Le jeu est tchèque et la patte « Europe de l’Est » se ressent beaucoup, entre inspirations de vieilles bandes dessinées, appel constant à la poésie, à une imagerie volontairement datée et un humour à la fois innocent et glaçant. On passe de scènes douces (les flashbacks de Josef et sa copine qui se font des blagues de petits robots en poussant des rires dodus) à des images perturbantes (la scène de la prison avec le robot manchot et fumeur). Mon comparatif va sortir de la sphère vidéoludique, mais j’ai beaucoup pensé à la bande dessinée « Théo Tête de Mort » de Pascal Doury, œuvre hallucinée autour de la robotique, particulièrement éprouvante par son imagerie surchargée.
Déjà on va évacuer le premier point : la direction artistique est somptueuse. C’est d’une beauté incroyable pour une « petite production », ça n’en fait jamais trop, ça donne envie de se faire une collection de fonds d’écran avec chaque tableau. Le jeu est muet, les dialogues se faisant dans des bulles où apparaissent des images et les seuls sons émis par les personnages sont des rires ou des grincements de mécanique. Josef est tout mignon, sympathique comme tout et on a vraiment envie de le voir réussir son périple. Les interactions avec les personnages sont drôles, l’inventaire est composé d’objets que Josef « mange » (en réalité qu’il stocke dans son « ventre »). Le jeu est court et peu difficile, néanmoins si on se retrouve bloqué, une option permet de trouver la solution sous forme de bande dessinée déblocable après une courte séance de shooter.
Pour le négatif, les énigmes sont parfois « flan sur la pierre magique ». Je prend un exemple : à un moment, tu as un cadenas devant toi, tu trouves une clé, et la solution est…revenir en arrière, voir qu’il y a dans le décor d’une pièce précédente une touuuute petite serrure, utiliser la clé, trouver une bonbonne de dégivrant dedans et l’utiliser sur le cadenas en question pour le saboter et qu’il casse. Certes mais…pourquoi ? Du coup, on passe outre au début en se servant du mini-jeu de shoot mais on s’en lasse vite et l’appel à une solution extérieure se fait sentir. Aussi, je me dois de spoiler une des dernières énigmes : le jeu est infinissable pour qui n’a pas l’oreille musicale, car il faut reconstituer une partition uniquement à l’oreille.
Compliqué de faire un comparatif « hors genre », je vais donc citer le Cauchemar de PPD sur PC, les deux expériences faites de bric et de broc, très courte, au scénario presque inexistant (ou du moins perméable), mais amusant et appelant à l’indulgence devant ses défauts qui sont plus des maladresses.