Tonic Trouble et ce que j'appelle vulgairement le "Rayman du pauvre". Car il reprend pas mal de codes de ma série de jeux vidéos préférée, sans atteindre la qualité indéniable des épisodes en question (tout en restant somme toute sympathique)
En même temps, c'est un jeu de Michel Ancel qui est le créateur de la série Rayman. Pourtant, j'ai senti tout au long de l'aventure qu'il a assez rushé le jeu pour plutôt s'occuper minutieusement de Rayman 2 (en même temps, c'est le meilleur épisode de la saga à mon goût !
). Ce qui est assez dommage car Tonic Trouble avait énormément de potentiel sur bien des points.
Notamment avec l'histoire déjantée : Ed, extraterrestre démembré sur son vaisseau, fait tomber malencontreusement une canette maudite sur la terre et transforme une grande partie des habitants en monstres démoniaques (en partie à cause du redoutable barbare Grögh, l'antagoniste principal du jeu). Il est donc contraint de descendre sur la planète bleue pour réparer son erreur et sera aidé par le fameux Doc (pas Brown
) et sa (jolie) fille Suzy (et également le curieux agent Xyz qui sert de tuto) pour récupérer des pièces dans différents mondes, permettant de construire une machine qui l'emmènera au niveau final.
Le jeu s'inspire donc pas mal du concept de Super Mario 64 : un hub, des portails menant à des niveaux et des collectibles à récupérer (sauf qu'à la place de se balader dans le château de Peach, d'entrer dans des tableaux et de récupérer principalement des étoiles, Ed se balade dans des plaines verdoyantes, saute dans des vortex et récupère en plus des différentes pièces, des petits tourbillons jaunes, des thermomètres, des fléchettes en guise d'arme pour la sarbacane... bref, ce jeu se rapproche un peu plus de Banjo-Kazooie de ce côté pour le nombre de collectibles)
Autre truc qui fait l'originalité de ce jeu, c'est l'univers en général. Il est tout aussi déjanté que le scénario, très cartoon, avec des niveaux plutôt variés. Par contre, je dois bien avouer que le level design et le game design général est vraiment brouillon de chez brouillon ! J'avais plus l'impression d'avoir affaire à un jeu du lancement de la N64 (mais pourtant, au lancement de la console, il y avait Super Mario 64 !!!
)
Le jeu se rattrape heureusement avec d'autres points comme sa bande son globale vraiment sympathique et la variété du gameplay (en plus d'avoir des phases différentes comme la glissade sur une pente gelée, des phases de vol avec le noeud papillon, des phases de tir... les mouvements d'Ed s'élargissent au fil de l'aventure et il a aussi une transformation du tonnerre : en mangeant du pop-corn, il se transforme en Super Ed, un monstre baraqué presque invincible pendant une durée temporaire !
). Dommage que les contrôles et l'inertie du héros sont assez hasardeuses, sans être réellement mauvais. 
Et pour finir, c'est un détail, mais le jeu fait partie de la minorité des expériences sur N64 qui utilisent le controller pak, la carte mémoire de la console qu'on plug derrière la manette. Je me suis toujours demandé pourquoi Nintendo a inventé ça alors que la majorité des autres jeux ont un système de sauvegarde intégrée dans la cartouche... 
En conclusion, Tonic Trouble n'est pas le meilleur jeu de plates formes de la console et c'est loin d'être la meilleure création du maître Michel Ancel. Mais il reste plutôt sympa à parcourir et encore trop méconnu aujourd'hui, contrairement à la série Rayman ou d'autres jeux comme Beyond Good & Evil. (si seulement il avait été encore meilleur...
)