Incarner le mal n'est pas nouveau : on se souvient de Dungeon Keeper, de Black & White (qui nous permettait aussi de prendre le chemin du mal) et d'autres jeux encore où les tables étaient tournées en faveur des forces des ténèbres. Overlord nous propose un concept quelque peu inspiré de Pikmin mais dans un univers de Fantasy complètement burlesque. Il faut dire que le scénario est signé Rhianna Pratchett, fille du célèbre Terry Pratchett, auteur du non moins célèbre Disque-Monde. Voilà déjà de quoi planter le décor et laisser espérer des scènes complètement débiles et surréalistes. Et soyez rassuré, tout ça sera bien au rendez-vous.
L'Overlord, c'est cette entité qui incarne le mal absolu sur terre. Réveillé d'un sommeil profond par Biscornu, un vieux larbin machiavélique, vous êtes sacré nouvel Overlord et avez pour tâcher de ravager une contrée paisible dont les héros, meurtriers de votre prédécesseurs, assurent la garde. Problème : ces derniers se sont laissés allés à leurs penchants vicieux, amenant la corruption dans leurs contrées. La population ne sachant plus vers qui se tourner, elle attend de pied ferme quelqu'un pour ramener un peu d'ordre.
C'est là que vous intervenez : du haut d'une tour sombre, il vous faudra présider à la destinée de quatre mondes. Pour ce faire, la voie de la conquête s'impose et pour conquérir il faut une armée.
L'armée est ici constituée de larbins, une cohortes de créatures destructrices mais possédant le Q.I d'un pneu crevé. Cela reste suffisant pour semer la destruction un peu partout, notamment dans le cheptel des paysans. Quatre différents types de larbins permettent d'adopter une vraie stratégie de combat. Attention car cela peut être parois un peu fouillis. Vous disposerez aussi de sorts et de la possibilité d'améliorer votre propre équipement ainsi que les différentes statistiques de votre personnage et de sa horde. Vous pourrez aussi demander à des maîtresses intrigantes d'assurer la maintenant de votre domaine. Enfin vous aurez également le choix entre un "mal convenable" et un "mal absolu" dans votre façon de voir votre conquête du monde : serez-vous un tyran magnanime ou un meurtrier sanguinaire?
A mi-chemin entre le hack'n'slash, le RPG et le jeu d'aventure, Overlord est une véritable pépite qui, malgré un univers relativement classique et qui manque d'une patte personnelle, nous plonge dans un univers barré et ce si l'on fait abstraction d'un graphisme qui aujourd'hui vit dans l'ombre des ténors absolus (le temps passe forcément).
Le concept des larbins qui rappelle Pikmin est ici exploité de façon très originale et pour un résultat délirant : voir nos créatures se livrer à l'exercice des destructions en tout genre est un régal. Je souligne par ailleurs leurs animations chiadées (ce qui hélas n'est pas le cas pour notre "héros", raide comme un pingouin ayant trop remonté son slip) et leurs attitudes complètement déjantées qui leur vaudra immédiatement notre sympathie.
La difficulté est tout ce qu'il y a de plus correct et garantit un certain nombre d'heures de jeu. Raising Hell ajoute pour sa part le mode légendaire qui vous poussera à faire des choix stratégiques (hé oui ça tape plus fort!) en plus d'un nouveau monde à explorer.
Côté son, la musique sans être bouleversante reste fort agréable avec parfois quelques thèmes qui parviennent à sortir du lot (un des thèmes nommé combat_fast est particulièrement épique). Par contre mention excellent pour le doublage, parfaitement assumé, un des meilleurs qu'il m'ait été donné d'entendre. Les larbins notamment sont à hurler de rire et Biscornu avec sa voix délicieusement démoniaque mérite un oscar.
Reste une rejouabilité relativement limitée : le mode arène est certes sympathique mais n'apporte rien de plus. Il existe différentes fins également ce qui peut motiver les plus passionnés. Enfin un mode multijoueur devrait permettre à ceux qui sont fans du jeu de prolonger l'expérience avec un/une/des ami/e/es (rayer mention inutile).
Au final, Overlord est une excellente surprise, un jeu qui, sans être révolutionnaire, propose assez de bonnes choses pour être véritablement accrocheur. Dans un univers vidéoludique où la fantasy est omniprésente et souvent sous une forme classique et redondante, Overlord met un coup de pied dans la fourmilière en jouant la carte de la parodie pure et dure et ça fait du bien. Un excellent délire doublé d'un très bon jeu qui, bien qu'accusant quelques menus défauts, reste une expérience que je recommande chaudement. Je suggère par ailleurs de se procurer le jeu et son extension Raising Hell( dispos sur Steam) afin d'avoir une expérience totale. Et si les deux vous ont plus, Overlord 2 vous attend! Plus beau, plus grand, et plus fun encore!