte en niveau par la suite malgré une fin qui aurait pu rendre encore mieux.
Assez inégal, Mafia PS2 reste plaisant à jouer et intéressant à suivre, mais les nombreux défauts de son portage lui font vraiment de l'ombre, surtout avec GTA Sans Andreas en face à la même époque.