La course à la finesse continue en ce début d’année 2026. Après Apple et son iPhone Air, Samsung et son Galaxy Edge et Motorola avec son Edge 70, la firme aux ailes d’argent remet le couvert avec son Signature. Mais cette fois-ci, les compromis sont moindres et c’est ce qui compte.
- Design très soigné
- Excellente autonomie
- Écran lumineux
Sommaire
- Motorola Signature : la fiche technique
- Design : une touche d’élégance et de finesse dans un monde trop standardisé
- Écran et audio : tout pour l’immersion
- Performances : ce qu’il faut sans excès
- Interface : de l’IA bien dosée
- Photo : 50 Mégapixels ou rien
- Autonomie et recharge : il en a sous le pied
« Proof of concept » ou, en bon français, preuve de faisabilité. C’est ce qui m’est venu à l’esprit l’an dernier lorsque Samsung, durant le salon MWC de Barcelone, avait présenté son Galaxy S25 Edge, son smartphone ultrafin, avant de le mettre en rayons au début de l’été. C’est vrai que 5,8 mm d’épaisseur seulement, c’est impressionnant lorsque la plupart des modèles concurrents culminent au-delà des 8 mm. Il y avait un petit goût de : « on avait la technologie pour le faire, alors on l’a fait ». D’accord mais si cela impose de faire une croix sur tout ce qui fait l’essence même d’un bon smartphone (capteurs photo performants, autonomie, chauffe maîtrisée), pour un prix astronomique (1249 €), alors non merci. Avec l’iPhone Air (1229 €), Apple s’est aussi plié à l’exercice… avec le même constat.
Un peu plus tard dans l’année, Motorola avait suivi la tendance avec le Edge 70. Un mobile lui aussi très fin (5,9 mm) mais aux ambitions tarifaires moins élevées (799 € lors de sa sortie). Fin de partie pour les mobiles fins ? Pas encore. Si Samsung et Apple semblent avoir été échaudés par l’échec commercial de leur poulain respectif, Motorola récidive et livre en ce début d’année son modèle Signature.
La finesse reste au rendez-vous (6,99 mm) mais les concessions se révèlent bien moins nombreuses. Quant au prix, il y a débat. Annoncé à 999 € lors du CES au début de l’année, le voici qui s’affiche à 1299 € sur le site officiel de Motorola. Ça pique. L’astuce : se diriger vers Boulanger qui n’a visiblement pas reçu le mémo pour la mise à jour tarifaire et le propose au tarif initial qui nous paraît plus juste. Mieux encore, dans la boutique allemande d’Amazon, on le déniche à 962 €. Quant à savoir si c’est un bon smartphone, c’est ce que je vous propose de découvrir dans ce test.
Motorola Signature : la fiche technique
| Caractéristiques | Détails |
|---|---|
| Taille d’écran | 6,8 pouces |
| Type d’écran | Amoled, 1-165 Hz, 6200 nits (HDR), Dolby Vision, HDR10+ |
| Définition | 2780 x 1264 pixels (446 ppp) |
| Processeur | Qualcomm Snapdragon 8 Gen 5 |
| Mémoire vive | 12 Go |
| Stockage disponible | 512 Go |
| Batterie | 5200 mAh, charge 90 W filaire, 50 W sans fil |
| Connectivité | 5G, Wi-Fi 7, Bluetooth 6, USB-C 3.1 Gen2, NFC |
| Capteur photo dorsal | 50 Mpx (f/1,6), 50 Mpx (f/2,2), 50 Mpx (f/2,4) |
| Capteur Selfie | 50 Mpx (f/2,0) |
| Étanchéité | Oui (IP68, IP69) |
| Dimensions | 162,1 x 76,4 x 6,99 mm |
| Poids | 186 g |
| Prix de lancement | 1299 euros |
Design : une touche d’élégance et de finesse dans un monde trop standardisé
Depuis quelques années, Moto m’a habitué à des smartphones très soignés avec ses gammes Edge. Et le nom « Signature » attribué au nouveau venu laisse augurer toujours ce même souci de l’élégance… et c’est bien le cas. J’ai reçu le modèle Martini Olive (oui, oui) mais il se décline en un coloris Carbone plus traditionnel, tous deux certifiés par Pantone. Ce vert olive interpelle et ne passe certainement pas inaperçu à en croire les regards curieux croisés dans le métro parisien. Une couleur atypique sur un smartphone et qui sied plutôt bien au look global de l’appareil. D’autant que le revêtement n’est pas en verre mat ou brillant classique mais dans une matière synthétique à la texture proche du tissu (inspiré du tweed et du lin selon la marque). C’est très doux au toucher et très agréable. Il ne glisse pas des mains et n’accroche pas les traces de doigts non plus.

