J’ai acheté ROGUE WARRIOR d’occasion, motivé par mon intérêt pour le FPS, pour voir comme ça, vu l’apparent échec commercial, les promos en suivant et les critiques particulièrement négativistes sur divers sites.
Il est vrai que le moteur graphique n’est pas du dernier cri mais c’est bien compensé par une ambiance assez prenante. Faut t-il rappeler que la jouabilité est tout de même un facteur assez complexe où la beauté n’est pas le seul critère à prendre en compte ? Le jeu n’est pas scripté à 100% et les retours aux points de contrôle occasionnent quelques changements étonnants mais ce n’est pas systématique. Le comportement des adversaires (déplacements, cris, débattements) est assez marrant sans pour autant réduire la qualité du jeu. Il y a différents points d’impact sur les adversaires ce qui modifie également leur comportement. La situation d’échec avec retour au point de contrôle est bien souvent justifiée comme on peut s’en rendre compte avec une petite analyse de la situation, on se dit « ha oui tient… c’est normal… évidemment ».
Les combinaisons de la fonction A COUVERT positionne bien le jeu dans la catégorie de tir basique avec positions diverses. Les possibilités offertes par la fonction A COUVERT avec les touches Z, S, Q, D, place la barre plus haute que dans la série CODE D’HONNEUR, série appréciée pas de nombreux joueurs que l’on peut comparer sur le plan du style à ROGUE WARRIOR (il semble à ce sujet que l’affectation de la fonction A COUVERT soit intéressante avec les touches A ou encore avec le bouton de la molette de la souris). La fonction mise à mort activable avec la touche E, quand on est à proximité de l’adversaire, est un peu effrayante ainsi que le langage tenu. On s’y fait, on incarne un dur à cuire, on n’est pas chez Marcel Pagnol ! Ce n’est pas pour cette raison que je m’exprime moins bien par la suite, au contraire cela me sensibilise plus à mon langage et me permet de prendre conscience du nombre de fois que je prononce des insanités sans m’en rendre compte dans la vie quotidienne.
Au rang des avatars, le temps d’apparition des messages est un peu trop court parfois, le fait de ne pas pouvoir sauter et le besoin de la fonction bien connue depuis SOLDIER OF FORTUNE 2, à savoir pencher droite/gauche, se font sentir de temps en temps mais on compense bien avec la fonction A COUVERT qui est décidément centrale dans ce jeu, normal c’est du FPS basique. Toujours au rang des avatars, on se sent comme sur des rails avec le déplacement accroupi. On ne peut ni se cacher partout, ni tirer de tous les endroits où l’on peut se cacher avec la touche A COUVERT, ce qui implique de bouger souvent mais est-ce vraiment un défaut ? Il y a quelques bugs comme par exemple le coup de la grenade qu’on envoie entre deux adversaires à moins d’un mètre l’un de l’autre, un seul meurt et l’autre vous tire dessus comme si de rien était, vous lui envoyez une rafale supplémentaire et il lui faut 15 secondes pour s’effondrer. Franchement, vous en connaissez des jeux sans problèmes ?
Au final, un FPS assez solide et assez bien réalisé dans sa catégorie de tir basique avec positions diverses où l’on peut ne pas s’ennuyer si on n’est pas trop exigeant. Soyons un peu sympa quand même, l’immersion est assez bonne ! Un des points forts de ce jeu est de sortir le joueur de ses petites habitudes de tir à la CALL OF DUTY ou à la MEDAL OF HONOR. ROGUE WARRIOR a quand même quelques qualités qui valent le détour. Je dirais qu’il ne faut pas hésiter jusqu’à 10 euros dans la mesure où on aime bien les FPS basiques et 5 euros pour s’essayer à cette catégorie de FPS. Personnellement j’aime autant m’éclater avec un petit jeu qu’avec un gros jeu.
Un petit rappel au passage sur l’acte de jouer avec des jeux de type FPS. Le fait de tuer sauvagement des personnages virtuels d’une nationalité quelconque immatérialisés par des pixels n’a rien de grave, rien d’engageant politiquement, surtout quand il est question d’une activité assimilable à une activité cinématographique où l’on incarne un personnage virtuel. Bon ça c’est de la théorie, maintenant dans la pratique cela peut éventuellement prendre une dimension débordante chez certains joueurs, ce qui est compréhensible aux regards des similitudes que chacun peut trouver dans la vraie vie et des éventuels problèmes psychologiques de tout un chacun. On peut très bien le lendemain se retrouver dans la peau d’un soviétique dans un CALL OF DUTY. Il était peut être bon de le rappeler ici…