C'est sans grande conviction que j'ai démarré Battlefleet pour la première fois. A vrai dire, j'ai acheté le jeu un peu par hasard, ne sachant même pas qu'il était sorti depuis quelques jours. J'avais entendu parler du titre, mais connaissant la fâcheuse tendance qu'ont les jeux estampillés Warhammer 40000 à être mauvais une fois sur quatre, je ne m'y été pas plus attardé que cela.
Quelle ne fut pas ma surprise de tomber sur cette petite pépite! Nous avons affaire ici à un jeu prenant et exigeant. L'histoire se passe dans le Secteur Gothique, un coin pas très réjouissant de la Galaxie à l'ère où se prépare une douzième croisade noire contre les forces de l'Impérium. Le but est de commander une flotte Impériale à la force réduite et de repousser les envahisseurs xénos par tous les moyens possibles. Une histoire assez classique donc, qui ne bouleversera pas l'Histoire de l'univers 40000, mais qui nous tient suffisamment en halène pour continuer mission après mission.
A la manière d'un XCOM, nous entretenons nos vaisseaux tour après tour, gagnant à chaque bataille plus d'XP et de niveaux et ouvrant la voie à moult améliorations pouvant faire de votre petit croiseur lambda un monstre destructeur d'aliens. Le jeu se déroule en deux phases: les missions, et les déploiements. Les déploiements permettent au joueur de visualiser la carte du secteur Galactique afin de choisir ses missions - certaines étant plus prioritaires que d'autres. Il n'y a qu'un nombre de déploiements limités par tour, donc choisissez bien! Une fois les déploiements épuisés, le tour du joueur est terminé, et les forces ennemies bougent dans ce hub grand d'une cinquantaine de cartes. Les missions quant à elles sont généralement très courtes, entre 3 à 5 minutes avec 6 scénarions différents, mais sont intenses: la dizaine de paramètres à gérer par vaisseaux transformeront les petites escarmouches en casse-têtes d'optimisation pour détruire l'ennemi le plus vite possible - imaginez les plus grosses batailles où destroyers, croiseurs lourds et autres mastodontes s'envoient joyeusement missiles et mines dans les dents. Heureusement, un mode pour ralentir le temps existe, de quoi nous laisser le temps de rivaliser contre une IA. En un clin d'oeil, une bataille peut tourner, et même si l'IA n'est pas parfaite, elle est redoutable lorsqu'il s'agit de vous mettre des bâtons dans les roues.
Niveau graphismes et sons, on est dans le correct. Le jeu est très fidèle à l'univers, que ce soit "physiquement" via la modélisation des vaisseaux ou au niveau du lore. Les petits Français de Tindalos Interactive ont fait du bon travail, et même si ce n'est pas un Crysis, le jeu reste très bien soigné avec de beaux effets, et surtout, il reste fluide même sur la petite config qu'est la mienne, chose très importante où le bon timing peut faire gagner une bataille perdue d'avance. On se laisse emporter par une bande-son discrète mais efficace, et un doublage top, qui subliment les missions et transforment de manière épique vos affrontements. Si le jeu est bon en solo, il excelle en multi. Il est toujours très intéressant de voir les tactiques d'autres joueurs dans des combats tout aussi intenses qu'en solo, voir plus encore. Les développeurs ont réussi à adapter de manière très réussi le jeu en PvP, et il me tarde d'en découdre sérieusement.
Battlefleet, tout comme Dawn of War 2, préfère délaisser les engagements de masse pour se tourner vers le macro-management. Si c'était sympa mais sans plus dans DoW2, ici nous avons affaire à un jeu très exigeant, immersif et punitif, où chaque action compte, et où chaque victoire vous enivre et vous fait jouer une bataille de plus, jusqu'à ce que vous vous rendiez compte qu'il est beaucoup trop tard, et que vous vous fassiez rattraper non pas par les flottes du Chaos, mais par vos vraies responsabilités. Si vous aimez les jeux de stratégie, et que vous êtes connaisseurs de l'univers 40000, pour 30€, vous pouvez y aller les yeux fermés. Chapeau Tindalos!