Au sommet du dos, on retrouve l’ilot photo. Il s’orne de trois capteurs et du flash organisés en carré. Ils reposent sur une plaque d’aluminium au coloris assorti. Classe.

Les tranches affichent leur finesse de 6,99 mm très agréable en main. Je me rends alors compte que la différence avec le S25 Edge (5,8 mm) ou l’iPhone Air (5,6 mm) ne se ressent pas. Les tranches, en alu teinté elles aussi, hébergent à droite les habituelles touches de mise sous tension et de volume et à gauche, un bouton IA sur lequel je reviendrai plus tard.

Je note aussi la présence de deux haut-parleurs (au sommet et à la base) pour déployer un son « by Bose », s’il vous plaît. Hâte de le mettre à l’épreuve.


Enfin, l’élégance ne se paie pas au prix de la fragilité. Ce Moto Signature revendique un indice IP68/IP69 pour résister tant à la poussière qu’à l’immersion dans l’eau et aux jets d’eau sous pression. Quant à l’écran, il est protégé par du verre Gorilla Glass Victus 2 pour limiter les rayures. Au final, il se dégage de ce Moto Signature une sensation d’élégance finement dosée. L’appareil ne tombe pas dans le style bling-bling trop facile et adopté par pas mal de marques chinoises. C’est un mobile que l’on prend plaisir à sortir de la poche (recouvert ou non de sa coque transparente fournie) et à manipuler. Il se montre léger (186 g), confortable et atypique. Ce que j’apprécie beaucoup, c’est la confiance que place Moto dans son appareil. Il va bénéficier des sept ans de mises à jour logicielles et de correctifs de sécurité. La filiale de Lenovo s’aligne ici sur les cadors du domaine, Google et Samsung. Bien joué Moto.
Écran et audio : tout pour l’immersion
Avec son Signature, Motorola va à l’encontre de la tendance actuelle. Pas de dalle complètement plate ici mais un écran incurvé sur les quatre côtés. Même s’il est plus sujet à la casse et aux rayures que les autres, j’apprécie beaucoup ce type d’écran. Il donne une meilleure sensation d’immersion dans l’image. D’autant que la dalle choisie n’est pas du premier prix. Il s’agit d’un écran AMOLED de 6,8 pouces offrant une définition de 1264 x 2780 pixels pour une résolution de 450 ppp. Moto a retenu une dalle LTPO capable de grimper de 1 à 120 Hz et même 165 Hz si nécessaire pour le jeu. Pas mal. Côté luminosité, ça en jette aussi. Moto annonce un pic à 2100 nits en usage extérieur et même 6200 nits dans des conditions extrêmes. Équipé de ma sonde Calibrite, j’ai pu mesuré 2352 nits en pic HDR. Ce qui se révèle déjà très bon.

Côté son, c’est pas mal non plus. Le rendu Dolby Atmos est bien reproduit mais les basses sont clairement en retrait. Néanmoins, la stéréo (absente sur l’iPhone Air au passage) demeure très appréciable et claire avec une qualité largement suffisante pour regarder une série ou des vidéos sur les réseaux sociaux.

