Si je devais comparer Stubbs The Zombie in Rebel Without a Pulse (PC) à quelque chose, ce serait un toast au saumon fumé à moitié grillé et sans échalote : une formidable occasion un peu gâchée. Le toast n'est pas carbonisé et le saumon est frais hein, faut pas croire que c'est immangeable, mais c'est juste "un peu faible jeune homme".
Vous réincarnez Stubbs, un zombie bien décidé à prendre une revanche auprès des gens qui ont interrompues sa vie prématurément. L'histoire est bien faite mais maladroitement balancée en pâture (littéralement). Elle ne commence à prendre un sens qu'après avoir terminé le premier tiers du jeu ; Les motivations de Stubbs sont incompréhensibles, il déambule maladroitement d'un lieu à un autre sans raison et on se demande bien s'il arrive à ses fins par hasard ou s'il conserve farouchement son plan diabolique hors de la vue du joueur.
Le concept de jeu est excellent : en tant que zombie, vous attrapez un citoyen innocent de Punch Bowl, lui ouvrez la boîte crânienne dans un geyser de sang et le transformez en un allié. Au bout de quelques casses dalles, une armée de cadavre ambulants sème mort-vivants et destruction a vos côtés. Mais dans certaines situations, les zombies refusent d'obéir et vous vous retrouvez seul face à une horde de citoyens, policiers, scientifiques et militaires pas contents du tout qui vous donneront bien du fil à retordre. En plus de vous constituer une milice personnelle, il est possible d'utiliser le corps de Stubbs comme une arme : l'esprit pipi-caca tentant subrepticement de renverser l'humour décalé du jeu, vous aurez le droit aux "flatulences maudites" qui étourdissent vos adversaires, aux "grenades boyaux" (tout est dans le nom), à la "tête explosive" (idem) et "main de possession" qui permettent de prendre possession d'un être vivant (et de son arme s'il en a une). Ces aptitudes apparaissent au fur et à mesure de la partie et ne sont accessibles que si vos jauges de pouvoir sont pleines (mâcher de la cervelle remplit de façon inégale chacune des jauges).
En plus du repas en règle, notre antihéros est un as du free fight et de la conduite en état de décomposition avancée. Mais ces subtilités de gameplay n'empêchent pas la répétition et Stubbs The Zombie peut s'avérer lassant à forte dose. Le système de check point est incroyablement frustrant (heureusement qu'ils sont *généralement* bien placés), plusieurs profils peuvent êtres configurés mais ils n'autorisent qu'une seule sauvegarde de progression.
Graphiquement le jeu s'en sort bien avec un très chouette design, un bump mapping bien géré qui donne vaguement une apparence de playmobile à tous les personnages (ça passe très bien dans le contexte). Mais un horrible effet de filtrage graphique est employé pour donner une teinte verdâtre et vieillotte à l'image (référence aux films de zombie rétros), j'aurais aimé jouer sans mais il est impossible de le désactiver (sauf si votre carte 3D ne supporte pas cette fonctionnalité de post-filtering).
Les effets sonores sont généralement réussis mais le manque de musiques ambiantes vous donne l'impression de regarder une pièce de théâtre : attendez vous au strict minimum et rien de plus. C'est d'autant plus dommage que certains persos ont des voix excellentes (les quatuors chantant à l'unisson "zombie zombie zoooombie !" sont a mourir de rire). A noter que la "bande son" est disponible en magasin, regroupant quelques reprises de grands titres des Chordettes, des Pinguins, de Little Anthony and The Emperials… Ben Kweller, Cake et Death Cab For Cutie (et bien d'autres) offrent une excellente performance musicale de près de quarante minutes. Pourtant, mis à part dans le menu principal où elles défilent à une cadence infernale (une toute les trente secondes), leur utilisation est anecdotique.
Stubbs the Zombie, c'est un bon jeu qui aurait pu être un must. Même s'il est effroyablement répétitif et aurait bien profité de quelques bêta tests supplémentaires, il est bourré de fun et de moments inoubliables (tel qu'une chasse au vivant dans le champ de maïs, une scène de combat dance floor et des répliques idiotes par millier). Un jeu chaudement recommandé aux fans de zombies et films de série B.
(je ne donne par principe aucune note aux jeux, le 16/20 ne signifie rien, mais je voudrais pas fausser les statistiques au-combien-utiles du site)