16/20 — Très bon
En tant que fan, ce cinquième opus est celui qui m'a à la fois laissé sur ma faim et émerveillé, et ce par intermittence. Le faste des anciens épisodes s'est partiellement volatilisé mais le jeu garde toujours ce mysticisme qui lui est si cher malgré un changement de ton qui finit par poser une lassitude parfois insupportable pour un Tomb Raider surtout pour Core, créateur du genre. Les graphismes vieillissent à vue d'oeil, il ne s'agit pas là d'une absence de d'évolution mais en réalité d'une baisse de régime dans presque tous les domaines témoignant d'une cohésion intime qui s'effrite plus que jamais entre la belle et la bête (bien que tous soient beaux). Le level design est peu inspiré, les jointures entre les polygones visibles, il y a du clipping même sur PC, les textures sont parfois très disgracieuses, les modélisations de certains modèles dont les personnages font peine à voir en 2000 surtout par rapport à une Lara qui reste très belle dans ses costumes sur mesure. Le gameplay n'est pas chamboulé, il se voit légèrement affiné et malgré le peu d'idées novatrices (je les salue étant donné de la situation des développeurs à l'époque face à Eidos) telles que les numéros de funambule sur les cordes, ramper pour ne pas se faire repérer, avancer à pas de loup, assommer des gardes au pied de biches, faire des cabrioles sur les barres, ça reste du Tomb Raider, c'est solide et jouissif. En sus, la volonté de proposer quatre aventures (tenant une douzaine d'heures) vécues par la belle est vraiment excellente pour les fans (ou non d'ailleurs) car elle cherche au maximum à diversifier le contenu ce qui marche mais reste malheureusement mal exploitée car Core n'y a pas mis l'amour porté aux autres, ce cinquième opus est illégitime, il ne devait pas exister, c'est le seul épisode que l'on peut réellement qualifier de commercial étant donné que Core voulait faire de la Révélation Finale l'ultime épisode de la saga, en la clôturant par la mort de la belle (ce que cela laissait penser tout du moins) mais Eidos les y a forcé et seule leur expérience en béton a primé au détriment de leur passion tumultueuse. La seule fois où j'ai salué un geste de la part d'Eidos car l'Ange Des Ténèbres avait été mis en chantier suite à cette contrainte pour se réconcilier avec les fans de la série dégoûtés du manque de respect du marketing toujours plus enclin à piller la tombe de l'archéologue une fois pour toutes. Manque de respect qui atteindra son apogée en 2003 avec les promesses d'un éditeur corrompu par le démon qui ne seront finalement jamais tenues...