Attendu avec impatience (!), A Long Road Ahead continue la lancée d'une belle série. Un scénar' somme toute classique mais rudement efficace, une réalisation tout à fait acceptable, des doublages en anglais excellents, et surtout, un travail sur l'expérience vidéoludique impressionnant. Après un épisode 1 très prometteur mais pas complètement achevé, et un épisode 2 franchement magnifique, voilà la suite des aventures de Lee et de sa bande de joyeux drilles (un peu réduite, malheureusement).
Chaque épisode est plus glauque, plus insupportablement kiffant que le précédent, et celui-ci ne déroge pas à la règle. Les choix sont un brin moins dramatiques que dans l'épisode 2, certes. Mais la violence y est plus âpre, plus sale, plus forte. Le jeu est toujours aussi prenant, la tension toujours aussi forte. Certains passages sont incroyablement tragiques, touchants, magnifiques. Les développeurs jouent avec le joueur, le torturent (un peu), lui rappellent les bases de Walking Dead (personne n'est à l'abri, et les vivants sont bien plus dangereux que les morts-vivants).
Un seul point noir (qui lui coûte deux points dans ma petite note): pour être honnête, il faut avouer que la logique le jeu est ce que vous en faîtes touche immanquablement ses limites dans cet épisode puisque, quoi que l'on fasse, et quoique nous ayons fait auparavant, la situation finale se retrouve être plus ou moins la même. Ce qui est dommage. En effet, les deux premiers épisodes laissaient espérer une marge de manoeuvre conséquente au joueur dans le développement de l'histoire: sauver untel et laisser mourir unetelle ; se faire des alliés et des ennemis ; créer un Lee particulier (le survivor, le pragmatique, l'idéaliste, l'enfoiré de service, le dragouilleur, le mec inhumain, le gars perdu, etc.). L'épisode 2 poursuivait cette logique: les alliés d'hier devenaient les ennemis d'aujourd'hui ; les actions passées conditionnaient la survie future ; les choix faits semblaient altérer la position dans le groupe (leader, larbin, etc.) ; les alliés semblaient plus ou moins l'apprécier, etc. Et l'épisode 3 infirme cette belle logique: tout ce qui a été fait auparavant disparaît (au moins, un peu) ; les faits passés amènent des réflexions de PNJ, des conversations parfois intéressantes, mais assez peu d'actes importants (une mort d'un personnage, un choix réel dans l'histoire...) ; les faits présents influent peu sur la mort ou la survie des personnages ; les dilemmes restent scénaristiquement très intéressants, mais semblent sans grande importance sur le long terme.
Cela se comprend. Un petit studio comme Telltale ne pourrait pas se permettre un jeu qui en devienne dix ou quinze ; qui puisse partir dans 30 directions différentes. Alors, tout revient un peu à la normale, à la fin de ce 3e épisode. Ce qui, j'en conviens, ôte pas mal de magie de la franchise telle qu'elle existait jusqu'alors. Mais encore une fois, cette limitation des possibles est compréhensible.
Le reste est très convaincant. La musique reste absolument parfaite. Le gameplay est toujours (très) simple, mais tout à fait adapté à la portée du jeu, plus psychologique que réellement vidéoludique. Une très belle suite, qui respecte l'horreur que l'on attend d'un titre de la sorte. Quelques manques, quelques défauts ont été évoqués, et sont très pardonnables. Épisode à pleurer, et c'est ça qu'on veut ! Bien plus fort que les précédents dans la tragédie.
Durée de vie comme dab', 2h30 environ.
Reste à voir si les épisodes 4 et 5 pourront nous faire autant vibrer que ces beaux épisodes 2 et 3 (ce qui sera conditionné par ladite liberté d'action évoquée plus haut). À faire, quand même. Bon jeu à tous !