Performances : ce qu’il faut sans excès
Motorola a anticipé le coup en choisissant le processeur de son Signature. La firme a misé sur un Snapdragon 8 Gen 5 de Qualcomm. C’est le SoC qui se classe juste en-dessous du 8 Elite Gen 5 qui équipe les smartphones haut de gamme les plus performants actuellement. Déception ? Pas du tout. Ce SoC se montre largement à la hauteur. Le score Antutu avec plus de 3 millions de points en témoigne. Les résultats obtenus dans Geekbench sont loin d’être ridicules également. Dans la réalité, au quotidien, le Signature fait montre d’une très bonne fluidité. Les applis s’enchaînent à grande vitesse, sans le moindre ralentissement.

En jeu, ce Moto s’en sort pas mal aussi. Genshin Impact tourne confortablement à 60 images par seconde avec un bon niveau de détails… mais gare à la chauffe. Le châssis étriqué de l’appareil rend la dissipation de chaleur compliquée (c’est le cas aussi sur de nombreux smartphones qui sont plus épais). Après l’épreuve Stress test de 3DMark, j’ai relevé au dos de l’appareil une température de 47,6°C. Le Signature possède la puissance suffisante pour jouer mais n’est pas fait pour ça. Ou du moins dans des proportions déraisonnables.
Interface : de l’IA bien dosée
Ce Moto Signature est livré avec la version 16 d’Android et une surcouche logicielle maison légère et discrète. Quelques applis tierces sont préinstallées mais leur nombre reste raisonnable. Par ailleurs, comme il s’agit d’un modèle haut de gamme, il se pare plusieurs outils exploitant l’intelligence artificielle. Regroupés sous la bannière Moto AI, ils sont accessibles en pressant longuement le fameux bouton situé sur la tranche gauche de l’appareil.

De là, il est possible de prendre des notes, de créer une esquisse, un avatar style cartoon 3D ou encore de poser n’importe quelle question. La fonction « Debriefe-moi » permet d’obtenir un résumé des diverses notifications de messagerie. Pratique pour savoir en un clin d’œil ce que l’on a raté pendant une réunion ou un voyage en avion par exemple. L’IA est bien là mais pas non plus envahissante. Ouf.
Photo : 50 Mégapixels ou rien
Les smartphones ultrafins jouent généralement petits bras sur le volet photo. L’iPhone Air ne dispose que d’un grand-angle, le Galaxy S25 Edge ajoute un ultra grand-angle… Le Signature, un peu plus épais que ses concurrents, pousse le bouchon plus loin avec une monture plus polyvalente. Et c’est tant mieux. Au programme donc, tois capteurs de 50 Mégapixels. Un grand-angle (f/1,6), un ultra grand-angle (f/2,2) et un téléobjectif optique périscopique 3x (f/2,4). Ce dernier profite d’un coup de pouce de l’IA pour pousser le grossissement à 100x. En façade, Moto a opté pour une caméra selfie de 50 Mégapixel là encore (f/2,0). De quoi a priori produire de bons clichés dans presque toutes les circonstances.

De jour, le grand-angle se montre très plaisant. Il procure des clichés bien détaillés. La colorimétrie demeure fidèle à la réalité et l’exposition reste bien maîtrisée. La netteté est aussi au rendez-vous tant au centre qu’en périphérie de l’image. C’est réussi.


Le téléobjectif optique 3x fournit lui aussi de bons résultats. En 2Xx, les résultats sont impéccables. En 3x, l’exposition prend un petit coup dans l’aile avec des images moins lumineuses. Rien de dramatique cependant.





Le Signature propose un grossissement jusqu’à 10x sans trop de perte de détails et même jusqu’à 100x… avec des résultats parfois étonnants dus au coup de pouce plus ou moins convaincant de l’IA (qui se met en branle dès le zoom 30x). La réalité est parfois réinterprétée pour conduire à l’ajout d’éléments inexistants dans la scène. C’est le cas, sur les clichés de la statue ci-dessous qui se voit greffer des pupilles ou de la végétation imaginaire qui semble avoir été crayonnée au sommet de la tour St Jacques à Paris.




