Un hommage rétro qui perd son souffle en cours de route
Quand on lance Ninja Gaiden: Ragebound, difficile de ne pas être séduit par l’énergie qui se dégage des premières heures de jeu. Pixel art léché, bande-son électrisante sortie tout droit des années 90, combats nerveux qui répondent au doigt et à l’œil : tout semble réuni pour un retour triomphal de la saga culte. Pourtant, à mesure que l’on progresse dans l’aventure, l’enthousiasme des débuts laisse peu à peu place à une forme de lassitude.
Une première moitié prometteuse
Les trois premiers chapitres posent de solides bases. Les combats sont dynamiques grâce à des mécaniques accrocheuses comme le Hypercharge ou les Guillotine Boosts, qui permettent d’enchaîner les combos avec une fluidité grisante. Les affrontements de boss, spectaculaires et bien pensés, rappellent pourquoi Ninja Gaiden a marqué l’histoire du beat’em up exigeant.
La répétitivité s’installe
Mais à partir du chapitre 4, la magie s’étiole. Les niveaux, souvent trop longs et construits sur des schémas identiques, finissent par se ressembler. On enchaîne des couloirs remplis d’ennemis sans réelle surprise, et seul le prochain boss parvient à ranimer l’intérêt. Le jeu peine à se renouveler et donne la désagréable impression de recycler ses propres idées.
Un ninja un peu trop bridé
Le constat est renforcé par un manque de diversité dans les outils mis à disposition. Là où l’on s’attendait à une panoplie de techniques ninja et de sorts spectaculaires, Ragebound se contente d’un arsenal réduit. Pire encore : les déplacements exigent une attention constante, chaque mètre carré devenant un piège potentiel. On avance presque sur la pointe des pieds, ce qui finit par fatiguer et casse l’illusion d’incarner un guerrier agile et intrépide.
Des éclairs de brillance malgré tout
Heureusement, tout n’est pas à jeter. Outre les boss, les missions spéciales (Secret Ops) offrent une bouffée d’air frais, condensant l’action dans des segments plus courts et intenses. Pour ceux qui chercheront un vrai défi, ces niveaux secondaires relèvent clairement l’intérêt. Le jeu bénéficie également d’une accessibilité bienvenue : la difficulté, bien que présente, est moins punitive que dans les anciens épisodes, ce qui peut séduire de nouveaux joueurs.
Verdict
Ninja Gaiden: Ragebound réussit son hommage visuel et sonore, et propose des combats de boss qui valent le détour. Mais son manque de variété et un level design trop répétitif viennent alourdir l’expérience, surtout dans sa seconde moitié. Plus frustrant encore, le jeu n’exploite pas pleinement la fantasy ninja qu’il promettait. Un titre plaisant par moments, mais qui laisse l’impression d’un potentiel inabouti.
On aime :
Le pixel art et la bande-son rétro soignés
Des combats nerveux et fluides
Les boss, intenses et mémorables
Les missions spéciales plus condensées
On n’aime pas :
La répétitivité des niveaux dès le chapitre 4
Le manque de sorts et de techniques ninja
Une progression trop rigide et fatigante
L’impression d’un gameplay qui se résume aux boss