Le premier opus avait su convaincre malgré quelques moments flirtant avec le nanar, tandis que le second, en dépit de quelques longueurs, avait su nous séduire par sa plastique et ses paysages. J'ai donc lancé ce nouveau titre avec l'espoir d'y retrouver la digne continuité de ses aînés, la bagarre en plus.
Côté technique, c'est fluide et je n'ai subi aucun crash. Pour ce qui est de la direction artistique, qu'il s'agisse des panoramas ou des environnements, j'ai vraiment apprécié prendre le temps de les admirer : la Méditerranée et sa mythologie sont somptueusement représentées. De plus, les décors gagnent en immersion grâce à une ambiance sonore très convaincante et touchent à l'épique grâce à la très bonne composition d'Olivier Derivière.
Malheureusement, la comparaison avec la saga s'arrête là, car le jeu pèche sur de nombreux points :
Principale nouveauté du titre, le système de combat souffre d'un net problème d'animations. Les attaques ennemies possèdent toutes le même rythme, qu'elles soient légères ou lourdes, ce qui les rend très difficiles à anticiper. De plus, les coups adverses sont prioritaires sur ceux du joueur et viennent sans cesse interrompre nos actions. Si cette rigidité reste passable en duel, cela devient un joyeux bordel dès que les ennemis se multiplient.
À ma grande surprise, l'infiltration a disparu, ce qui s'avère très problématique au vu des faiblesses du système de combat. S'il reste possible de s'accroupir et de se faufiler dans le dos des gardes, impossible d'exécuter une attaque furtive.
Outre la frustration de devoir enchaîner chaque rencontre en affrontement direct, les environnements sont nettement moins ouverts. On retrouve la sensation d'un jeu couloir comme dans le premier opus. Ce phénomène est renforcé par le fait que la majorité de l'aventure se déroule dans un vaste temple : bien que réussis, les décors deviennent redondants et claustrophobiques.
Qui dit chasse au trésor dit énigmes. Même si les mécaniques autour des clés de lumière sont sympathiques, elles sont bien trop nombreuses et reposent toutes sur les mêmes solutions.
Fort heureusement, la nouvelle menace principale vient sauver la partie gameplay. Si j'étais dubitatif face à son design au premier abord, les phases de cache-cache ont su me convaincre, tout comme ses effets visuels et sa signature sonore ( Ses petits acolytes restent néanmoins anecdotiques).
Au-delà du thème de la famille, le premier jeu abordait la mort de l'enfance et le deuxième traitait du deuil. Résonance ne raconte malheureusement rien. Il fait parfois allusion à des thématiques déjà abordées et évoque quelques bribes du lore sans jamais dépasser ce que l'on sait déjà.
Les promesses étaient pourtant là. J'avais apprécié le personnage de Sophia dans Requiem et la dynamique de ses acolytes m'intriguait lors de l'introduction. Malheureusement, en 15 à 20 heures de jeu, l'intrigue ne développe aucune relation ni aucun conflit marquant. En l'état, les événements sont extrêmement prévisibles tant le récit n'ose rien. Mention spéciale aux derniers instants dans ce dédale, qui ratent totalement ce qui aurait pu être une belle conclusion.
Les dialogues sont régulièrement hors de ton (voir nos protagonistes s'enthousiasmer pour une randonnée 20 minutes après un drame absolu) et mal écrits : à plusieurs reprises, le vocabulaire et les tournures de phrases ne correspondent pas à des personnages du XIVème siècle.
L'intrigue est cousue de fil blanc. Les personnages vont et viennent comme si les catastrophes naturelles, les pièges et les terrains impraticables étaient incapables de sceller le sort de qui que ce soit. Seuls les cinq protagonistes semblent avoir droit de vie ou de mort sur les autres. Face à ces incohérences, la suspension consentie de l'incrédulité est rompue : il devient impossible pour le joueur de croire à ce qu'on lui raconte.
Des mécaniques de combat ratées, un level design tout juste acceptable, un scénario vide et une narration déplorable : seules la plastique et la direction artistique sauvent ce jeu du naufrage. Ce titre ne s'adresse qu'aux fans absolus de la franchise. Un tel résultat interroge sur l'avenir de la saga, en espérant qu'il ne s'agisse que d'un simple incident de parcours.