Les portraits présentent un excellent rendu. On sent que Moto a travaillé le sujet avec un traitement d’image aux petits oignons. Les teintes sont naturelles, le détourage très propre et l’effet bokeh appliqué avec une touche de délicatesse bienvenue.
Mode portrait

Quant à l’ultra grand-angle, souvent parent pauvre de la monture photo, il offre ici de bonnes prestations. Avec son champ de vision à 122°, la netteté n’est pas toujours au rendez-vous, notamment sur les bords de l’image, mais les distorsions sont bien maîtrisées.


De nuit, le traitement de l’image se fait un peu plus clinquant. Il a tendance à faire ressortir davantage les couleurs vives. Le résultat se veut moins naturel, même si ça claque. Le Signature rencontre aussi quelques difficultés avec les lumières présentes dans la scène en provoquant l’apparition de halos pas toujours très élégants. Le bruit numérique est cependant plutôt bien géré.



Autonomie et recharge : il en a sous le pied
Pour alimenter ce Signature, Moto a choisi une batterie de 5200 mAh. Je m’attendais à une capacité un peu supérieure puisqu’il s’agit d’un accu silicium-carbone, technologie qui commence à se répandre largement, en particulier sur les smartphones haut de gamme. Tant pis. Ainsi armé, le Signature a tenu 29h32 en lecture vidéo 4K en streaming. Une durée plus que raisonnable qui témoigne du choix judicieux du SoC et d’une bonne gestion de l’énergie. En condition réelles, en multipliant les recours au GPS, à l’appareil photo, à l’écran bien lumineux en extérieur et au streaming audio et vidéo, il peut tenir aisément deux jours.

Mais surtout, Moto n’a pas oublié un point important : la recharge. Le Signature est compatible avec la charge 90 W en filaire et 50 W sans fil. Je n’ai pas pu mettre la main sur un chargeur maison et j’ai confié l’opération à mon fidèle chargeur Anker 100 W. Résultat, j’ai pu récupérer 34 % de batterie en 15 mn et 67 % en 30 mn. Au final, il ne m’a fallu que 52 minutes pour refaire le plein à 100 %. Samsung et Google peuvent en prendre de la graine !
Conclusion
Points forts
- Excellente autonomie
- Design très soigné
- Écran lumineux
- Bon suivi logiciel
Points faibles
- Photos en basse lumière perfectibles
- Pas de chargeur 90 W proposé
- De l’IA avec un peu trop d’imagination en photo
- Un prix officiel trop élevé
Note de la rédaction
Avec son Signature, Motorola se présente comme un challenger solide pour qui recherche un smartphone fin et élégant. Le volet photo se révèle très équilibré même si l’on aurait apprécié un traitement logiciel un peu moins agressif pour les clichés en basse lumière. Les performances sont au rendez-vous et ne déçoivent pas pour un smartphone de cette catégorie. Surtout, l’autonomie délivrée par sa batterie Silicium carbone lui permet de se hisser dans ce domaine parmi les meilleurs smartphones du moment. Le Galaxy S25 Edge de Samsung ou l’iPhone Air d’Apple se révèlent bien en retrait de ses capacités techniques. Ce Moto Signature montre la marche à suivre : concéder quelques dixièmes de millimètres d’épaisseur reste préférable à une qualité globale très moyenne. Reste toutefois à éclaircir la grille tarifaire. À moins de 1000 euros, le Signature est une bonne affaire. À près de 1300 euros comme cela semble être le tarif officiel, c’est autre chose tant la concurrence est rude. Honor avec le Magic8 Pro, Samsung avec ses Galaxy S25 (et bientôt les S26) ou encore Oppo avec son Find X9 Pro… tous sont bien mieux armés que le Signature pour justifier leur prix… la finesse en moins, évidemment.

