Dragon Quest VI a la tâche difficile de clore la trilogie zénithienne et de succéder à ses glorieux prédécesseurs que sont DQ IV et surtout le bouleversant DQ V. Pas facile quand on sait à quel point ce dernier a placé la barre haut, notamment au niveau du scénario. Mais comme à l'habitude de la série DQ, ce 6ème opus nous plonge sans peine dans son univers coloré et enchanteur.
Comme ses deux prédécesseurs, cet épisode y va de sa petite particularité : pouvoir voyager entre deux mondes, celui des rêves et celui de la réalité. On aura même accès à partir d'un certain point du jeu à un troisième, le monde sous-marin, puis même à un quatrième vers la fin.
Autant dire que ceux qui se sentent une âme d'explorateur seront servis, et forcément la durée de vie va de pair avec l'immensité de la surface à découvrir. De par cela mais également la quantité faramineuse de quêtes annexes proposées, DQ VI se révèle plus long que ses prédécesseurs. Comptez bien 80 heures pour retourner le jeu en long et en large.
On se laisse donc facilement embarquer dans cette aventure en compagnie des amis du héros rencontrés au fil de notre périple. La progression se divise nettement en deux parties : la première plutôt linéaire où l'on découvrira les spécificités du jeu et des mondes qui nous entourent, et la deuxième dans laquelle un peu plus de liberté nous est laissée, et où l'on enchaîne les sous-intrigues de ville en ville, de village en village, de château en château.
On traverse donc de nombreux environnements assez variés, et souvent très beaux. On peut remarquer une très légère amélioration des graphismes à certains moments par rapport aux précédents remakes, même si globalement, ça reste la même chose. Visuellement, c'est donc toujours aussi beau et détaillé, en combat comme en phase d'exploration.
La musique n'est pas en reste non plus, puisqu'on a de nouveau droit à une OST très soignée, dans le plus pur style DQ. Majestueuse, féerique, la musique combinée aux décors somptueux donnent une ambiance enchanteresse à certains lieux explorés au cours de l'aventure.
Quant au gameplay, il n'a évidemment toujours pas bougé d'un iota. Chacun aura son avis sur l'immobilisme total de la saga sur cet aspect. On ne peut néanmoins pas nier qu'il a fait ses preuves, bien que certains le trouveront inévitablement trop basique, voire simpliste. Notons quand même l'existence cette fois-ci d'un système de jobs, toujours intéressant pour approfondir un gameplay, notamment grâce aux classes avancées qui donnent de nombreuses possibilités pour personnaliser son équipe.
Le scénario est lui aussi dans la plus pure veine des DQ. Assez intriguant au départ, on ne peut pourtant pas dire qu'il brille par son originalité par la suite. Une fois obtenues les réponses à nos questions, on revient dans un schéma ultra-classique et manichéen. Autant dire qu'on est à des années-lumière de l'excellence de celui proposé par son prédécesseur direct, DQ V. L'émotion n'est pas vraiment au rendez-vous cette fois, ce qui empêche sans doute DQ VI d'atteindre les sommets.
Notons tout de même plusieurs points positifs, comme l'excellente traduction française du jeu (et pourtant, Dieu sait qu'il y a du texte à traduire !), ou les personnages secondaires attachants bien qu'assez caricaturaux, approfondis grâce aux innombrables dialogues que l'on peut avoir avec eux à tout moment par la simple pression d'un bouton.
Parlons maintenant de la principale caractéristique du jeu, c'est-à-dire l'idée des mondes parallèles. Bien que l'alternance des deux mondes soit plutôt bien exploitée dans la progression, je trouve personnellement dommage qu'ils se ressemblent autant, au point que j'aie souvent eu du mal à savoir dans lequel je me trouvais. Peut-être le monde des rêves aurait-il pu être un peu plus... onirique ? Fantastique ? Délirant ? Bref, je trouve dommage que les devs n'aient pas un peu plus laissé libre cours à leur imagination à ce niveau-là, histoire d'avoir un monde des rêves qui ressemble un peu plus à un rêve.
Donc, pour conclure, ce DQ est évidemment une valeur sûre du JRPG old school. Toujours pas ultra novateur ou original, on se laisse quand même embarquer dans cette belle aventure dans laquelle on traverse des environnements merveilleux. Le scénario pas très poussé bien que partant d'une bonne idée l'empêche d'atteindre le niveau d'excellence de son prédécesseur, mais DQ VI reste tout de même le jeu idéal pour s'évader et rêver un peu.