18/20 — Exceptionnel
Le digne héritier spirituel que l'on attendait depuis Fallout 2
Après des années d'errance et le virage action pris par les épisodes modernes, l'attente d'un vrai retour aux sources du CRPG post-apocalyptique semblait interminable. Avec Wasteland 2, Brian Fargo et inXile ont enfin offert aux vétérans la suite morale et philosophique dont on rêvait depuis Fallout 2.
L'esprit et l'écriture "old-school" retrouvés : Dès la création de l'escouade de Rangers, on retrouve instantanément ce ton désabusé, cynique et sans concession qui manquait cruellement au genre. Les dilemmes moraux frappent fort d'entrée de jeu (le choix déchirant entre Ag Center et Highpool donne le ton), et l'écriture foisonne de lignes de texte savoureuses, d'humour noir et de PNJ hauts en couleur. Pas de boussole magique qui prémâche le travail : ici, il faut lire, explorer et assumer les conséquences désastreuses de ses erreurs.
Système de jeu et liberté tactique : La gestion de groupe à l'ancienne fait des merveilles. Entre la complémentarité vitale des compétences (crochetage, désamorçage, piratage, chirurgie, compétences de dialogue multiples), la gestion millimétrée des munitions et les combats tactiques au tour par tour façon XCOM, le plaisir de progression est immense. Chaque montée de niveau apporte un vrai sentiment de montée en puissance pour l'équipe.
Une ambiance poussiéreuse et crue : Malgré un moteur Unity un peu austère visuellement à sa sortie (largement embelli avec la Director's Cut), la direction artistique, les descriptions textuelles et les nappes sonores de Mark Morgan (le compositeur mythique des deux premiers Fallout) installent une ambiance radioactive lourde, aride et poisseuse à souhait.
Ce n'était pas seulement un excellent CRPG : c'était une bouffée d'oxygène inespérée pour toute une génération de rôlistes PC sevrée depuis la fin des années 90. Un classique indispensable.