Au regard de la grande majorité des productions culturelles populaires contemporaines, un constat difficilement réfutable s'impose: nous vivons, à l'heure actuelle, dans une époque de nostalgie.
Bien sûr, la sphère indie n'échappe pas à cette tendance massive en proposant régulièrement des jeux rétro-contemporains, qui puisent allègrement dans les caractéristiques des softs 8 et 16 bits.
Mais, concernant le cas qui nous intéresse aujourd'hui, il me semble qu'un palier à été franchi.
Plus qu'un majestueux hommage aux "run & gun" 2D de la fin des nineties, "Blazing Chrome" est un concept accrocheur, articulé essentiellement sur deux axes.
Tout d'abord, à l'instar de la saison 1 de "Strangers Things" et du jeu vidéo "Cuphead", "Blazing Chrome" fonctionne sur un puissant procédé d'évocation. Sans jamais utiliser le plagiat, il parvient à recréer très précisément une esthétique et un feeling famillier aux joueurs de l'époque.
Un exploit qui consiste à ce que le ton du jeu soit déjà connu par le joueur et encré dans ses souvenirs, alors que l'intégralité des éléments constitutifs du titre restent originaux.
Ensuite, je me dois de saluer le parti pris culotté du soft: faire exister une fausse suite à "Contra III" comme si elle était sorti en l'état, sur Snes, en 1994.
De ce point de vue, le jeu est une réussite totale et demeure parfaitement cohérent par rapport à ce qu'il propose.
L'ensemble de ses ingrédients (graphismes, gameplay, maniabilité, ost, level design...) évoquent, dans un sans-fautes, l'âge d'or des "run & gun" 2D.
Indubitablement, cet axe jusqu'au boutiste fera naître des détracteurs à son encontre (comme, par exemple, certains journalistes qui sont passés à côté du concept).
Car en effet le jeu, fidèle à sa proposition de départ, dispose d'une durée de vie très faible à l'image de ses illustres prédécesseurs.
En contrepartie, le soft multiréférencé nous transportera, au détour de certaines mécaniques de jeu, dans des contrées que "Super Probotector", "Turrican", "Metal Slug" et même "Space Harrier" étaient les seuls à avoir foulé.
En définitive, j'ai vécu" Blazing Chrome" comme une expérience hautement gratifiante.
C'est une savoureuse madeleine de Proust qui m'a procuré des émotions intenses, presque totalement enfouies, que je n'avais plus ressenti depuis près de 25 ans.
Bilan: Oui, "Blazing Chrome" surfe sur la vague nostalgique des années 80-90, mais il surfe tellement bien que j'ai pris ma planche et je suis allé kiffer avec lui. C'est bien simple: un fan de "run & gun" 2D a l'interdiction formelle de passer à côté.